Le chef de l'État a voté à la mi-journée dans une école primaire proche de la présidence. « C'est un moment très important pour le peuple et le Rwanda (...). L'élection se déroule de façon très démocratique », a-t-il déclaré à cette occasion, rejetant une nouvelle fois les critiques internationales. « Les résultats parleront d'eux-mêmes », a-t-il commenté, tout en se félicitant d'une « sécurité excellente » entourant le scrutin.
Environ 1 400 observateurs assistaient au scrutin, parmi lesquels 214 étrangers pour le compte notamment de l'Union africaine (UA) ou du Commonwealth. L'Union européenne (UE), arguant de raisons budgétaires, n'a pas envoyé d'observateurs.
Sans rival ni opposition, Paul Kagame est assuré de l'emporter. Il préside aux destinées de ce petit pays d'Afrique centrale depuis qu'il a mis un terme au génocide des tutsis en juillet 1994 et sollicite un nouveau mandat de sept ans après son élection triomphale en 2003 avec 95 % des voix. Pour cette deuxième présidentielle depuis les massacres, le président du Front patriotique rwandais (FPR), l'ex-rébellion tutsie qui contrôle tous les échelons de la vie politique, affronte trois candidats qui l'avaient soutenu en 2003. Trois partis récemment apparus, dont deux non reconnus par les autorités, sont de facto exclus du vote. Ils ont dénoncé une « farce électorale » et qualifié en substance les trois rivaux de M. Kagame de candidats fantoches. Ces derniers ont à tour de rôle clamé leur indépendance et justifié la similitude de leurs programmes avec ceux du FPR au nom d'une démocratie apaisée.
La campagne électorale, du 20 juillet au 7 août, s'est déroulée « sans incident », selon la NEC. Durant nombre de rassemblements dans toutes les provinces, le candidat Kagame, sous les couleurs rouge-blanc-bleu du FPR, a mobilisé des centaines de milliers de partisans, mettant en avant les incontestables progrès du Rwanda depuis 16 ans, et promettant de « poursuivre la bataille pour le développement, la paix et l'unité » du pays. Fidèle à son habitude, l'ex-chef de guerre a balayé avec mépris les critiques des « étrangers » sur son bilan en matière de liberté d'expression et d'opinion. De nets signes de tension sont cependant apparus dans les mois précédant le scrutin, avec une vague d'attaques à la grenade en février-mai à Kigali, des fractures au sein de l'élite tutsie anglophone du FPR, ainsi « qu'une répression politique croissante (de l'opposition) et un étranglement de la liberté d'expression », selon l'organisation Human Rights Watch.


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