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Liban

Droits des Palestiniens : Robert Ghanem rejoint la position des Kataëb

La délégation du FDLP hier en compagnie du patriarche maronite à Dimane. Photo Tony Frangié

La polémique se poursuit autour de l'octroi de certains droits, mardi au Parlement, aux réfugiés palestiniens. Après le chef du parti Kataëb, Amine Gemayel, c'était hier au tour du président de la commission parlementaire de l'Administration et de la Justice, le député Robert Ghanem, de monter au créneau pour critiquer certains points de l'amendement à la loi du travail accordant aux réfugiés palestiniens le droit d'exercer certains métiers - en l'occurrence les métiers autorisés aux étrangers, mais pas les professions libérales.
Dans un entretien accordé à l'agence al-Markaziya, M. Ghanem a estimé qu'il se demandait « si les députés étaient bien au courant de ce qu'ils ont approuvé » à la Chambre, dans la mesure où « tout s'est passé très rapidement ». Rejoignant les critiques formulées mercredi par le président Gemayel dans sa conférence de presse, Robert Ghanem a estimé qu'il aurait fallu créer « une caisse spéciale au sein de la CNSS et non pas un compte spécial » pour les indemnités de fin de service. « La CNSS fait face à des difficultés au niveau de sa gestion, c'est pourquoi il est nécessaire de créer une caisse spéciale pour les Palestiniens sous le contrôle de l'Unrwa et du gouvernement libanais », a-t-il indiqué.
M. Ghanem a par ailleurs jugé que le projet voté à la Chambre n'avait cependant pas donné assez aux Palestiniens sur le plan de la salubrité des camps, notamment en ce qui concerne l'infrastructure vitale pour y vivre. Il a ainsi estimé que tant que cette question n'est pas réglée, les camps resteront des bombes à retardement. « L'Unrwa, les pays donateurs et le gouvernement libanais doivent prendre des mesures immédiates pour construire des habitations dans les camps où les réfugiés pourront vivre dignement jusqu'à leur retour dans leur pays », a-t-il ajouté. Il a toutefois critiqué « la surenchère » de certains après la séance, estimant qu'accorder plus aux réfugiés palestiniens, comme le droit à la propriété, c'est « aller dans le sens de l'implantation ».
De son côté, le ministre des Affaires sociales, Sélim el-Sayegh, a repris hier la logique développée mercredi par le président Gemayel concernant la gravité de la création d'un compte spécial au lieu d'une caisse spéciale pour les indemnités de fin de service. « Si une société fait faillite, c'est la CNSS qui devra payer les indemnités de fin de service aux employés palestiniens, ce qui pourrait lui créer beaucoup de soucis financiers. C'est pourquoi nous nous étions entendus sur la création d'une caisse spéciale indépendante de la CNSS. De grandes pressions ont été effectuées, et nous avions proposé de retarder d'une semaine le débat, en nous basant sur le fait que le président de la Chambre Nabih Berry souhaitait que tout soit adopté à l'unanimité », a indiqué M. Sayegh.
« Nous avons également insisté sur la nécessité de revêtir du caractère de double urgence la loi sur les droits des Libanais propriétaires dans les camps ou à proximité de ces derniers (...). Le Premier ministre a assumé cette responsabilité et a posé le problème mercredi en Conseil des ministres. Une commission comprenant les ministres Ziyad Baroud, Raya el-Hassan et moi-même a été formée pour élaborer un projet de loi concernant les droits de ces propriétaires libanais », a-t-il ajouté.
Le Bloc national a lui aussi déploré, dans son communiqué, que la Chambre n'ait pas adopté l'idée de la caisse indépendante au lieu du compte. Le BN a souhaité que le vote de mardi « ne constitue pas la première étape d'un agenda objectif élaboré par l'extérieur et que l'État libanais se chargerait d'appliquer ». Aussi a-t-il appelé « l'État à œuvrer en coordination avec l'Autorité palestinienne et l'ONU, notamment les membres permanents du Conseil de sécurité, pour faire pression sur Israël et assurer une solution équitable à la question palestinienne qui empêcherait leur implantation au Liban ».
Il convient de signaler que, côté palestinien, une délégation du FDLP s'est rendue chez le patriarche maronite à Dimane où elle a exprimé son mécontentement face à la loi adoptée mardi, estimant que celle-ci ignore le droit d'exercer les professions libérales et le droit à la propriété. Position partagée par le Mouvement de l'unification islamique, qui a plaidé en faveur de l'octroi de ce dernier droit aux Palestiniens.

Sleiman et le RD se félicitent
Le président de la République, Michel Sleiman, qui a reçu hier le président de la Chambre, Nabih Berry, à sa résidence d'été de Beiteddine, a salué l'adoption de l'amendement qui permet désormais aux réfugiés d'exercer certains métiers, ainsi que la loi sur le pétrole.
Sur un autre plan, signalons que le ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud, a signé hier un protocole avec LibanPost pour permettre aux réfugiés de régler leurs formalités à travers cette institution sans qu'ils ne soient obligés de se rendre à la direction des affaires des réfugiés à Beyrouth.
La polémique se poursuit autour de l'octroi de certains droits, mardi au Parlement, aux réfugiés palestiniens. Après le chef du parti Kataëb, Amine Gemayel, c'était hier au tour du président de la commission parlementaire de l'Administration et de la Justice, le député Robert Ghanem, de monter au créneau pour critiquer certains points de l'amendement à la loi du travail accordant aux réfugiés palestiniens le droit d'exercer certains métiers - en l'occurrence les métiers autorisés aux étrangers, mais pas les professions libérales. Dans un entretien accordé à l'agence al-Markaziya, M. Ghanem a estimé qu'il se demandait « si les députés étaient bien au courant de ce...
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