En clôture du forum, le ministre vietnamien des Affaires étrangères, Pham Gia Khiem, a simplement indiqué que « de nombreux délégués (avaient) exprimé une profonde préoccupation au sujet du naufrage du Cheonan » et émis « l'espoir » que toutes les parties concernées feraient preuve de retenue. L'ARF était le point d'orgue d'une réunion de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean). En plus des dix du bloc, étaient aussi présents les six pays des négociations au point mort sur le nucléaire nord-coréen : États-Unis, les deux Corées, Chine, Japon, Russie. En pleine impasse sur le nucléaire, la péninsule coréenne est aussi sous haute tension depuis l'incident de la corvette sud-coréenne, qui a fait 46 morts en mars. Une enquête a imputé l'incident à Pyongyang, qui nie.
La tension est encore montée cette semaine, avec l'annonce des nouvelles sanctions américaines et de manœuvres militaires conjointes États-Unis-Corée du Sud à partir de dimanche en mer du Japon. Des mesures auxquelles Pyongyang a promis hier une « réponse physique ». « Nous ne sommes plus au XIXe siècle, qui (...) entretenait la diplomatie de la canonnière », a estimé le porte-parole de la délégation nord-coréenne à Hanoi, Ri Tong-il.
En marge de l'ARF, Mme Clinton s'est entretenue avec plusieurs représentants du dialogue à six : ses homologues russe, Sergueï Lavrov, japonais, Katsuya Okada, et chinois, Yang Jiechi. Le représentant de Pékin, qui ne s'est pas exprimé devant la presse internationale, aurait insisté sur la nécessité de reprendre le dialogue, tout en estimant que la situation n'était « pas encore mûre », selon de hauts responsables américains voyageant avec Mme Clinton. « Dans les circonstances actuelles, il semble improbable que nous fassions des progrès à court terme », a ensuite ajouté devant la presse la secrétaire d'État.
Critiques contre la Birmanie
À l'ARF, Mme Clinton a également réitéré ses critiques contre la Birmanie, membre de l'Asean et que les États-Unis accusent d'enfreindre l'embargo instauré par l'ONU sur les transferts d'armes avec la Corée du Nord. « Il est essentiel, a-t-elle lancé aux délégués, que la Birmanie entende votre voix, celle de ses voisins, quant à la nécessité qu'elle se conforme aux résolutions de l'ONU et respecte ses obligations » de non-prolifération. La secrétaire d'État a aussi appelé à la junte au pouvoir en Birmanie à libérer « tous les prisonniers politiques, y compris Aung San Suu Kyi ». La figure de l'opposition et Prix Nobel de la paix est toujours en résidence surveillée, ce qui l'exclut des premières élections législatives prévues cette année dans le pays en 20 ans.


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