La justice allemande a indiqué hier se pencher à son tour sur l'affaire de proxénétisme qui éclabousse le joueur français du Bayern Munich, Franck Ribéry, mis en examen en France pour relations avec une prostituée mineure.
« Nous vérifions si une procédure d'enquête doit être lancée », a déclaré une porte-parole du parquet de Munich, Barbara Stockinger.
Les enquêteurs bavarois veulent regarder de près les éléments de l'enquête française, selon la porte-parole, interrogée par l'AFP.
Soupçonné d'avoir eu des relations tarifées avec une prostituée mineure, Zahia D., l'international français Franck Ribéry a été, tout comme son beau-frère et un autre joueur de l'équipe de France Karim Benzema, mis en examen mardi en France et remis en liberté après sept heures de garde à vue.
Franck Ribéry a reconnu avoir eu des relations sexuelles avec la jeune femme, assurant ne pas avoir su qu'elle était mineure.
Le milieu offensif du Bayern avait dit lui avoir payé un voyage et un séjour dans un hôtel munichois à l'occasion de son 26e anniversaire en avril 2009. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer si c'est Franck Ribéry qui lui a réservé son billet d'avion, ce qui lui aurait donné accès à la date de naissance de Zahia.
Ribéry n'a en revanche pas confirmé les déclarations de la jeune femme sur une relation tarifée lors de ce séjour en Allemagne.
Le joueur ne peut pas être accusé deux fois, en France et en Allemagne, pour les mêmes faits.
Solliciter des relations sexuelles avec une mineure prostituée est passible de trois ans de prison en France et jusqu'à cinq en Allemagne. Mais il revient à l'accusation de prouver que le client savait que la prostituée était mineure.
Mon client est présumé innocent, rappelle l'avocate
L'avocate de l'international français Franck Ribéry a estimé hier qu'une éventuelle exclusion de l'équipe de France liée à la mise en examen du joueur dans une affaire de proxénétisme constituerait une « atteinte intolérable au principe de la présomption d'innocence ».
Fernand Duchaussoy, favori pour présider la Fédération française de football, a exclu une sélection chez les Bleus de Franck Ribéry et Karim Benzema après leur mise en examen pour relations tarifées avec une prostituée mineure.
Selon l'avocate du joueur du Bayern Munich, Me Sophie Bottai, ne pas sélectionner Ribéry reviendrait à « le sanctionner gravement et irrémédiablement, alors même que le délit qui lui est reproché est loin d'être établi, qu'il est formellement contesté et qu'il est même mis hors de cause par "l'intéressée" qui a reconnu avoir dissimulé son âge au demeurant non décelable au moment des faits ».
« Seule une condamnation définitive fait disparaître la présomption d'innocence dont il doit bénéficier durant toute la durée de la procédure », rappelle Me Bottai dans un communiqué. « Il est tout aussi choquant et regrettable que certains représentants de l'État au plus haut niveau bafouent cette règle élémentaire des droits de la défense en exerçant une influence par leurs propos déplacés et contraires à la loi », a ajouté l'avocate.
« J'espère justement que la Fédération française de football, organe indépendant, aura, elle, le réflexe de suivre le droit, et non le lynchage médiatique et judiciaire dont est victime Franck Ribéry dont on fait ainsi un bouc émissaire », conclut Me Bottai.
L'affaire « politiquement motivée » selon Rummenigge
Dans une interview hier au Bild, le président du directoire du Bayern Munich, Karl-Heinz Rummenigge, estime que l'affaire Franck Ribéry est politiquement motivée et s'inquiète de la mise en examen de l'international français pour relations avec une prostituée mineure.
« Je crois que c'est une histoire politiquement motivée par la mauvaise prestation de l'équipe de France lors du Mondial » en Afrique du Sud, a déclaré M. Rummenigge au quotidien allemand.
« Il s'agit de faire de Ribéry un bouc émissaire. Nous nous inquiétons de l'issue de l'enquête » engagée contre lui par la justice française, a ajouté le patron du Bayern.


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