L’Iran a procédé au tir d’essai du missile sol-sol Qiam, a annoncé hier le ministre de la Défense Ahmad Vahidi. L’Iran dispose actuellement de dizaines de missiles de moyenne portée (2 000 km) et travaille activement à développer sa capacité balistique. Vahid Reza Alaei/AFP
Sur un autre plan, Mahmoud Ahmadinejad a affirmé dans une interview publiée hier au Japon que l'Iran est prêt à reprendre sans conditions les pourparlers avec les grandes puissances sur un projet d'échange de combustible. Téhéran reprendrait volontiers fin août ou début septembre ces entretiens avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne, a déclaré le dirigeant iranien au journal Yomiuri Shimbun. Mercredi, l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l'Iran, affirmait toutefois que la République islamique ne mènerait pas de pourparlers avec les États-Unis sur son programme nucléaire si les sanctions et les menaces militaires pesant sur elle n'étaient pas levées.
« Nous promettons de cesser d'enrichir de l'uranium à 20 % si nous avons la garantie d'une fourniture de combustible », a affirmé M. Ahmadinejad dans son interview publiée en japonais. Mais selon le Yomiuri, le président iranien a rejeté les appels qui sont lancés à Téhéran pour qu'il cesse tout enrichissement d'uranium, y compris sa production d'uranium faiblement enrichi. En ce qui concerne les sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU, il affirme qu'elles n'affecteront pas l'économie iranienne et que « l'échec de la résolution (de l'ONU) deviendra évident dans les six à sept mois ».
Parallèlement, le chef du programme nucléaire iranien Ali Akbar Salehi a affirmé hier que son pays poursuivrait ses activités controversées d'enrichissement d'uranium de façon à pouvoir alimenter la centrale nucléaire de Bouchehr, dont le lancement est prévu aujourd'hui. Selon lui, le contrat avec la Russie ne stipule pas que Téhéran doit toujours acheter du combustible à Moscou.
De son côté, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a déclaré hier que la centrale nucléaire construite par les Russes en Iran sera utilisée uniquement à des fins civiles et cela est « garanti à 100 % ». Selon lui, le fait que la Russie ait délivré le combustible pour la centrale (...) montre que toutes les règles de non-prolifération sont appliquées à la centrale.
D'autre part, les États-Unis ont persuadé Israël qu'il faudrait un an ou plus à l'Iran pour construire une arme nucléaire, atténuant l'éventualité d'une frappe préventive contre les installations nucléaires iraniennes, a rapporté le New York Times, citant des responsables. « Nous pensons qu'ils en ont environ pour un an » au mieux, a estimé le principal conseiller du président Barack Obama sur les questions nucléaires, Gary Samore, cité par le quotidien. M. Samore a indiqué que les États-Unis pensent que les inspecteurs internationaux détecteraient en quelques semaines toute action iranienne en ce sens, laissant largement assez de temps aux États-Unis et à Israël pour élaborer une réaction.
Dans ce contexte tendu, le ministre de la Défense Ahmad Vahidi a annoncé hier que l'Iran a procédé au tir d'essai du missile sol-sol Qiam, sans préciser la date du lancement. La télévision d'État a montré des images du tir à partir d'un terrain désert du missile Qiam avec l'inscription « Ya Mahdi », en allusion au 12e imam disparu selon la tradition chiite. Aucune précision n'a été donnée sur la portée du missile.
Enfin, la Corée du Sud tiendra bientôt des pourparlers séparés avec les États-Unis et l'Iran, que Séoul s'efforce de ménager tous deux sur fond de sanctions visant le programme nucléaire de Téhéran, a indiqué hier une source gouvernementale sud-coréenne.


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