Mannequin et actrice, Seregon O’Dalley est « surtout » un vampire arpentant New York. Le phénomène est devenu une véritable religion, avec ses règles, ses ministres, ses réunions secrètes et ses bals.Stan Honda/AFP
Elle n'est pas seule. La vogue « vampire » est alimentée aux États-Unis par la série télévisée culte True Blood, qui en est à sa troisième saison, les sagas Twilight ou Vampire Diaries. Le phénomène est devenu une véritable religion, avec ses règles, ses ministres, ses réunions secrètes et ses bals. Et une manne pour les éditeurs et les producteurs de télévision et de cinéma. Le prochain bal est organisé à Philadelphie (État de Pennsylvanie) le 31 juillet par Patrick Rodgers, qui réunit des centaines de vampires trois à quatre fois par an.
Cette sorte de secte compte un nombre croissant d'adeptes, adolescents fanatiques de Stephenie Meyer, 36 ans, auteur de Twilight, mais aussi adultes convertis dès les années 1970 par Ann Rice, écrivain qui a introduit avec ses Vampire Diaries - dès 1976 - le vampire américain moderne, débarrassé de ses origines européennes. Qui peut aimer l'ail et ne plus planter ses crocs dans les cous de ses victimes. Il est le successeur du comte Dracula, le célèbre mort-vivant originaire de Transylvanie (Roumanie), condamné à l'errance et la soif de sang éternelles par Bram Stoker à la fin du XIXe siècle.
Les vampires se réunissent, des hiérarchies secrètes les structurent en clans, maisons, cours. « Nous nous rencontrons et nous parlons de la situation », dit Seregon O'Dalley, rencontrée à son domicile dans le New Jersey (ouest de New York), un appartement aux épais rideaux noirs - les vampires craignent la lumière du jour -, décoré de petites gargouilles et autres chauve-souris qui protègent le lieu. « Mais nous ne mordons plus dans le cou, tout doit être consenti », assure-t-elle. « Je suis fasciné par les vampires depuis l'enfance », dit Joaquin Latina, qui dit avoir 2 744 ans mais dont le passeport n'en comptabilise que 35. Non content d'avoir lu toute la littérature sur le sujet, il ne rate aucun épisode de True Blood, qu'il considère, comme beaucoup d'adeptes adultes, nettement supérieur à Twilight. « Twilight est destiné aux adolescents mal dans leur peau », estime Seregon O'Dalley. « Les vampires ne sont pas des monstres, ce sont des personnes immortelles et plus belles que l'individu moyen », souligne Joaquin Latina. « Ils représentent un idéal sombre et élégant de l'humanité », ajoute-t-il. Mais pour lui, les vampires ont du mal à New York depuis que l'ancien maire Rudolph Giuliani a « nettoyé » la ville des délinquants, prostituées et autres créatures qui rendaient la nuit dangereuse et fascinante. « New York est devenue une ville trop tranquille et sûre », dit-il.
« La culture vampire est là depuis longtemps », souligne Robert Thomson, sociologue et professeur de cultures contemporaines à l'Université de Syracuse (nord de New York). « C'est une image sombre et très attrayante à la fois, très érotique, les vampires sont beaux, contrairement aux monstres, ils ont des pouvoirs, et puis ils permettent de se distinguer en appartenant à une communauté mystérieuse et supérieure », estime-t-il.
Les intéressés ne doivent pas manquer de faire un tour de Central Park avec « John Seward », 155 ans, médecin chef d'un asile psychiatrique dans Dracula, qui estime à 4 000 ou 5 000 le nombre de vampires à New York et montre aux touristes tunnels et cimetières d'où ils émergent la nuit tombée.


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve