Le ministre cité confirme que le sommet tripartite libano-syro-saoudien, suivi du tête-à-tête du président Sleiman avec l'émir du Qatar, a répercuté une décision arabe commune de détente et de stabilité au Liban. Les protagonistes du cru ont donc été invités à éviter toute escalade et à respecter une trêve médiatico-politique. C'est ce qu'a confirmé Hassan Nasrallah lorsque, dans sa dernière intervention publique, il a indiqué suivre la voie de l'apaisement. Il semble donc que dans la phase actuelle, aucune partie locale ne soit en mesure d'outrepasser l'ukase arabe, doublé d'un net souhait international, commandant le calme au Liban. C'est-à-dire que nul ne bénéficierait d'une quelconque couverture, ou d'une quelconque approbation, en cas d'aventurisme.
Le tempo est donc extérieur, principalement rythmé par les Américains et les médiateurs qui s'efforcent de relancer le processus de négociations de paix. En tête, bien entendu, les pourparlers palestino-israéliens. L'émissaire d'Obama, Georges Mitchell, a pu faire avancer les choses sur ce plan. Mais sans négliger la possibilité de démarrer, et d'aboutir, sur le volet, plus facile, du Golan syrien où le président français, Nicolas Sarkozy, se propose d'intervenir par le biais de Cousseran, pour remplacer les Turcs.
Reste l'exception qui confirme la règle, l'Iran. Il démarche intensivement, ces temps-ci, le Liban mais surtout son allié organique la Syrie, pour tenter d'aller à contre-courant. Ses dirigeants, pris dans la tourmente des sanctions, répètent à satiété que le Liban, l'Irak et la Palestine constituent la lice de confrontation entre l'Iran et ses ennemis, le grand Satan US en tête. Ils cherchent dès lors à faire en sorte que le Liban reste un front ouvert aux conflits extérieurs.
Cependant, ils en sont sans doute trop éloignés pour y imprimer leur marque plus fortement que les Syriens. Des sources diplomatiques certifient ainsi que le Liban restera stable et sous contrôle, dans la phase à venir. Sans crainte d'un rebondissement sécuritaire dramatique ou d'une guerre. Une certitude que partagent, à en croire leurs déclarations, tous les pôles locaux. Tandis que les dirigeants étrangers proclament à l'unisson qu'il n'y aura pas de guerre dans la région cette année, mais une reprise des négociations, ce qui induit un climat général de calme.
Pour preuve, le fait que l'incident de Adaïssi, malgré sa gravité (trois victimes libanaises et un tué israélien), a été rapidement circonscrit. Les deux parties respectent donc le cessez-le-feu demandé par la Finul, et le retour au statu quo ante. Les États-Unis ont fait savoir aux Israéliens qu'il ne faut se livrer à aucune provocation susceptible de provoquer, sinon un embrasement, du moins une redoutable tension au Sud.
Dans les faits, les Israéliens ont voulu arracher un arbre dans un lopin contesté, mais que les Libanais considèrent comme leur appartenant, en base des frontières internationales reconnues et cartographiées. Ce terrain est situé à une heure de marche au sud de la ligne bleue, et les Israéliens y ont pénétré sans en demander l'autorisation au Liban, comme le veut la 1701. L'armée libanaise a réagi par des tirs de sommation en l'air, suivis d'une riposte israélienne d'artillerie. Finalement, les Israéliens ont présenté, sur exigence de la Finul, la demande de permission en question et l'arbre a été déraciné, sous supervision des Casques bleus.
Les Libanais avaient d'autant plus raison qu'il ne se sont jamais comportés comme les Israéliens. Il y a quelques mois, ils ont prévenu la Finul qu'ils voulaient établir un trottoir pour faciliter le passage de la porte de Fatmé, à proximité de la ligne bleue, du côté nord, en territoire libanais. Et ils ont attendu pendant deux mois qu'Israël donne son assentiment, conformément aux règles établies pour tout ce qui touche à la démarcation.
Quoi qu'il en soit, se sachant en faute pour n'avoir pas coordonné avec la Finul, ni demandé l'autorisation libanaise, les Israéliens ont tenté de se couvrir, après Adaïssi, en accusant l'armée libanaise de se comporter comme le Hezbollah. Alors que l'armée, selon un responsable, n'a fait que défendre la souveraineté du Liban, comme elle le doit quand la Finul ne fait pas respecter les dispositions concernant la ligne bleue.

