« Hortensias à l’oiseau »
C'est qu'il a du soleil plein les yeux cet architecte d'intérieur devenu peintre sur le tard (mais ce mot n'existe pas dans le lexique de Michel Harmouche). Lui qui a passé sa vie à décorer les intérieurs des autres se consacre aujourd'hui à aménager le sien. Content de s'adonner à sa nouvelle passion et confirmant son choix - après une première exposition l'année dernière, toujours à la galerie Aïda Cherfan - il reçoit dans ce grand espace verdoyant à ciel ouvert et invite le regard à se plonger dans son univers intime.
Dans mon jardin d'été
Son intérieur à lui est un jardin pas très secret puisqu'il le partage avec les autres en toute générosité. Sur les toiles souvent de grand format, en diptyques ou en triptyques, il étale ses éclats de couleurs, ses taches lumineuses, mais également son bonheur de peindre. Là, compositions structurées se marient avec le spontané, l'intuitif. Le regard qu'il jette sur la nature environnante est personnel, mais qui fait référence à des différents esthétismes. C'est dans cette joyeuse figuration que ses flâneries emmènent le regard vers les grands arbres aux troncs noueux, les haies d'hortensias et même vers son atelier où il range les boutures d'orchidées. À travers ce lien qu'il a scellé avec la nature, il va à la rencontre de soi, mais également des autres. « Pour moi, dit-il modestement, les rencontres emplissent ma vie et c'est une autre manière d'aller vers les autres que de leur offrir à voir de belles choses. » C'est en effet au service de ce beau que Michel Harmouche travaille.
Riche de ses expériences passées, de son parcours à plusieurs strates et des différentes lumières dont s'est assouvi son regard, Harmouche ose les couleurs, les marie et les harmonise. « Pourquoi ne pas associer l'orange au mauve ou encore au rouge ? » demande-t-il amusé. Cette couleur de prédilection qui envahit souvent ses toiles décline en plusieurs nuances et franchit même le cadre. « Sur mon aire picturale, je suis le maître des lieux et je n'obéis pas aux contraintes des autres. Je me sens libre », ajoute-t-il. C'est à cette liberté débridée que Harmouche a toujours aspiré et qu'il traduit actuellement dans ses œuvres. Éternel enfant, curieux de tout et traquant l'enchantement dans tous les recoins, l'artiste a des projets, toujours de peinture, mais également de sculpture. « Pourquoi pas », dit-il dans une boutade ?
Autrefois créateur d'ambiances, cet artiste infatigable est aujourd'hui l'architecte de l'imaginaire.
* Ce soir et jusqu'au dimanche 8 août de 18 à 21 heures.


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