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Liban

Les séquelles politiques du clash Hezb-Ahbache s’aggravent

Cheikhs Nasrallah et Karakira ont tenu hier une réunion de coordination en présence de responsables de leurs partis respectifs.

Au plan politique, les séquelles des affrontements de Bourj Abi Haïdar sont loin d'être terminées comme en témoigne la poursuite de la polémique autour de la démilitarisation de Beyrouth et du rôle de l'armée lors des incidents « fratricides ».
Au plan pratique et pour éviter une répétition des incidents de Bourj Abi Haïdar, les commandements des Ahbache et du Hezbollah multiplient les réunions de coordination. Le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, a reçu hier le chef des Ahbache, cheikh Houssam Karakira, accompagné de cheikh Oussama Sayyed. Au terme de l'entretien qui s'est déroulé en présence de cheikh Abdel Majid Ammar et de M. Wafic Safa, les deux parties ont publié un communiqué commun dans lequel ils ont mis l'accent sur la nécessité de « prendre toutes les mesures qui s'imposent pour éviter une récidive ». Ils ont aussi insisté sur le caractère « isolé des affrontements », affirmant de nouveau qu'ils n'ont « aucune motivation politique ou communautaire ». Les Ahbache et le Hezbollah ont également mis en relief le rôle de l'armée dans le maintien de la sécurité, soulignant qu'ils « rejettent toute atteinte qui lui est portée », et ont promis de faciliter l'enquête que celle-ci mène pour déterminer les responsabilités.
Parallèlement, une délégation de Dar el-Fatwa, représentant le mufti, cheikh Mohammad Rachid Kabbani, s'est rendue auprès du vice-président des Ahbache pour lui présenter ses condoléances pour la mort d'Ahmad Omeyrate durant les incidents sanglants de mardi soir et pour insister sur l'unité des rangs.

 Jouzou : Beyrouth est sous l'emprise des criminels
Par ailleurs, la guerre verbale a repris de plus belle. Ainsi, l'ancien ministre Mohammad Chatah, également conseiller du Premier ministre, Saad Hariri, a indiqué dans une interview au site d'informations Nowlebanon.com la gravité des affrontements de Bourj Abi Haïdar, soulignant qu'ils auraient pu être « le détonateur d'une guerre communautaire qui aurait embrasé le pays ». Soulignant l'impact négatif de ce genre d'incidents sur les investissements, il a mis en garde contre la gravité de la période que le Liban traverse actuellement et jugé nécessaire de régler le problème de la prolifération des armes.
Un point que le député Mohammad Kabbara a également repris dans une déclaration, en insistant à quel point « la prolifération illégitime des armes dans les rues menace la stabilité et la sécurité nationales ». Il a affirmé que ce problème se pose également avec acuité à Tripoli. Selon lui, c'est cette ville aussi et non pas Beyrouth seulement qui doit être démilitarisée. « Ils (le parti de Dieu) ont essayé sans succès de nous intimider à plusieurs reprises. Nous répétons aujourd'hui que ces procédés ne nous font pas peur. Ils doivent y renoncer et cesser de jouer avec le feu qui risque de brûler tout le monde, et en premier ceux qui s'engagent dans des aventures au détriment du pays et de son avenir », a-t-il dit,
Mais selon le député Ammar Houri, qui plaide aussi pour la démilitarisation de Beyrouth, cet objectif ne peut pas être atteint sans l'aide du Hezbollah. « Il est temps que celui-ci réalise que ce que nous disons est dans son intérêt. Il est sorti de Bourj Abi Haïdar avec beaucoup de pertes », a-t-il fait valoir, alors que son collègue, Hagop Pakradounian, a jugé que « tout projet de retrait des armes doit être le fruit d'une décision politique pour ne pas aggraver les problèmes qui se posent ».
Plus virulent, le mufti du Mont-Liban, cheikh Mohammad Ali Jouzou, s'est déchaîné contre le Hezbollah à cause de « l'effusion de sang de musulmans, les agressions contre leurs biens et l'incendie de mosquées ». « Les incidents de Bourj Abi Haïdar font partie d'un crime plus grand qui a commencé le 7 mai (2008) et qui a mis Beyrouth sous l'emprise de bandes de malfaiteurs », a-t-il fulminé, avant de s'interroger sur le point de savoir « si Beyrouth est une ville occupée pour que le Hezbollah la divise en quartiers à la tête desquels il nomme des responsables de sécurité ».

Les critiques contre l'armée
Dans les rangs du 8 Mars, les contre-attaques étaient axées sur deux points : le caractère « douteux » de l'appel à une démilitarisation de la capitale et le rôle de l'armée, à qui des représentants de la majorité avaient reproché de ne pas être intervenue à Bourj Abi Haïdar. Ces deux points ont été au centre du discours que le coordonnateur général du Front de l'action islamique, cheikh Zouheir Jaid, a tenu lors de l'iftar annuel commun avec le Hezbollah.
Membre du bloc d'Amal, le député Hani Kobeyssi s'est arrêté seulement sur les critiques contre l'armée qu'il a vivement dénoncées, pendant que son collègue Ali Mokdad estimait que « les déclarations consécutives aux incidents de Bourj Abi Haïdar n'ont rien d'innocent » et s'est dit étonné par les critiques contre l'armée et l'appel à la démilitarisation de Beyrouth. De l'avis du secrétaire général du Baas, Fayez Chakar, l'objectif de cet appel « n'est pas de préserver les intérêts des Beyrouthins, mais de servir ceux de forces internationales dont le souci principal est d'atteindre les armes de la Résistance ».
Le ministre de la Santé, Mohammad Khalifé, a relevé de son côté que « plusieurs parties lésées par la paix civile tentent d'exploiter les incidents de Bourj Abi Haïdar », et s'est dit étonné aussi par « la campagne contre l'armée et les armes de la Résistance ». « Certains ont essayé, à travers ce conflit (armé), de porter atteinte à l'unité du peuple, à la Résistance et à l'armée », a-t-il commenté.
Au plan politique, les séquelles des affrontements de Bourj Abi Haïdar sont loin d'être terminées comme en témoigne la poursuite de la polémique autour de la démilitarisation de Beyrouth et du rôle de l'armée lors des incidents « fratricides ».Au plan pratique et pour éviter une répétition des incidents de Bourj Abi Haïdar, les commandements des Ahbache et du Hezbollah multiplient les réunions de coordination. Le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, a reçu hier le chef des Ahbache, cheikh Houssam Karakira, accompagné de cheikh Oussama Sayyed. Au terme de l'entretien qui s'est déroulé en présence de cheikh Abdel Majid Ammar et de M. Wafic Safa, les...
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