Quatre mois après les législatives, qui n'ont donné à aucune formation la capacité de gouverner seule, les Irakiens attendent toujours de connaître le nom de leur prochain Premier ministre et la composition de leur exécutif. Le Parlement, qui en Irak élit notamment le Premier ministre, s'est brièvement réuni pour la première fois le 14 juin lors d'une session qui devait légalement demeurer ouverte un mois. Mais en l'absence d'accord entre les partis, les députés étaient dans l'incapacité de remplir leur mission avant la fin du délai légal, aujourd'hui.
« Les réunions entre les partis vont se poursuivre pour voir si les députés peuvent se réunir avant la fin des deux prochaines semaines », a précisé la source parlementaire. Le député Jamal al-Batikh, un responsable du Bloc irakien - sorti en tête du scrutin avec 91 sièges sur 325 -, s'est cependant montré pessimiste. « Le chemin est bloqué. Il n'y a pas d'accord entre les partis politiques au sujet des postes-clés », a-t-il dit en référence au poste de Premier ministre, à la présidence du Parlement et à celle de la République. Le chef de file du Bloc irakien, l'ex-chef du gouvernement Iyad Allawi, un chiite défendant la laïcité mais soutenu par les sunnites, avance son score aux élections (91 sièges) pour revendiquer le droit de former le nouvel exécutif. Face à lui, le Premier ministre sortant chiite Nouri al-Maliki, dont la liste de l'État de droit totalise 89 sièges, a forgé une coalition avec les partis religieux chiites de l'Alliance nationale irakienne (ANI - 70 députés) qui peut être majoritaire avec le soutien des Kurdes. Mais le maintien de M. Maliki à son poste ne fait pas consensus au sein même de cette alliance.
Washington a multiplié les initiatives diplomatiques à Bagdad pour débloquer la situation. Les États-Unis préféreraient en effet que leurs troupes de combat - qui doivent avoir quitté l'Irak le 1er septembre - laissent derrière elles un contexte politique apaisé, alors que la situation demeure instable sur le plan de la sécurité. De son côté, l'Arabie saoudite a exhorté hier les groupes politiques irakiens à hâter la formation de leur nouveau gouvernement pour consolider la stabilité et la sécurité de leur pays.


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