Ce couple a quand même décidé de se marier malgré la fumée qui a envahi la place Rouge. Sergei Karpukhin/Reuters
Un autre aéroport international, celui de Vnoukovo (Sud-Ouest), était lui aussi confronté à des retards, mais l'impact du smog semblait moins grave.
Les inquiétudes sur la santé publique grandissaient hier à Moscou. Les Moscovites suffoquaient dans la fumée par 38° Celsius. Hier, les niveaux de monoxyde de carbone à Moscou étaient 3,1 fois supérieurs à la normale, une amélioration par rapport à samedi (6,6 fois), a indiqué le service de surveillance de la pollution Mosekomonitoring. L'ambassade du Canada à Moscou a commencé à évacuer certains membres de son personnel et leurs familles de la capitale russe, selon le ministère des Affaires étrangères à Ottawa.
À Saint-Pétersbourg (Nord-Ouest), ancienne capitale impériale jusqu'ici épargnée, plusieurs quartiers ont été enveloppés par la fumée.
En Finlande voisine, les météorologistes ont fait état hier d'une « augmentation de particules dangereuses (dans l'air), qui va vraisemblablement se traduire par une hausse des effets sur la santé ».
Les prévisions météo n'étaient pas rassurantes. Les températures vont atteindre jusqu'à 44 degrés Celsius dans les régions touchées situées dans la partie occidentale de la Russie. Une légère baisse de 3-4 degrés n'est prévue qu'à partir de mercredi, a indiqué Alexandre Frolov, responsable des services météorologiques.
Certains habitants de la capitale russe, n'en pouvant plus, ont quitté la Russie. Des agences de voyages ont vite affiché complet pour des séjours organisés ce week-end en Égypte, au Monténégro et en Turquie. « Au cours de la semaine écoulée, la demande pour des billets au départ de Moscou vendus en ligne a augmenté de 20 % », a indiqué à la radio Echo de Moscou Irina Tourina, porte-parole de l'Union russe des tour-opérateurs. « Pour ce week-end, il n'y a aucune place sur des vols pour des destinations balnéaires et il en reste très peu pour le week-end prochain », a-t-elle dit. Le maire de Moscou Iouri Loujkov, 73 ans, qui avait provoqué la polémique en refusant d'interrompre ses congés, assurant s'être « blessé en faisant du sport », a finalement décidé de revenir dans la capitale hier.
L'étendue des feux de forêt et de tourbière dans la région de Moscou, à environ 100 km au sud-est de la capitale, a légèrement baissé. Le ministre des Situations d'urgence Sergueï Choïgou a exprimé l'espoir que les feux de tourbière seraient maîtrisés « en cinq-sept jours ».
Les incendies qui ont déjà fait 52 morts en Russie ravageaient hier une superficie de 190 400 hectares, menaçant des installations stratégiques. Le ministre Choïgou a demandé à ses services de travailler 24 heures sur 24 pour éteindre un incendie autour d'un centre nucléaire à Snejinsk (Oural, 1.500 km à l'est de Moscou). Quant au centre nucléaire de Sarov (région de Nijni-Novgorod, 500 km à l'est de Moscou), « il n'y a plus de foyers » d'incendie, selon un responsable du ministère. Les autorités, après avoir affirmé à plusieurs reprises qu'il n'y avait aucun risque à Sarov, ont indiqué en définitive que tous les matériaux radioactifs avaient été évacués du centre au début de la semaine.

