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Moyen Orient et Monde - Analyse

Le Sénat US enraye les discussions internationales sur le climat

L'administration Obama prête à se battre pour faire passer la loi sur l'énergie, dont dépend le sommet de Cancun.
Le Sénat américain, qui barre la route au grand projet de loi sur l'énergie et le climat réclamé par le président Barack Obama, enraye les discussions internationales sur le climat à quelques mois du sommet de Cancun (Mexique). Ce vaste plan destiné à limiter les émissions de CO2 n'a pas recueilli assez de soutien. Le chef de la majorité démocrate Harry Reid a donc annoncé qu'il renonçait temporairement au projet contenant des normes pour l'énergie renouvelable et un système de limitation des émissions de gaz à effet de serre. Des mesures sur l'énergie plus modestes, dont un plan antimarée noire, seront débattues prochainement.
« Lorsque l'administration Obama ira à Cancun (en novembre), elle n'emportera pas grand-chose avec elle », estime Adele Morris du groupe de réflexion Brookings Institution. « Cela va changer de façon spectaculaire ce que les pays sont susceptibles de mettre sur la table à Cancun », renchérit Jake Schmidt, spécialiste des changements climatiques à l'organisation écologiste Natural Ressources Defense Council. « Cela va sérieusement limiter ce qui peut être réalisé », déplore-t-il. Pour Daniel Fiorino, expert en politique à l'American University, « il s'agit d'un pas en arrière », qui soulève la question de la « crédibilité » des États-Unis sur le plan international.
Certains craignent notamment que les pays émergents comme la Chine ou l'Inde, parmi les plus gros pollueurs de la planète, se servent des difficultés rencontrées par les Américains comme prétexte pour refuser de s'engager davantage. « Dans des pays comme l'Inde (...) le manque de progrès au niveau international devient un vrai danger pour la volonté d'agir sur ce défi vital », souligne Arabinda Mishra, de l'Energy and Policy Institute, en Inde.
Pour Ben Lieberman, un spécialiste de l'énergie à l'organisation conservatrice Heritage Foundation, la Chine et l'Inde n'ont toutefois « pas besoin d'excuse ». Les responsables de ces pays « ont déjà fait comprendre que la croissance économique ne sera pas mise en danger par les contraintes sur les émissions de CO2 et ils ne feront que ce pour quoi les Occidentaux leur offrent des compensations ». Mme Morris reste, pour sa part, positive en affirmant que les Chinois ou les Indiens ont d'autres préoccupations et que l'échec de la loi sur le climat au Sénat américain « n'est pas un coup mortel » pour les négociations internationales.
Adele Morris, qui reconnaît que le sommet de Cancun ne parviendra pas aux résultats escomptés, estime en outre qu'il « est encore tôt ». « 2020 est l'objectif pour l'accord de Copenhague (signé fin 2009). Entre maintenant et 2020, nous avons le temps de parvenir à un accord », dit-elle. Mme Morris note cependant qu'il sera difficile de parvenir à cet accord avant 2012, date d'expiration du protocole de Kyoto.
Déjà en 1997, avant même la signature du protocole de Kyoto sur le climat, le Sénat américain s'était opposé à la ratification du traité par les États-Unis. L'heure n'est pourtant pas au découragement dans l'administration Obama. « Nous allons continuer à travailler avec les sénateurs pour élaborer cette importante législation », a affirmé, jeudi devant la presse, la conseillère du président américain pour l'énergie et les changements climatiques, Carol Browner.

Shaun TANDON et Emmanuel PARISSE (AFP)

Le Sénat américain, qui barre la route au grand projet de loi sur l'énergie et le climat réclamé par le président Barack Obama, enraye les discussions internationales sur le climat à quelques mois du sommet de Cancun (Mexique). Ce vaste plan destiné à limiter les émissions de CO2 n'a pas recueilli assez de soutien. Le chef de la majorité démocrate Harry Reid a donc annoncé qu'il renonçait temporairement au projet contenant des normes pour l'énergie renouvelable et un système de limitation des émissions de gaz à effet de serre. Des mesures sur l'énergie plus modestes, dont un plan antimarée noire, seront débattues prochainement.« Lorsque l'administration Obama ira à Cancun (en...
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