Kim Jong-il saluant la foule à son départ de Pékin, lors de sa visite en Chine en mai dernier. Photo AFP/archives
Pékin est resté silencieux hier sur cette visite. La Chine et la Corée du Nord ont pour habitude de ne confirmer les déplacements du dirigeant nord-coréen qu'une fois qu'il a quitté le sol chinois. En mai, le président Kim avait effectué un voyage de cinq jours en Chine au cours duquel il avait rencontré son homologue Hu Jintao. Cette nouvelle visite intervient alors que les spéculations s'accélèrent sur la succession de Kim Jong-il et que Pékin tente de ramener Pyongyang à la table des négociations sur le programme nucléaire nord-coréen. Âgé de 68 ans, Kim Jong-il a été victime d'une attaque cérébrale en août 2008. Au pouvoir depuis 1994, il n'a jamais désigné officiellement de successeur, mais sa préférence irait, selon nombre d'analystes, à son troisième fils, Jong-un. Selon eux, Kim Jong-un pourrait être désigné comme successeur à l'occasion d'une réunion des délégués du Parti communiste en septembre, la troisième de ce type depuis la création de l'État communiste en 1948.
Selon des analystes, Kim Jong-il pourrait être en Chine pour obtenir non seulement la bénédiction des dirigeants chinois sur le nom de son successeur, mais également pour s'assurer une aide économique vitale pour le pays. « Il se peut que Kim ait décidé d'aborder la question de sa succession directement avec les dirigeants chinois, alors que le problème de la dénucléarisation de la Corée du Nord se pose encore », a estimé Yang Moo-jin, spécialiste de la Corée du Nord à l'Université de Séoul. La question de la succession du leader nord-coréen fait l'objet d'une attention d'autant plus soutenue que le pays a suspendu depuis 2009 les pourparlers sur son programme nucléaire. Ces discussions entre six pays, hébergées par Pékin, allié de Pyongyang, achoppaient sur les modalités de vérification du démantèlement du programme nucléaire nord-coréen. Un émissaire chinois, Wu Dawei, était hier à Séoul après une visite à Pyongyang dans le cadre des efforts de Pékin visant à convaincre le Nord de reprendre les négociations à six. La tension est grande dans la péninsule coréenne depuis le torpillage d'un navire de guerre sud-coréen attribué à la Corée du Nord. Selon un diplomate sud-coréen cité par Yonhap, M. Wu a assuré que le Nord était prêt à des discussions préliminaires.
Le départ du dirigeant nord-coréen coïncide par ailleurs avec la visite de l'ancien président américain Jimmy Carter, arrivé mercredi à Pyongyang pour tenter d'obtenir la libération d'un Américain purgeant une peine de huit ans de prison en Corée du Nord. Selon l'agence officielle nord-coréenne KCNA, M. Carter, âgé de 86 ans, a eu un entretien « cordial » mercredi avec le n° 2 nord-coréen, Kim Yong-nam.


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