Les pèlerins chiites commémorant la mort de l’imam Moussa Kazim à Bagdad. Saad Shalash/Reuters
Le plus sanglant a fait 28 morts et 136 blessés quand un kamikaze s'est fait exploser mercredi soir à Azamiya (Nord), secteur sunnite par où passent de nombreux pèlerins en route vers le quartier chiite de Kazimiya, de l'autre côté du Tigre, où se trouve le mausolée de l'imam. Les célébrations du deuil de Moussa Kazim, mort empoisonné en prison en 799 sur ordre du calife abbasside Haroun al-Rachid selon la tradition chiite, culminaient mercredi soir.
Hier, les pèlerins, dont certains venus de l'étranger, tentaient de trouver des moyens de transport pour rentrer chez eux, générant de nouveaux attroupements visés par au moins cinq attentats. Au moins 11 personnes ont péri et 111 ont été blessées, selon des sources militaire et policière.
Un désordre total régnait dans certains quartiers, selon un journaliste de l'AFP. Des pèlerins à pied sous un soleil de plomb sollicitaient les automobilistes qui passaient, tandis que des camions de l'armée étaient réquisitionnés pour assurer le transport public.
En juillet 2009, les forces irakiennes s'étaient félicitées que ce pèlerinage annuel se soit alors déroulé sans attentat majeur. Il faisait figure de test de leur capacité d'accomplir leur mission moins de trois semaines seulement après le retrait des forces américaines des villes irakiennes.
Comme en 2009, de nombreux ponts et avenues de la capitale étaient cette année fermés à la circulation des voitures tandis qu'une surveillance aérienne était organisée et que vélos, motos et carrioles étaient interdits. Ce dispositif n'a cependant pas suffi à empêcher des attentats qui risquent d'éclabousser une classe politique engluée dans des tractations sans fin.
Plus de quatre mois après les deuxièmes législatives depuis 2003, aucun gouvernement n'a été formé et l'incertitude demeure sur le nom du prochain Premier ministre. De nombreuses voix se sont récemment élevées, à Bagdad comme à Washington, pour mettre en garde contre le risque que ce blocage faisait peser sur la sécurité du pays, en pleine phase de retrait des troupes américaines de combat. Car si les violences ont nettement diminué en Irak depuis le pic enregistré en 2006 et 2007, les groupes armés ont toujours la capacité de frapper fort.
De samedi à lundi, le vice-président américain Joe Biden est venu en personne faire pression sur les deux prétendants à la direction du gouvernement, le sortant Nouri al-Maliki et l'ex-Premier ministre Iyad Allawi. Il les a exhortés à mettre de côté leurs ambitions pour former au plus vite un gouvernement où toutes les communautés irakiennes seraient représentées, et ce pour éviter que le pays ne bascule dans de nouvelles violences confessionnelles. M. Biden a également promis que le calendrier de retrait des 27 500 troupes américaines de combat restantes serait respecté.
Le 1er septembre, le contingent américain sera de 50 000 militaires, contre 165 000 en 2007. Au terme de cette visite, aucun accord politique n'a été annoncé à Bagdad.

