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Moyen Orient et Monde - Procès

La Thaïlande décide d’extrader Viktor Bout vers les États-Unis

Le marchand d'armes russe risque la prison à vie s'il est reconnu coupable de terrorisme.

Viktor Bout, un ancien officier de l’armée de l’air soviétique, est détenu depuis mars 2008 à Bangkok. Sukree Sukplang/Reuters

Une cour d'appel thaïlandaise a accepté, après plus de deux ans de procédure, la requête des États-Unis d'extrader pour terrorisme le trafiquant d'armes russe présumé Viktor Bout, surnommé le « marchand de mort ». La demande d'extradition américaine avait été rejetée par un tribunal en première instance l'an passé. En appel, « la cour a décidé de le maintenir en détention pour qu'il soit extradé aux États-Unis », a déclaré hier le juge Jitakorn Patanasiri, ajoutant que la procédure devait prendre moins de trois mois. « Le dossier n'est pas politique, il est criminel », a ajouté le magistrat.
Viktor Bout, moustache soignée et vêtu du pyjama rouge des détenus, a semblé contrarié par la décision mais a refusé de parler aux journalistes alors qu'il quittait la salle d'audience, poignets et chevilles entravés. Cet ancien officier de l'armée de l'air soviétique, qui aurait inspiré le personnage incarné par Nicolas Cage dans le film Lord of war, est détenu depuis mars 2008 à Bangkok.
Washington a salué hier cette extradition. « Nous sommes extrêmement satisfaits de voir que la cour d'appel en Thaïlande a autorisé l'extradition de Viktor Bout vers les États-Unis », a déclaré Gary Grindler, un haut responsable du ministère américain de la Justice. « Le procès de Viktor Bout constitue une priorité absolue pour les États-Unis, mais les accusations contre lui ne concernent pas seulement les États-Unis », a-t-il ajouté.
La Russie a aussitôt réagi, jugeant « illégitime » la décision de la justice thaïlandaise. « Nous regrettons ce qui est à mon avis une décision politique », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, cité par les agences russes. « Selon les informations dont nous disposons, cette décision a été prise sous une forte pression de l'étranger », a ajouté M. Lavrov dans une accusation voilée visant les États-Unis. « Nous continuons de faire tout le nécessaire pour qu'il rentre au pays », a souligné le ministre russe. Plus tard, le ministère russe des Affaires étrangères a annoncé avoir convoqué l'ambassadeur de Thaïlande, Chalermpol Thanchitt.
Parlant six langues, connu sous au moins sept noms différents, Bout risque la prison à vie aux États-Unis s'il est reconnu coupable de terrorisme, notamment pour complot visant à fournir des armes à une organisation terroriste, complot visant à tuer des officiers américains et complot pour acquérir des missiles antiaériens. La justice américaine l'accuse d'avoir utilisé une flotte d'avions cargos pour transporter armes et équipements en Afrique, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient, affirmant qu'il a ainsi alimenté des conflits en Afghanistan, Angola, République démocratique du Congo, ainsi qu'au Rwanda et au Soudan. Les États-Unis l'ont aussi lié à l'ex-président du Liberia Charles Taylor, actuellement jugé à La Haye pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité pour son rôle dans la guerre civile en Sierra Leone entre 1991 et 2001.
Bout, détenu sous haute sécurité dans la banlieue de Bangkok, nie ces accusations. En février, la justice américaine avait indiqué qu'elle réclamerait aussi son extradition pour blanchiment et fraude. Viktor Bout avait été arrêté à Bangkok après avoir rencontré des agents américains qui s'étaient fait passer pour des responsables de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), cherchant à acheter des armes.
Une cour d'appel thaïlandaise a accepté, après plus de deux ans de procédure, la requête des États-Unis d'extrader pour terrorisme le trafiquant d'armes russe présumé Viktor Bout, surnommé le « marchand de mort ». La demande d'extradition américaine avait été rejetée par un tribunal en première instance l'an passé. En appel, « la cour a décidé de le maintenir en détention pour qu'il soit extradé aux États-Unis », a déclaré hier le juge Jitakorn Patanasiri, ajoutant que la procédure devait prendre moins de trois mois. « Le dossier n'est pas politique, il est criminel », a ajouté le magistrat.Viktor Bout,...
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