"Nous sommes en mesure de restaurer le dividende pour 2010 et de prolonger notre programme de rachat d'actions plus tôt que prévu grâce à la poursuite de notre bonne génération de liquidités" a annoncé le PDG Jeff Immelt. /
M. Immelt a ajouté que le conglomérat ne renonçait pas pour autant à ses projets de réaliser des acquisitions "stratégiques et financièrement intéressantes".
En février 2009, General Electric avait annoncé une division du dividende par trois, de 31 à 10 cents par action, ce qui lui permettait d'économiser environ 9 milliards de dollars par an. Il va remonter de 20%, à 12 cents par trimestre.
GE, qui emploie plus de 300 000 personnes dans plus d'une centaine de pays, avait jusqu'alors constamment augmenté son dividende depuis 32 ans, mais après la chute de 22% de son bénéfice annuel, il avait choisi la prudence aux dépens de la satisfaction de ses actionnaires.
Cela ne lui avait pas épargné une dégradation quelques semaines plus tard de la part des principales agences d'évaluation financière: l'un des groupes les plus symboliques de la puissance économique américaine, présent dans la fabrication d'ampoules électriques et la distribution de crédits, en passant par les centrales électriques, les moteurs d'avions et la télévision (NBC) avait perdu la note maximale, ce qui était perçu comme une éclatante illustration du marasme général.
Vendredi, Moody's et Standard and Poor's ont annoncé que la décision de relever le dividende n'aurait pas d'influence sur la notation, qui reste au niveau "Aa2" pour la première et "AA+" pour sa seconde, ni la perspective de GE, stable.
Concrètement, le relèvement du dividende doit avoir un coût annuel de quelque 854 millions de dollars.
Quant au plan de rachat d'actions, qui avait été suspendu dès septembre 2008, il va reprendre durant ce trimestre et durer désormais jusqu'en 2013, alors qu'il était prévu initialement qu'il s'achève au 31 décembre. Le conseil d'administration avait autorisé jusqu'à 15 milliards de dollars de rachat d'actions, dont 11,6 milliards n'ont pas encore été dépensés.
L'action a gagné 3,29% à 15,71 dollars.
"Beaucoup seront contents, mais certains investisseurs voudraient peut-être (obtenir) plus" de la part de GE, notait Jon Ogg, analyste du site 247WallSt.com.
La semaine dernière, lors de la présentation des résultats trimestriels montrant un bénéfice supérieur aux attentes, la direction de GE avait prévenu qu'elle avait récupéré une marge de manoeuvre lui permettant d'envisager une politique "favorable aux investisseurs".
Elle avait évoqué la possibilité d'augmenter le dividende, de racheter des actions et/ou de procéder à des acquisitions, notamment dans le secteur des infrastructures.
Toutefois GE avait alors laissé entendre que le relèvement du dividende pourrait attendre l'an prochain.
En dépit d'un chiffre d'affaires qui avait déçu les marchés, en repli de 4%, M. Immelt s'était montré optimiste pour l'état de l'économie, citant notamment la croissance des commandes du groupe, qui ont globalement augmenté de 8% à 19,2 milliards de dollars.
La branche financière GE Capital, qui avait concentré les difficultés et les inquiétudes durant la crise financière, a désormais normalisé sa situation avec un bénéfice doublé et une réduction des provisions pour pertes sur le crédit.

