Dans le nord-ouest du pays, les vents violents et les orages ont abattu des arbres et privé d’électricité près de 100 000 personnes.Photo AFP
« C'est de la censure. Les autorités devraient informer la population, les pompiers, les volontaires sur le danger radioactif éventuel et les mesures à prendre pour se protéger », a estimé Vladimir Sliviak, coprésident du groupe écologique Éco-défense, interrogé par l'AFP. « Avec l'Internet, tout le monde a pu voir sur des photos satellites qu'il y avait des incendies dans la région de Briansk », a-t-il ajouté.
Vladimir Tchouprov, directeur du programme énergétique de Greenpeace Russia, a ajouté que « Greenpeace avait observé le 15 août trois nouveaux incendies dans la région de Briansk grâce à des photos satellites ». « L'État répète les mêmes erreurs qu'il y a 25 ans, quand on cachait ou minimisait les conséquences de Tchernobyl », a déclaré à l'AFP M. Tchouprov.
À Tchéliabinsk (Oural - 2 000 km à l'est de Moscou), c'est avec trois jours de retard que la population a appris début août que les autorités avaient décrété l'état d'urgence autour du centre nucléaire de Maïak menacé par les incendies. De quoi alimenter l'inquiétude quant au sort de ce gigantesque complexe (où s'est produit une catastrophe nucléaire en 1957) capable de retraiter 400 tonnes de combustible nucléaire usagé par an et qui stocke des quantités de déchets nucléaires.
Fin juillet, ce sont des médias russes qui ont révélé que le feu avait détruit une base de l'aéronavale dans la région de Moscou, un fait que les autorités militaires ont fini par reconnaître après l'avoir dissimulé. Pour le bilan des morts de la canicule, les autorités ont tenté par divers moyens de minimiser le nombre de morts, qui se chiffre par milliers à Moscou, selon plusieurs sources. Le quotidien populaire Tvoï Den a affirmé que le département de la santé de Moscou avait interdit aux médecins de diagnostiquer les « coups de chaleur » afin de faire baisser « les statistiques des décès liées à la canicule », une information confirmée par plusieurs médecins dans la capitale. « Il n'y a pas eu de telles consignes, c'est du délire », s'est défendue une responsable du département de la santé de la capitale, interrogée par l'AFP.
Sur le terrain, les incendies de forêt continuaient de faire rage lundi sur environ 45 000 hectares. Des tourbières continuaient également de se consumer dans la région de Moscou, la capitale russe, dont les rues ont encore été envahies par la fumée ce week-end. Parallèlement, un front froid, avec de violents vents et orages, menaçait hier Moscou, après avoir fait des dégâts importants dans le nord-ouest du pays. Abattant des arbres, faisant tomber deux grues de 50 mètres à Saint-Pétersbourg, le front orageux a privé près de 100 000 habitants d'électricité dans les régions du Nord-Ouest.

