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Économie - Liban - Banques

La croissance fulgurante des dépôts en voie de ralentissement

Les dépôts des banques libanaises ont augmenté de 3,6 % au cours des cinq premiers mois de l'année, atteignant 99,2 milliards de dollars, malgré la croissance quasi nulle enregistrée en mai. Par ailleurs, les conversions vers la livre se sont poursuivies, menant à un taux de dollarisation de 62,7 % - un plus bas depuis au moins dix ans.
Le secteur bancaire libanais continue de réaliser de solides performances, qui vont de pair avec l'essor économique actuel, comme en témoignent les chiffres récents sur l'évolution de l'activité du secteur au cours des cinq premiers mois de l'année.
Celle-ci est mesurée par les actifs consolidés des banques opérant au Liban, qui ont augmenté de 4,7 % fin mai, à 120,7 milliards de dollars, contre 115,3 milliards de dollars fin décembre 2009 - une progression inférieure de 26,5 % à celle enregistrée l'an dernier, mais deux fois plus importante que celle observée au cours de la même période des huit années précédentes.
Les dépôts, qui représentent près de 82 % du bilan des banques, ont constitué encore une fois le principal moteur de cette croissance, même s'ils n'ont pas bougé d'un iota durant le seul mois de mai.
En effet, au cours du cinquième mois, les dépôts des clients n'ont augmenté que de 81 millions de dollars, comparé à une croissance de 997 millions de dollars le mois précédent, et une expansion de 1,73 milliard de dollars au cours de mai 2008. Difficile d'estimer pour le moment si cette croissance nulle est d'ordre conjoncturel ou structurel, mais il semble que l'afflux sans précédent de dépôts de l'étranger, qui avait largement contribué à la croissance des actifs bancaires au lendemain de la crise, est en train de s'estomper petit à petit, en phase avec la reprise progressive de l'économie mondiale.
Il n'en demeure pas moins que dans l'ensemble, les dépôts des clients ont augmenté de 3,4 milliards de dollars, soit une hausse de 3,6 % sur la période couverte, passant de 95,8 milliards de dollars fin décembre 2009 à 99,2 milliards fin mai 2010. Bien que cette croissance soit inférieure à celle des 6,6 milliards de dollars enregistrés durant la même période de l'an dernier, elle reste importante en comparaison avec la croissance moyenne de 1,9 milliard de dollars enregistrée au cours de la même période des huit années précédentes.
La croissance enregistrée en 2009 avait été favorisée par un important flux de capitaux, suite à la crise financière internationale, qui avait fait du Liban une terre refuge pour le rapatriement de capitaux.
En termes de répartition des dépôts par type de clients, une lecture approfondie des chiffres montre que les dépôts des résidents ont été à la source de cette croissance au cours des cinq premiers mois de l'année. Ceux-ci ont en effet progressé de 3,6 milliards de dollars fin mai, tandis que les dépôts des non-résidents ont reculé de 0,16 milliard de dollars.
En outre, une analyse de la croissance des dépôts par devises révèle que les dépôts en monnaie locale ont enregistré une très forte croissance au cours des cinq premiers mois de l'année, progressant de 3 milliards de dollars, tandis que les dépôts en devises ont augmenté de seulement 485 millions de dollars. La hausse des dépôts en livres a ainsi représenté 85,9 % de l'augmentation totale de la masse des dépôts, à la faveur des conversions massives vers la livre, amorcées au lendemain des accords de Doha qui ont coïncidé avec le déclenchement de la crise internationale.
Ainsi, le taux de dollarisation des dépôts a continué de reculer, atteignant 62,7 % fin mai 2010 - un plus bas depuis 10 ans. Celui-ci avait en effet atteint 61,6 % en 1999 avant d'augmenter de nouveau à 66,9 % fin 2000 et d'atteindre un pic de 79,5 % en mars 2005, au lendemain de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri.

Croissance de 10,8 %  de l'activité d'emprunt
Dans ce contexte d'excès des liquidités, et à la lumière de la reprise progressive des économies de la région et de la bonne performance de l'économie nationale, l'activité d'emprunt a connu un essor important au cours des cinq premiers mois de l'année. Ainsi, les prêts bancaires accordés aux résidents et aux non-résidents ont augmenté de 3,1 milliards de dollars, passant de 28,4 milliards de dollars fin décembre 2009 à 31,4 milliards fin mai, soit une hausse de 10,8 %.
Concernant la distribution des prêts par devises, les prêts en livres ont augmenté de 981 millions de dollars entre décembre 2009 et mai 2010, une hausse 2,8 fois plus importante que celle enregistrée au cours de la même période de l'an dernier.
Quant aux prêts en devises, ils ont augmenté de 3,1 milliards de dollars, représentant 68 % de la croissance totale des prêts au cours des cinq premiers mois de l'année.
Notons que les prêts accordés aux non-résidents ont poursuivi leur hausse, à la faveur de la reprise économique à l'échelle régionale, augmentant de 602 millions de dollars, et représentant ainsi près du cinquième de la croissance globale des prêts. Les prêts accordés aux résidents ont, quant à eux, augmenté de 2,46 milliards de dollars, dans un contexte de croissance sur le plan local. 
Le secteur bancaire libanais continue de réaliser de solides performances, qui vont de pair avec l'essor économique actuel, comme en témoignent les chiffres récents sur l'évolution de l'activité du secteur au cours des cinq premiers mois de l'année.Celle-ci est mesurée par les actifs consolidés des banques opérant au Liban, qui ont augmenté de 4,7 % fin mai, à 120,7 milliards de dollars, contre 115,3 milliards de dollars fin décembre 2009 - une progression inférieure de 26,5 % à celle enregistrée l'an dernier, mais deux fois plus importante que celle observée au cours de la même période des huit années précédentes.Les dépôts, qui représentent près de...
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