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Culture - Musique

Une petite forêt rassemble le mouvement rock anti-Poutine

Légendes du rock anti-soviétique et jeunes rappeurs russes se sont donné rendez-vous dimanche lors d'un concert gratuit au centre de Moscou pour défendre une forêt menacée, mais derrière, c'est tout le système de pouvoir instauré sous Vladimir Poutine qui est visé.

Au nord de Moscou, le bois de Khimki doit laisser place à une autoroute.

Les défenseurs du bois de Khimki, qui doit laisser place à une autoroute au nord de la capitale russe, et se heurtent depuis des mois à l'instransigeance des autorités russes, ont reçu le soutien de certains grands noms de la scène musicale. Ceux-là pourraient bien réussir à mobiliser davantage que l'opposition traditionnelle qui échoue depuis des années à attirer la foule.
Car les manifestations critiquant de près ou de loin les autorités se soldent généralement par des dizaines d'interpellations musclées.
"Pour la première fois depuis 20 ans, nos musiciens célèbres unissent leurs forces" pour une cause politique, alors qu'il y a "une certaine dose de risque", souligne le critique musical, Artem Troïtski. Le concert, auquel convie aussi le mouvement d'opposition Solidarnost, est prévu dimanche à 17h00 (13h00 GMT) place Pouchkine.
Les groupes de rock de l'URSS avaient contribué à la mobilisation contre le régime soviétique dans les années 1980. Mais rares sont les musiciens connus à avoir affiché des positions politiques ces dernières années.
La tête d'affiche du spectacle est un vétéran de ce rock engagé de l'ex-Leningrad (actuelle Saint-Pétersbourg). Le groupe culte DDT, avec son leader Iouri Chevtchouk, poète révolté, est resté de tous les combats, dénonçant la guerre jusque dans les tranchées en Tchétchénie, ou l'emprise croissante du FSB (ex-KGB), dont est issu l'actuel Premier ministre.
Son dernier fait d'armes remonte au mois de mai, lorsqu'il prit à partie un Vladimir Poutine interloqué et grimaçant. Tout y passe : l'étouffement de la presse ("il nous reste un journal et demi et une demie-télé"), la répression de l'opposition et la police qui "se remplit les poches".
Pour lui, le concert de dimanche dépasse le mot d'ordre écologiste: "la forêt de Khimki symbolise la lutte des simples citoyens contre la bureaucratie", a-t-il lancé dans un clip internet.
"C'est un exemple de la Russie qu'on tue, qu'on abat", renchérit Mikhaïl Boryzkine, leader de Televizor, autre formation rock déjà engagée dans les années 1980.
Ces anciens doivent être rejoints dimanche par la jeune génération hip-hop, comme Dino MC 47, auteur de "On nous dit", qui s'attaque à la propagande du Kremlin (http://www.dinomc47.ru/nam-govoryat/) :
"Où est la liberté de la presse / Où sont les journalistes / Où est le point de vue non officiel? À les croire, partout il y a des terroristes / Ces questions engendrent le désespoir".
Autre représentant de la mouvance rap, Noize MC vient de passer dix jours en prison pour avoir invectivé la police dans un concert à Volgograd, l'ex-Stalingrad. À sa sortie de cellule, il a récidivé :
"Ils auraient dû me fusiller, à quoi bon faire dans le détail (...) Au revoir, Stalingrad, maintenant je connais la capitale de notre État policier".
Le concert de dimanche était déjà vendredi le deuxième thème le plus discuté dans les blogs hébergés par www.yandex.ru, alors que la télévision n'en a jamais parlé.
La mairie de Moscou semble s'inquiéter de l'ampleur qu'est en train de prendre l'évènement et affirme avoir autorisé un rassemblement mais pas un concert "illégal et amoral". La police russe a prévenu qu'elle prendrait "toutes les mesures" nécessaires.
"Lorsque nous voulons crier fort et longtemps/Tous nos proches nous prient de nous taire", chantait Chevtchouk en 1988.
Les défenseurs du bois de Khimki, qui doit laisser place à une autoroute au nord de la capitale russe, et se heurtent depuis des mois à l'instransigeance des autorités russes, ont reçu le soutien de certains grands noms de la scène musicale. Ceux-là pourraient bien réussir à mobiliser davantage que l'opposition traditionnelle qui échoue depuis des années à attirer la foule.Car les manifestations critiquant de près ou de loin les autorités se soldent généralement par des dizaines d'interpellations musclées."Pour la première fois depuis 20 ans, nos musiciens célèbres unissent leurs forces" pour une cause politique, alors qu'il y a "une certaine dose de risque", souligne le critique musical,...
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