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Moyen Orient et Monde - Russie

Greenpeace et Amnesty interdits de manifester au concert de U2

Le premier concert du groupe irlandais U2 à Moscou a été terni par l'interpellation de militants d'Amnesty International et l'évacuation de tentes de Greenpeace, une pratique courante en Russie où les manifestations non autorisées sont dispersées sans ménagement. L'incident est survenu mercredi soir au stade Loujniki, où près de 80 000 personnes sont venues écouter les célèbres musiciens emmenés par Bono, reçu la veille par le président russe Dmitri Medvedev.
« Les tentes d'Amnesty International, Greenpeace et de The ONE Campaign (spécialisée dans la lutte contre le sida) ont été évacuées par la police qui n'a pas autorisé (à ces ONG) de collecter les signatures et parler aux gens », a raconté hier à l'AFP Ivan Blokov, militant de Greenpeace. « Cinq des 21 militants d'Amnesty ont été emmenés au commissariat. Leur présence au stade était pourtant prévue dans le cahier des charges du groupe, dont le leader Bono est un militant actif d'Amnesty », a pour sa part déclaré à l'AFP Sergueï Nikitine, responsable de l'ONG en Russie. Les militants d'Amnesty faisaient notamment signer une pétition pour réclamer une enquête objective sur les assassinats de la journaliste Anna Politkovskaïa et de la militante de l'ONG Memorial en Tchétchénie Natalia Estemirova. Greenpeace demandait pour sa part le rétablissement de la garde forestière en Russie, frappée cette année par de gigantesques feux de forêts qui ont tué plus de 50 personnes. « Il est regrettable qu'en Russie, État qui se présente comme un pays civilisé, la collecte de signatures inquiète les forces de l'ordre. On a l'impression que toute activité citoyenne leur fait peur », a réagi M. Nikitine.
Selon la police, les militants ont été invités au commissariat « pour une conversation prophylactique » après leurs actions qui « avaient des indices incontestables d'un rassemblement non autorisé ». « On leur a expliqué que les concerts et les actions politiques étaient deux choses différentes », a indiqué un responsable de la police de Moscou, cité par l'agence Interfax, affirmant que « personne n'avait été interpellé ».
Après avoir pris un thé mardi avec le président russe, Bono a chanté mercredi Knocking on Heaven's Door de Bob Dylan avec Iouri Chevtchouk, leader du groupe culte russe DDT connu pour ses prises de position contre le pouvoir en Russie. Le musicien russe et plusieurs autres artistes, écologistes et défenseurs des droits de l'homme avaient écrit à Bono pour qu'il « attire l'attention » du président Medvedev sur les atteintes aux libertés en Russie. Les sujets sensibles n'ont apparemment pas été discutés pendant la rencontre entre les deux hommes à Sotchi, dans la résidence du président russe sur les bords de la mer Noire. « Bono a demandé pardon parce qu'il avait reçu notre lettre trop tard », a déclaré sur la radio Echo de Moscou Evguenia Tchirikova, militante d'un mouvement pour défendre la forêt de Khimki près de Moscou, présente mercredi soir à une rencontre entre certains des signataires et Bono. Mme Tchirikova a regretté l'incident de la veille. « La police a une nouvelle fois fait preuve d'une agression inutile. Cela déshonore notre police », a-t-elle ajouté.
Les manifestations non autorisées sont généralement violemment dispersées en Russie. Le défenseur des droits de l'homme Lev Ponomarev a été condamné mercredi à trois jours de prison pour avoir « désobéi aux policiers » pendant l'un de ces rassemblements.
Le premier concert du groupe irlandais U2 à Moscou a été terni par l'interpellation de militants d'Amnesty International et l'évacuation de tentes de Greenpeace, une pratique courante en Russie où les manifestations non autorisées sont dispersées sans ménagement. L'incident est survenu mercredi soir au stade Loujniki, où près de 80 000 personnes sont venues écouter les célèbres musiciens emmenés par Bono, reçu la veille par le président russe Dmitri Medvedev.« Les tentes d'Amnesty International, Greenpeace et de The ONE Campaign (spécialisée dans la lutte contre le sida) ont été évacuées par la police qui n'a pas autorisé (à ces ONG) de collecter les...
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