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Liban - Polémique

Tollé dans les milieux du 14 Mars après le discours de Nasrallah

Les propos tenus par le secrétaire général du Hezbollah vendredi dernier au sujet du TSL ont suscité des réactions d'une extrême virulence au cours du week-end écoulé, notamment au sein de la mouvance haririenne.

Le député Antoine Zahra, au cours d’un dîner organisé par les Forces libanaises au Kesrouan, a vivement critiqué les derniers propos de Nasrallah.

De nombreuses voix au sein du Courant du futur et du bloc « Liban d'abord » se sont élevées ces deux derniers jours pour dénoncer principalement la tentative du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, d'anticiper l'acte d'accusation attendu du procureur général près le Tribunal spécial pour le Liban.
Mais beaucoup d'entre ces voix sont allées plus loin, accusant Hassan Nasrallah de chercher à semer la discorde au Liban. L'ancien député Moustapha Allouche, membre du secrétariat général du 14 Mars, a ainsi estimé que le discours du chef du Hezbollah « coïncide avec l'intérêt d'Israël dans ses tentatives de semer la zizanie dans les rangs du peuple libanais ».
« C'est peut-être le discours le plus dangereux jamais prononcé par Hassan Nasrallah, ce dernier ayant proclamé son divorce total avec une partie de la société libanaise », a ajouté M. Allouche, soulignant que l'expérience du 14 Mars avec le Hezbollah durant toutes ces dernières années était d'une « grande gravité ».
Selon lui, « ce que demande le Hezbollah, c'est que tout le monde se rende entièrement à lui, de sorte que plus personne n'ait le courage de poser une question ». « C'est un parti qui représente un système totalitaire dans tous les sens du terme, exactement comme ce qui se passe en Iran où toute opposition est assimilée à de la trahison », a-t-il dit.
« Nasrallah sait à l'avance qui va être visé par l'acte d'accusation. Sinon, pourquoi accuserait-il le tribunal d'être israélien », a poursuivi M. Allouche.
Le député Okab Sakr (Zahlé) s'est, de son côté, adressé à Hassan Nasrallah : « Comment avez-vous pu connaître la teneur de l'acte d'accusation avant qu'il ne paraisse ? » « Si nous consultons les archives, nous verrons que 90 pour cent de ce que les médias ont raconté sur le tribunal est faux. Or, si au final l'acte d'accusation ne mentionne pas le Hezbollah, qu'aurons-nous fait en allumant cet incendie ? »
« Personne n'a intérêt à ce que le Hezbollah soit accusé (des assassinats), et s'il l'est, personne n'a intérêt à ce que cette accusation soit fabriquée », a fait valoir M. Sakr.
Son collègue Ahmad Fatfat (Minié-Denniyé) s'est dit, quant à lui, surpris par « la mise en doute du tribunal et de l'acte d'accusation par anticipation ». « Nul ne connaît la teneur de l'acte d'accusation, et celui qui prétend savoir se trompe, pour ne pas dire autre chose », a ajouté M. Fatfat.
Nettement plus virulent, le député Riad Rahhal (Akkar) a établi un lien entre les dernières prestations du Hezbollah. « De l'agression contre la Finul aux propos de Hassan Nasrallah, en passant par les déclarations d'un responsable du Hezbollah au sujet de l'accord de sécurité entre le Liban et la France et celles de Ammar Moussaoui (responsable des relations extérieures du Hezb) affirmant que le TSL est "politisé depuis le début", tout cela commence à introduire le doute dans l'esprit de chaque Libanais autour de l'implication du Hezb dans les assassinats depuis 2004 », a-t-il dit. « N'est-ce pas le Hezbollah qui place le seuil aussi haut et s'accuse lui-même par anticipation ? » s'est interrogé M. Rahhal.
Pour sa part, le vice-président de la Chambre, Farid Makari, a estimé que l'acte d'accusation, quelle que soit sa teneur, pourra ne pas semer la discorde au Liban si les Libanais savent se comporter rationnellement à son égard.
En revanche, a ajouté M. Makari, « ce qui pave la voie à la vraie discorde, c'est bien le discours accusateur de trahison que nous avons entendu de la bouche du secrétaire général du Hezbollah ».
Ammar Houri, député de Beyrouth, s'interroge sur la source des informations dont dispose Hassan Nasrallah, « pour qu'il entre à ce point dans les détails de l'acte d'accusation ».
Selon M. Houri, « c'est d'abord de la bouche de Wi'am Wahhab (l'ancien ministre) que nous avons entendu des propos selon lesquels le tribunal accuserait des éléments du Hezbollah. Puis ces propos ont été répétés par (le chef d'état-major israélien Gaby) Ashkenazy, et ensuite par (l'ancien ministre) Michel Samaha ».
Enfin, Mohammad Kabbara (Tripoli, allié du Courant du futur), relevant la « nervosité » du secrétaire général du Hezbollah, a estimé que, pour Hassan Nasrallah, « qui adresse des menaces aux Libanais si l'acte d'accusation implique des individus affiliés au Hezbollah, il faut que le TSL accuse Israël des assassinats afin qu'il le reconnaisse ».
« Les menaces ne nous terroriseront pas et ne modifieront rien dans nos convictions. Nous adressons à sayyed Nasrallah un message clair et très simple : le recours à la menace n'est pas un indice d'innocence. Au contraire, il installe le doute et la suspicion. Et plus clairement encore : nous n'accusons personne. Mais le TSL est devenu une réalité et nul ne pourra en annuler les effets », a-t-il dit.

Les chrétiens du 14 Mars
Du côté des chrétiens du 14 Mars, les commentaires ont porté également, pour certains d'entre eux, sur les propos attribués par le journal as-Safir au général Michel Aoun, qui aurait fait état d'un scénario-catastrophe impliquant Israël et l'intérieur libanais, notamment chrétien, et visant à en finir avec le Hezbollah.
« S'agit-il d'un appel à lancer l'assaut contre les adversaires chrétiens » (du général Aoun) ?
s'est interrogé le député FL Antoine Zahra. Selon lui, « de tels scénarios n'ont de fondement que pour justifier une tentative de mettre la main sur le pays ».
Chez les Kataëb, Samy Gemayel a relevé que « le Hezbollah se met à la case de la défense alors que personne ne l'a placé là ». « Le Liban a un choix : soit de permettre que les criminels restent libres, soit qu'ils soient sanctionnés. Le TSL est vital pour le Liban », a dit M. Gemayel.
Le ministre des Affaires sociales, Sélim Sayegh, s'est étonné que le Hezbollah « s'accuse lui-même », alors que le député de Zahlé Élie Marouni affirmait que « celui qui craint la décision du tribunal est le coupable lui-même ».
« Si le TSL est un projet israélien, cela signifie que tous les États sont devenus des agents d'Israël », a ajouté M. Marouni, se demandant « ce que fait encore le Hezbollah au gouvernement et à la Chambre aux côtés d'agents ».
Quant au secrétaire général du 14 Mars, Farès Souhaid, il a souligné, en reprenant les termes de Hassan Nasrallah, que « le million et demi de Libanais qui ont réclamé justice et vérité ne sont pas » un environnement propice « à un tribunal israélien. Ils sont par contre un environnement propice à la souveraineté, l'indépendance et l'édification de l'État libanais ».
Commentant les propos attribués au général Aoun, M. Souhaid a dit : « S'il est vrai qu'il a dit cela, il ne lui reste plus, lui, l'homme des institutions et l'ancien commandant en chef de l'armée, qu'à se rendre au bureau du procureur général Saïd Mirza pour porter plainte contre les chrétiens qui s'arment pour mener un coup d'État contre le Hezbollah. »
« Notre désaccord fondamental avec Aoun est justement que sa référence de base n'est plus l'État libanais, mais Hassan Nasrallah », a-t-il ajouté.
Enfin, le secrétaire du Renouveau démocratique, Antoine Haddad, a estimé que « s'il est vrai qu'Israël n'épargnerait aucun moyen pour tenter de frapper le Hezbollah, il est certainement incapable d'avoir une influence sur le TSL ».
Dans les rangs des alliés du Hezbollah, le discours de Hassan Nasrallah a entraîné peu de commentaires.

De nombreuses voix au sein du Courant du futur et du bloc « Liban d'abord » se sont élevées ces deux derniers jours pour dénoncer principalement la tentative du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, d'anticiper l'acte d'accusation attendu du procureur général près le Tribunal spécial pour le Liban.Mais beaucoup d'entre ces voix sont allées plus loin, accusant Hassan Nasrallah de chercher à semer la discorde au Liban. L'ancien député Moustapha Allouche, membre du secrétariat général du 14 Mars, a ainsi estimé que le discours du chef du Hezbollah « coïncide avec l'intérêt d'Israël dans ses tentatives de semer la zizanie dans les rangs du peuple...
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