Le corps de l’émir de Fateh el-Islam porté par ses camarades à Aïn el-Héloué. Ali Hashisho/Reuters
Les cérémonies ont rassemblé des centaines de membres de Jund el-Cham, de Fateh el-Islam et de Isbat al-Ansar. Enveloppé d'un drapeau islamique, le visage découvert, le corps de Abdel Rahman Awad a été transporté en début d'après-midi depuis la mosquée al-Nour, fréquentée par les groupes islamistes du camp, vers le cimetière de Aïn el-Héloué.
« Il n'y a de dieu que Dieu », « Paradis, ouvre tes portes, le martyr vient te visiter », scandaient les centaines de personnes qui participaient au cortège. « Il croyait en une cause, l'islam, qui était différente de la nôtre », a indiqué son frère Hussein Awad, membre de l'OLP.
« Il est tombé en martyr pour cette cause, mais il n'a pas été impliqué dans des crimes », a souligné Awad, qui est l'un de ses six frères. Le chef du groupuscule était père de trois garçons et deux filles.
Abdel Rahman Awad était l'une des personnes les plus recherchées au Liban, pour avoir, entre autres, « incité » à l'exécution en août et en septembre 2008 de deux attentats ayant visé des soldats à Tripoli, faisant 21 morts, dont 13 soldats.
Le Fateh el-Islam avait confirmé mercredi la mort de son chef et de son bras droit dans un communiqué diffusé par le centre de surveillance des sites Internet islamistes SITE, précisant qu'ils se rendaient en Irak pour y rejoindre « l'État islamique d'Irak », une alliance de la guérilla sunnite irakienne chapeautée par la branche locale d'el-Qaëda.
Awad a succédé à Chaker el-Absi à la tête de Fateh el-Islam, selon les « aveux » de membres de ce groupe diffusés en 2008 par la télévision publique syrienne. Absi avait mené les combats contre l'armée à Nahr el-Bared, en 2007, pendant plus de trois mois, des affrontements qui avaient fait plus de 400 morts, dont 222 islamistes et 168 soldats. Il est actuellement en fuite.

