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Liban

« Nous seuls avons le droit... »

Dans un article publié hier par le quotidien Haaretz, un journaliste israélien, Gideon Lévy, se livre à une critique cinglante du comportement de l'armée et du gouvernement israéliens à la suite des incidents de mardi à la frontière avec le Liban. Voici les principaux extraits de cet article :
« Ces salauds de Libanais ont modifié les règles du jeu. C'est scandaleux. Le fait est qu'ils ont à présent un commandant de brigade déterminé à défendre la souveraineté de son pays. C'est un scandale. »
« L'explication que l'on donne ici, c'est qu'il a « endoctriné ses troupes ». Nous seuls avons le droit de faire cela, bien sûr (...). »
« Mardi matin, Israël a requis la » coordination « de la Finul pour mener une nouvelle opération (...) sur la barrière métallique de la frontière. La Finul a demandé à l'armée d'ajourner l'opération, son chef se trouvant à l'étranger. L'armée israélienne n'en a eu cure. Ce n'est pas la Finul qui va nous arrêter. »
« À midi, trois coupeurs d'arbres ont fait leur apparition. Les soldats libanais et onusiens leur ont crié d'arrêter. Au Liban, ils disent que leurs soldats ont aussi tiré des coups de semonce en l'air. S'ils l'ont fait, ils n'ont pas réussi à faire changer d'avis l'armée israélienne.
« Les branches de l'arbre ont été coupées et le sang a coulé des deux côtés de la frontière. Inutilement.
« Il est vrai qu'Israël affirme que le secteur au-delà de la barrière est un territoire israélien, et la Finul a officiellement confirmé cela hier (mercredi). Mais une barrière est une barrière. À Gaza, il suffit que quelqu'un se rapproche de la barrière pour que l'ordre de tirer pour tuer soit donné par nous.
« Mais au Liban, nous avons établi des règles différentes : la barrière n'est qu'une barrière et nous avons le droit de la franchir quand nous le désirons, même parfois en territoire libanais souverain. Nous pouvons aussi voler dans l'espace aérien libanais et, quelquefois, envahir le Liban (...).
« Mais soudain, il y a eu un changement dans la donne. Nos analystes l'ont expliqué de cette façon : récemment, des « tirs anormaux » ont été dirigés contre des avions israéliens. Après tout, l'ordre doit être maintenu : nous avons le droit de survoler le Liban, ils n'ont pas le droit de tirer.
« Mais l'incident de mardi (...) doit être considéré sous un angle plus vaste. Depuis des mois, les tambours de la guerre se sont remis ici à battre : sauve-qui-peut, danger, Scud en provenance de Syrie, guerre dans le Nord. Personne ne se demande pourquoi et pour aller où. C'est simplement l'été qui est arrivé et avec lui nos menaces habituelles de guerre. Mais un rapport de l'ONU publié cette semaine a imputé à Israël l'entière responsabilité de cette dangereuse tension.
« Dans ce climat surchauffé, l'armée israélienne aurait dû être plus prudente. La Finul ayant demandé l'ajournement de l'opération, elle aurait dû être ajournée. Il se peut très bien que l'armée libanaise soit plus déterminée qu'auparavant à défendre la souveraineté de son pays. Ce n'est pas seulement son droit, c'est son devoir (...). Mais c'est avec arrogance qu'Israël a rejeté la demande d'ajournement formulée par la Finul.
« C'est avec la même arrogance que nous demandons aux États-Unis et à la France de cesser d'armer les militaires libanais. Seuls nos militaires à nous ont le droit de s'armer. Pendant des années, Israël exigeait que l'armée libanaise prenne ses responsabilités face à ce qui se passe au Liban-Sud. À présent qu'elle le fait, nous avons changé de tonalité. Pourquoi ? Parce qu'elle a cessé de se comporter comme un sous-traitant d'Israël et a commencé à agir comme l'armée d'un État souverain. Et cela est interdit, bien sûr.
« Trois Libanais tués, y compris un journaliste, ce n'est pas assez en réponse à la mort de notre commandant de bataillon. Nous voulons davantage. Le Liban a besoin d'une leçon et nous allons la lui inculquer.
« Quant à nous, nous n'avons pas de leçon à recevoir. Nous allons continuer à ignorer la Finul, l'armée libanaise et son nouveau commandant de brigade, lequel a le culot de croire que son boulot est de défendre la souveraineté de son pays. »
Dans un article publié hier par le quotidien Haaretz, un journaliste israélien, Gideon Lévy, se livre à une critique cinglante du comportement de l'armée et du gouvernement israéliens à la suite des incidents de mardi à la frontière avec le Liban. Voici les principaux extraits de cet article :« Ces salauds de Libanais ont modifié les règles du jeu. C'est scandaleux. Le fait est qu'ils ont à présent un commandant de brigade déterminé à défendre la souveraineté de son pays. C'est un scandale. »« L'explication que l'on donne ici, c'est qu'il a « endoctriné ses troupes ». Nous seuls avons le droit de faire cela, bien sûr...
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