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Liban - L’Éclairage

Le Hezbollah attend Hariri au tournant

La conférence de presse de Hassan Nasrallah a donné lieu à des interprétations tout à fait différentes, positives de la part du 8 Mars et rudement critiques du côté du 14 Mars.
Selon des sources sécuritaires proches de la minorité, et plus particulièrement du Hezbollah, Nasrallah a fait exprès de mentionner qu'il avait eu une conversation avec Saad Hariri au sujet du TSL. Pour lui faire comprendre qu'il doit clarifier de suite ses positions, et partant celles du Courant du Futur, afin que le secrétaire général du parti chiite sache sur quel pied danser et quoi dire lors de sa prochaine intervention publique sur le sujet. Car il est important, selon ces sources, que Hariri se meuve dans une trajectoire positive, par rapport à ce que Nasrallah projette, afin d'écarter le spectre d'une dangereuse discorde interne autour du TSL. Les mêmes témoins sécuritaires affirment que Nasrallah a l'intention de cracher tout le morceau, comme on dit familièrement, durant sa prochaine apparition médiatique. C'est-à-dire, précisent-ils, qu'il va appeler les choses, et surtout les personnes qu'il tient pour suspectes, par leurs noms. Il compte également soulever des points intéressants sur le TSL et se rapportant à l'acte d'accusation qui, à l'en croire, a déjà été rédigé avant toute enquête avec les éléments du Hezbollah mis en cause.
Si Hariri gardait le silence et ne bougeait pas, cela se répercuterait négativement sur l'attitude de Nasrallah lors de sa prochaine conférence de presse, ajoutent ces sources. Il avancerait beaucoup plus de choses sur le TSL, dont six cadres ont remis leurs tabliers avant même qu'il ne siège.
Sur un plan global, une source sécuritaire, traitant de la tension ambiante, confirme que le Hezbollah est absolument convaincu que la Résistance est confrontée à un complot d'affaiblissement, et d'isolement, tramé par des fractions locales de concert avec des parties étrangères. Cela dans le cadre de développements et de changements régionaux à venir, dont les contours commencent à prendre forme.
Selon la même source sécuritaire, les dirigeants du parti chiite croient savoir qu'Israël prépare actuellement la mise en condition d'une machination qui instrumentaliserait le Tribunal spécial pour le Liban en vue d'envahir la scène libanaise et s'attaquer à l'armement du Hezbollah que rien n'a pu ébrécher jusqu'à présent.

Explications
Des sources sécuritaires proches du parti de Dieu, interrogées sur le point de savoir pourquoi ce dernier se mobilise contre le tribunal, répondent qu'il craint d'être attaqué à travers cet instrument par des parties extérieures qu'Israël anime. Les dirigeants du Hezb pensent que l'Occident et Israël tentent de remettre le couvert, après l'échec de leur tentative de juillet 2006, en utilisant le TSL pour apposer au Hezbollah, comme les États-Unis le font, une étiquette définitive de formation terroriste, en Europe notamment. Alors qu'il s'y fait reconnaître, généralement, comme un parti de résistance légitime face à un agresseur, un spoliateur et un occupant, en l'occurrence l'État hébreu. Donc, la mise en cause d'éléments du Hezbollah par un tribunal, appelé à juger des actes de terrorisme qualifié, permettrait d'inscrire le parti sur la liste noire européenne des organisations terroristes.
Contrairement à des bruits qui ont couru, Hassan Nasrallah n'admet pas que des éléments du parti eussent pu s'impliquer de leur propre chef dans l'assassinat de Rafic Hariri. Il a répondu à Saad Hariri, avant le voyage de ce dernier aux États-Unis, que, au sein le Hezbollah, il n'y a aucun élément incontrôlé, pour affirmer ensuite que l'acte d'accusation a été rédigé avant la clôture de l'enquête, qu'il se base sur de faux témoignages et sur des communications manipulées par Israël.
Les sources citées indiquent que le Hezbollah s'alarme pour ses nouvelles amitiés. Car après les rumeurs sur son implication dans l'attentat contre Rafic Hariri, les Turcs et les Brésiliens, qui songeaient à inviter Nasrallah chez eux, n'en parlent plus guère.
Pour leur part, des diplomates en poste à Beyrouth se demandent pourquoi le Hezbollah se dresse-t-il aussi violemment, aussi prématurément, aussi passionnément, aussi peu techniquement et aussi illogiquement contre le tribunal ? Pourquoi ne s'aligne-t-il pas sur Walid Moallem qui précise que tout ressortissant syrien dont le nom serait cité dans l'acte d'accusation du TSL serait automatiquement poursuivi par la justice de son pays pour haute trahison, rien moins que cela ? Les diplomates se demandent ensuite sur quelles preuves le secrétaire général du Hezbollah se fonde pour accuser le tribunal d'être politisé, d'être de collusion avec Israël, voire israélien tout court, et pour soutenir que l'acte d'accusation est préfabriqué.
De leur côté, des cadres du 14 Mars soulignent qu'en pressant ce mouvement de suivre l'exemple de Walid Joumblatt et de faire son mea culpa, le Hezbollah veut, justement, que la révolution du Cèdre et le Liban souverain plient l'échine. Ils lui répondent que c'est au Hezbollah de s'incliner, non pas devant le 14 Mars, mais devant l'État. De droit, mais surtout, l'État-nation, foyer du peuple tout entier. Ils rappellent qu'après la création du TSL, le 14 Mars avait lancé le 31 mai 2007 un appel aux Libanais les invitant à fondre en un seul principe la libération du territoire et l'indépendance nationale, sous l'égide de l'État, loin des binômes ou des trinômes confessionnels. Le 14 Mars avait alors tendu la main à tous pour le dialogue autour des constantes de l'État de droit et des institutions.
La conférence de presse de Hassan Nasrallah a donné lieu à des interprétations tout à fait différentes, positives de la part du 8 Mars et rudement critiques du côté du 14 Mars.Selon des sources sécuritaires proches de la minorité, et plus particulièrement du Hezbollah, Nasrallah a fait exprès de mentionner qu'il avait eu une conversation avec Saad Hariri au sujet du TSL. Pour lui faire comprendre qu'il doit clarifier de suite ses positions, et partant celles du Courant du Futur, afin que le secrétaire général du parti chiite sache sur quel pied danser et quoi dire lors de sa prochaine intervention publique sur le sujet. Car il est important, selon ces sources, que Hariri se meuve dans une trajectoire positive, par rapport à ce...
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