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Culture - Cimaises

Accrochage noir de Mark Rothko à la National Gallery of Art

Hostile à l'expressionnisme de l'Action Painting, Mark Rothko crée une nouvelle façon méditative de peindre, composée de « champs colorés ». Il domptera tout le spectre et culminera avec ses toiles noires.

Les toiles ornant la chapelle portant son nom, toujours dans les tonalités claires-obscures.

Comme il y a du blanc-bleu, il y a chez Mark Rothko le noir bleu, le noir violet, le noir marron. C'est cette période qu'expose la National Gallery of Art à Washington. Au total, sept toiles (exécutées en 1964). Une série énigmatique et mystérieuse. Sa caractéristique: chacune des pièces comporte un rectangle noir se détachant d'un fond aussi sombre. De son vrai nom Marcus Rothkowitz, Mark Rothko (1903-1970), né en Lituanie puis établi aux États-Unis, est considéré comme l'un des représentants de l'expressionnisme abstrait américain, catégorisation qu'il refusait, la jugeant «aliénante». Une chapelle à Houston porte son nom, car ses bâtisseurs, Jean et Dominique de Ménil (couple célèbre, pour ses collections d'art), l'avaient décorée de peintures. Pour cette chapelle-musée dont l'architecture porte également son empreinte, Rothko avait réalisé quatorze œuvres à dominante noire, un style qu'il avait commencé à élaborer dans la sélection proposée aujourd'hui par la National Gallery of Art.
«D'aucuns pensent que cette absence de couleurs correspond à des moments dépressifs dans la vie de l'artiste, explique la responsable de cet accrochage, durant une visite à l'intention des médias. Le travail qu'il a accompli dans cette tonalité, apparemment uniforme et si sombre, témoigne d'une vitalité et d'une clarté d'esprit que ne permet pas un état léthargique.»

«Une non-couleur, ou la reine des couleurs »
À bien observer ces toiles, identifiées uniquement par des chiffres, elles se révèlent pleines d'incidences et pas du tout achromatiques: une coulée plus claire par-ci, un jet de magenta par-là, un fond très mat équilibré par le brillant d'un petit carré au sommet. De profondes imperfections esthétiques qui vont au-delà d'une simple stratégie conceptuelle du noir.
Mark Rothko était un intellectuel qui aimait la musique, la littérature et la philosophie, en particulier les écrits de Nietzsche et la mythologie grecque. Avant de privilégier l'«abstractionnisme», il avait commencé par peindre des paysages, des intérieurs, des scènes urbaines et des natures mortes. Suit une période symbolique, reposant sur la mythologie grecque et des sujets religieux. Et, bien avant que soit cogitée et réalisée l'église portant son nom, il avait dit: «Ce serait bien qu'on puisse construire partout dans le pays des sortes de petites chapelles dans lesquelles un voyageur ou un promeneur puisse méditer longuement sur un unique tableau accroché dans une petite salle.» À noter qu'il souffrait d'une dépression chronique et qu'il s'était suicidé en 1970. Il n'a pas encore été déterminé si ces sombres réalisations ont été le résultat de l'angoisse permanente qui le rongeait ou si elles étaient de la veine d'une vogue de l'époque notamment cultivée par les artistes américains Frank Stella et Ad Reinhardt, précurseurs du minimalisme.
Autant que le noir sied à Electre, cette question posée par Auguste Renoir sied à Mark Rothko: « Le noir est-il une non-couleur, ou la reine des couleurs?»
Comme il y a du blanc-bleu, il y a chez Mark Rothko le noir bleu, le noir violet, le noir marron. C'est cette période qu'expose la National Gallery of Art à Washington. Au total, sept toiles (exécutées en 1964). Une série énigmatique et mystérieuse. Sa caractéristique: chacune des pièces comporte un rectangle noir se détachant d'un fond aussi sombre. De son vrai nom Marcus Rothkowitz, Mark Rothko (1903-1970), né en Lituanie puis établi aux États-Unis, est considéré comme l'un des représentants de l'expressionnisme abstrait américain, catégorisation qu'il refusait, la jugeant «aliénante». Une chapelle à Houston porte son nom, car ses bâtisseurs, Jean et Dominique de Ménil...
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