Rechercher
Rechercher

Liban - L’Éclairage

L’Égypte et les grandes embrassades interlibanaises restent de côté

Après bien des tergiversations, la visite de Bachar el-Assad, initialement prévue pour ce mois de juillet puis renvoyée à l'automne, avait été fixée au 3 août. Le temps de préparer la superréconciliation interlibanaise qu'elle devait consacrer autour du président Michel Sleiman, et d'un déjeuner-congrès à Baabda. Avec participation de toutes les forces politiques du pays et des chefs des communautés religieuses. Étant entendu, à ce double propos, que le chef de l'État syrien allait s'entretenir avec le patriarche Sfeir et avec le leader des FL, Samir Geagea. Mais cet événement, axé sur la seule personne de Bachar el-Assad, s'est trouvé dilué quand il a dû céder à l'insistance du roi Abdallah de venir ensemble au Liban.
En fait, on avait espéré qu'ils seraient rejoints par le président égyptien Hosni Moubarak. Le souverain wahhabite l'avait relancé à Charm el-Cheikh, après avoir vu le chef de l'État syrien, pour rabibocher Le Caire et Damas, les efforts déployés depuis l'appel du roi Abdallah à une réconciliation interarabe complète lors du sommet de Koweït en 2009 n'ayant rien donné. Et pour renforcer l'initiative arabe du sommet de 2002, œuvre du roi saoudien, en prélude au prochain sommet de Syrte, en Libye. Une rencontre qui devrait, dans l'optique de Riyad, sommer Israël de se prononcer sur la proposition arabe, par un oui ou par un non, avant la fin de l'année, pour voir s'il y a lieu de reprendre les négociations de paix, ou s'il faut préparer autre chose. Mais le raïs n'a rien voulu entendre. Car il n'admet pas que la Syrie veuille rivaliser en influence avec l'Égypte auprès des Palestiniens. Bref, il a refusé aussi bien d'accompagner Abdallah à Damas qu'à Beyrouth.
Retour au volet libanais. Dans le programme de départ, Bachar el-Assad, après ses échanges avec les trois présidents, devait notamment serrer la main du patriarche Sfeir comme de Samir Geagea et se réconcilier avec eux, dans le cadre d'un partenariat global avec l'Arabie saoudite et de renforcement sensible du binôme S-S (syrien-saoudien), comme l'estampille Nabih Berry. Une harmonisation se traduisant par un accord sur la promotion d'une entente au Liban, où les deux pays ont leurs partisans et leurs amis, au profit de l'État et d'une détente génitrice d'une stabilité politique et sécuritaire renforcée. Ce qui induit, on l'aura deviné, le désamorçage de la bombe à retardement de l'acte d'accusation du tribunal international, cause de la crise allumée par les déclarations de Hassan Nasrallah. Menaces lancées à la suite de bruits faisant état de la présence de trois militants du Hezbollah sur la liste des suspects potentiels que le procureur Daniel Bellemare citerait dans ses conclusions, attendues avant la fin de l'année. On sait que le Hezbollah proclame que le TSL est israélien et qu'il sert d'instrument contre lui.
Mais lesté du poids saoudien, Bachar el-Assad n'a plus intérêt, pour le moment du moins, à jouer les réconciliations décisives sur une scène libanaise qui n'apparaît plus comme son apanage. À sa demande, le projet de rencontre nationale libanaise, à l'occasion de sa visite à Baabda, a été gelé. Les services du protocole syrien ont donc obtenu que l'accueil prévu du côté libanais se limite aux présidents, aux députés, aux ministres et aux grands commis de l'État, en éludant les entretiens avec le patriarche Sfeir et avec Samir Geagea. L'une des raisons évoquées par des sources informées reste que le chef de l'État syrien ne tient pas, après la rebuffade de Hosni Moubarak, à converser avec le leader des FL qui entretient de bons rapports avec le raïs égyptien, dont la ligne par rapport au Liban même est de rejeter fermement la menace d'un nouveau 7 Mai et les attaques contre le TSL.
Par ailleurs, les alliés traditionnels de Damas ont clairement fait savoir qu'ils auraient été indisposés par un rapprochement spectaculaire du régime syrien avec Bkerké et avec le chef des Forces libanaises. Et il en a sans doute tenu compte, en y renonçant. D'autant plus volontiers que ces minoritaires, pour souligner l'importance qu'ils accordent à la question, ont repris de plus belle ces derniers jours leurs attaques contre Samir Geagea, présenté comme le porte-étendard du projet américain hostile à la Syrie comme à l'Iran.
Cela étant, même sans le rassemblement de plus de 400 personnalités prévu à l'origine pour une réconciliation interlibanaise historique à Baabda, le processus de normalisation intérieure se poursuit. Comme en atteste la visite de Saad Hariri à Sleimane Frangié.

Après bien des tergiversations, la visite de Bachar el-Assad, initialement prévue pour ce mois de juillet puis renvoyée à l'automne, avait été fixée au 3 août. Le temps de préparer la superréconciliation interlibanaise qu'elle devait consacrer autour du président Michel Sleiman, et d'un déjeuner-congrès à Baabda. Avec participation de toutes les forces politiques du pays et des chefs des communautés religieuses. Étant entendu, à ce double propos, que le chef de l'État syrien allait s'entretenir avec le patriarche Sfeir et avec le leader des FL, Samir Geagea. Mais cet événement, axé sur la seule personne de Bachar el-Assad, s'est trouvé dilué quand il a dû céder...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut