Le projet antiobésité a été lancé à titre expérimental. Photo Alfredo Estrella/AFP
Il y a urgence. Le Mexique est le deuxième pays au monde, derrière les États-Unis, à compter le plus d'obèses dans sa population. Dans ses hôpitaux, trois lits sur quatre sont occupés par des patients souffrant de troubles liés à l'excès de poids, selon les statistiques officielles. Au niveau national, selon ces mêmes chiffres, 72 % des femmes adultes présentent un excédent pondéral, et 66 % des hommes. Et cette moyenne est dépassée dans la capitale.
Ces kilos coûtent cher : le gouvernement fédéral a estimé en 2008 à plus de 3,2 milliards de dollars le coût social des maladies associées à l'excès de poids.
« Une génération complète va vivre en moyenne 20 ans de moins » en raison de maladies liées à l'excès de poids et à l'obésité, a mis en garde le ministre des Finances de la Ville de Mexico, institution autonome dans la République fédérale, en lançant ce nouveau programme. À la direction des Finances, « 70 % des fonctionnaires sont en excédent de poids et 20 % sont obèses », précise à l'AFP la nutritionniste qui supervise le programme, Karina Culebro.
Dans une salle aménagée en gymnase, la monitrice, Karla Solorzano, encourage ses élèves à grands cris : « Vous êtes fatigués ? Vous voulez maigrir ? Oui ? Alors, ne vous arrêtez pas, continuez ! » Elle donne des cours distincts à deux catégories de personnel, « les agents de sécurité, à qui on demande d'être en bonne condition physique, et les collaborateurs, dont la santé peut être menacée par leur poids », explique le directeur des services, Alejandro Esquer.
« Je veux me sentir bien, tout ce poids me fatigue, j'ai mal aux genoux. Je pèse 98 kilos, on me dit d'en perdre 10, mais je voudrais arriver à 80 », halète Vicente Guerrero, tout en sueur. À 49 ans, c'est la première fois qu'il fait de l'exercice.
Après la séance physique, mélange de boxe, d'aérobic et de musculation, les « cobayes » passent devant la nutritionniste. « Ils sont sédentaires, et en plus ils ne mangent pas de façon équilibrée, trop de graisses et d'hydrates de carbone », constate Karina. « Mais il y a beaucoup d'enthousiasme, et en un mois certains ont déjà perdu quelques kilos », corrige-t-elle.


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