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Liban - La Situation

Sommet tripartite Liban-Syrie-Arabie saoudite demain à Baabda

Le Liban accueille, demain, le roi Abdallah d'Arabie saoudite et le président Bachar el-Assad, une double visite dont l'importance n'échappe à personne, à l'heure où la tension interne va crescendo, dans la perspective de la parution de l'acte d'accusation du TSL sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri.

Les drapeaux saoudien et syrien, au niveau du rond-point as-Sayad. Photo Ibrahim Tawil

C'est officiel. Alors que l'imbroglio politico-judiciaire au sujet du Tribunal international se complique chaque jour davantage, et que le Hezbollah agite, quelque part, la menace d'un coup de force, le roi Abdallah d'Arabie saoudite et le président syrien Bachar el-Assad seront demain au Liban pour montrer leur attachement commun à la stabilité du pays.
Les préparatifs de cette double visite sans précédent par ses significations politiques ont commencé, et la route conduisant de l'aéroport Rafic Hariri au palais présidentiel de Baabda a commencé à être pavoisée aux couleurs saoudiennes, syriennes et qataries, puisque l'émir du Qatar est attendu également, à 18 heures vendredi, une heure après le départ prévu du roi Abdallah et du président Assad.
« La visite du roi Abdallah et du président Assad, qui viendront ensemble vendredi, sera une réponse à toutes les questions sur la stabilité du Liban », a déclaré Nohad Machnouk, député averti du Courant du futur.
Des observateurs politiques ont échafaudé autour du sommet tripartite deux scénarios possibles. Le plus spectaculaire prévoit une rencontre politique élargie à Baabda avec les chefs religieux et les principaux chefs de file politique au Liban. Ses tenants sont séduits à l'idée des réconciliations, ou simplement des poignées de main, qu'une rencontre de ce type rendrait possible, et notamment entre le président Assad et le chef de l'Église maronite, ou entre le roi Abdallah et Mohammad Raad.
Une telle rencontre, toutefois, doit être rigoureusement préparée, pour éviter tout impair et tout imprévu. Le second scénario évoqué prévoit la présence, à Baabda, des seuls présidents de commissions parlementaires et des membres du bureau de la Chambre.

Abdallah à Damas
Après avoir rencontré hier le président égyptien Hosni Moubarak à Charm el-Cheikh, le souverain wahhabite est attendu aujourd'hui à Damas pour s'entretenir avec Assad des relations interarabes et des tensions au Liban. Le dossier nucléaire iranien ne sera pas non plus oublié, croit savoir le Watan syrien, ainsi que la crise gouvernementale irakienne, qui s'éternise.
Sur le plan arabe, le souverain wahhabite espère un rapprochement entre l'Égypte de Hosni Moubarak et la Syrie de Bachar el-Assad, dont les politiques sont presque antinomiques, notamment sur le dossier palestinien.
En ce qui concerne le Liban, le roi Abdallah espère convaincre Assad d'inciter le Hezbollah à ne pas attiser les tensions à l'approche de l'inculpation probable par le Tribunal spécial de l'ONU de membres du mouvement chiite dans le cadre de l'enquête internationale sur l'assassinat en 2005 de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri.
Selon les observateurs, si la Syrie et l'Iran soutiennent le Hezbollah, l'Arabie espère profiter de l'affaiblissement diplomatique de Téhéran, soumis à de nouvelles sanctions internationales en raison de son programme nucléaire, pour tenter d'enfoncer un coin dans leur alliance en faisant miroiter à Damas une aide financière importante.
Le sommet tripartite de vendredi sera précédé, jeudi soir, d'une réunion de concertation à Baabda entre le chef de l'État, le Premier ministre et le président de la Chambre.

L'émir du Qatar
Vendredi soir, les trois hommes salueront le roi Abdallah et le président Bachar el-Assad à leur départ de Beyrouth, et accueilleront peu après l'appareil transportant l'émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, qui effectuera une visite de quelques jours à Beyrouth.
L'émir du Qatar, qui séjournera au Phoenicia, présidera vendredi soir à Baabda une réunion de travail bipartite, avant d'assister à un dîner en son honneur. Samedi, l'émir du Qatar effectuera une tournée au Liban-Sud, au cours de laquelle il visitera les édifices reconstruits, après la guerre de l'été 2006, grâce aux aides de son pays. Il déjeunera ce jour-là à la table du président Berry, à Mseileh. Dimanche, l'émir du Qatar participera aux festivités marquant la fête de l'Armée.

Semaines cruciales
« Les deux prochaines semaines vont être cruciales », affirme de son côté Chadi Hamid, directeur du centre de recherche Brookings Center. « Il y a un risque d'escalade, de violences sectaires et tous les acteurs impliqués sont conscients du risque. » « Ils prennent des mesures préventives pour désamorcer la crise avant que celle-ci n'échappe à leur contrôle dans les prochaines semaines et dans les prochains mois », ajoute-t-il.
Créé en 2007 par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) doit publier l'acte d'accusation entre « septembre et décembre », selon son président Antonio Cassese.
Pour l'ancien Premier ministre Fouad Siniora, les visites de leaders arabes reflètent la conjoncture difficile dans laquelle se trouve le Liban. « Je pense que la tension actuelle est le fruit d'intimidations plus qu'elle n'est réelle, mais je ne veux pas non plus sous-estimer la possibilité qu'il y ait des tentatives de pousser le Liban vers un conflit », affirme M. Siniora, aujourd'hui député. « Malheureusement, quand on pousse le Liban vers le bord du gouffre, ce n'est pas toujours contrôlable », dit-il.
Un conseiller de Saad Hariri minimise, quant à lui, les risques d'un nouveau cycle de violences. « Je ne vois pas pourquoi la question du tribunal devrait provoquer un conflit », dit Mohammad Chatah. « Nous ne voyons pas la situation se développer en un conflit entre sunnites et chiites », ajoute-t-il.
C'est officiel. Alors que l'imbroglio politico-judiciaire au sujet du Tribunal international se complique chaque jour davantage, et que le Hezbollah agite, quelque part, la menace d'un coup de force, le roi Abdallah d'Arabie saoudite et le président syrien Bachar el-Assad seront demain au Liban pour montrer leur attachement commun à la stabilité du pays.Les préparatifs de cette double visite sans précédent par ses significations politiques ont commencé, et la route conduisant de l'aéroport Rafic Hariri au palais présidentiel de Baabda a commencé à être pavoisée aux couleurs saoudiennes, syriennes et qataries, puisque l'émir du Qatar est attendu également, à 18 heures vendredi, une heure après le départ prévu...
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