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Culture - Exposition

Dali, Arman, Klein, Botero et les autres... au Metropolitan Club

Des Dali, Arman, Botero, Yves Klein, Niki de Saint Phalle, Damien Hirst ou encore Serge Mendjisky exposés à Beyrouth ! Oui, ne vous frottez pas les yeux. Un florilège d' « œuvres originales » de ces stars de l'art contemporain est présenté au Metropolitan Club* d'Achrafieh par la galerie suisse Bel-Air Fine Art, jusqu'au 11 juillet.

«Palazzi, Palazzi», de la série des «Reverspective» de Patrick Hughes.(Michel Sayegh)

Il semblerait que Beyrouth soit en train de récupérer sa place de plate-forme artistique de la région. Outre l'ouverture de deux grandes galeries au centre-ville ces derniers mois et l'inauguration du Beirut Exhibition Center - par la flamboyante rétrospective du Libano-Américain Nabil Nahas - et à quelques jours du lancement de la foire Menasart, voilà la capitale libanaise qui accueille une belle sélection d'œuvres de maîtres de l'art contemporain. Des sculptures de Dali, d'Yves Klein, de Niki de Saint Phalle, des dessins et aquarelles de Botero, des accumulations d'Arman, des mixed-medias de Damien Hirst (l'artiste vivant le plus cher au monde !) ou encore des huiles d'Alfonso Borghi, l'un des représentants majeurs de l'expressionnisme abstrait européen. Et l'on en passe...
Organisée par le marchand d'art helvète François Chabanian, en collaboration avec Electa Nohra, grande collectionneuse et cliente de la galerie Bel-Air, et placée sous le patronage de l'ambassade de Suisse, cette exposition de prestige présente donc, au Metropolitan Club, plus d'une centaine d'œuvres de 24 artistes contemporains de renommée internationale, jamais exposées jusqu'à ce jour à Beyrouth.
Évidemment, tous ne sont pas du calibre des pointures citées plus haut, mais on peut affirmer sans se tromper qu'à de rares exceptions près, la qualité des peintres, sculpteurs, plasticiens réunis dans cette exposition est de haut vol. La quantité des œuvres, par contre, aurait gagné à être réduite pour mieux mettre en valeur certaines pièces !
« L'idée était d'amener des artistes qui sont, chacun dans son domaine, au sommet de leur art », indique François Chabanian, qui signale avoir voulu « raconter un peu l'histoire de l'art contemporain, à travers la disposition dans les différentes salles du Metropolitan Club de la sélection présentée dans cette exposition ».
« Dans chaque salle - de cette ancienne maison libanaise rénovée - domine une couleur différente », précise le galeriste-curateur, qui a bien évidemment réservé le hall central aux pièces stars de sa collection, puis a réparti les autres œuvres dans les quatre salles adjacentes - plus ou moins - en fonction de leur style : pop art et néopop art, pur contemporain dans la lignée des grands mouvements comme le nouveau réalisme, contemporain classique et enfin zen.
Sur les 120 œuvres présentées, certaines ont une présence éclatante de par la renommée de leur créateur. À l'instar d'une série picturale de plantureux Botero, d'une Vénus aux tiroirs de Dali (sculpture en bronze de 76 x 66 cm (parmi six autres pièces du surréaliste catalan), d'une Terre bleue (sculpture pigments en résine synthétique) d'Yves Klein clairement identifiable par sa couleur éponyme ou encore de L'oiseau amoureux et hautement coloré (en résine peinte, 60 x 48 cm) de Niki de Saint Phalle. Par contre, les deux sculptures accumulations - l'une en tubes de peinture et plexiglas et l'autre aux encriers - du très grand Arman ou encore les Fun I et Fun II, deux compositions en mixed medias (25 x 15 x 7cm) autour du thème médical cher à Damien Hisrt ont moins de présence pour un œil non averti !

Perspective inversée
Ils se font donc voler la vedette par des pièces d'artistes moins célèbres mais plus impressionnantes ou plus ludiques. À l'instar des sympathiques Humanobiles, sculptures mouvantes en fil d'acier, du très prisé Magni ; des (néo) pop sculptures murales en métal peint de l'Américain David Kracov (qui, après avoir
remporté le premier prix d'un concours de peinture à l'âge de 12 ans, a été parmi les plus jeunes artistes à avoir une œuvre exposée au Musée des beaux-arts de Boston), ou encore - et surtout ! - des étourdissantes Reverspectives du Britannique Patrick Hughes. Lequel, au moyen d'une extraordinaire technique de perspective inversée à l'huile et collage photographique sur construction en bois, élabore des tableaux animés et changeant en fonction de l'angle de vue du spectateur.
Il faut signaler aussi les très belles sculptures du Français Stéphane Cipre réalisées dans différents matériaux à partir de lettres de l'alphabet de la figure ou de l'objet représenté. Une chaise sculptée avec le mot Chaise, un éléphant avec les lettres du mot Éléphant, idem pour la Liberty (statue de la Liberté) ou encore pour un Cow.
Dans un style totalement différent, les fruits (pomme, cerises, poire, prune) en bronze patiné, de manière traditionnelle, mais aux dégradés de couleurs criant de vérité, du sculpteur français hyperréaliste Mazel-Jalix, font écho aux toiles hyperréalistes d'un autre Français, Marc Tarascof, qui représente, lui, les rues de Paris ou de New York d'un pinceau qui se rapproche vertigineusement de l'instantané photographique.
Dans ce même registre des paysages urbains, mais recomposés cette fois, s'inscrivent les découpages photographiques marouflés sur très grandes toiles de Serge Mendjisky, 82 ans, « l'un des grands postimpressionnistes français, qui s'est fait connaître par ses tableaux pointillistes, avant de s'intéresser, il y a une dizaine d'années, à la photo en lui donnant une dimension picturale », indique le curateur de l'exposition. Qui offre, à travers ces différentes salles, beaucoup d'autres œuvres intéressantes. Dont quelques-unes traitant du drapeau libanais. On le retrouve, en effet, sous forme de sculpture-bonbon géant en altuglas, signée Laurence Jenkell, ainsi que dans une série de techniques mixtes sur toile de Sophie Petitpas. Cette artiste française qui a élu domicile à Miami, dont la démarche artistique se base sur les déclinaisons chromatiques des drapeaux nationaux, a réalisé spécialement pour cette exposition trois œuvres autour du drapeau libanais, dont une - vendue avant même le vernissage - incluant deux portraits de Rafic Hariri.
Une exposition bien évidemment à ne pas rater !

* Rue Trabaud. Horaires d'ouverture : tous les jours, jusqu'au 11 juillet, de 14h30 à 21h30.
Il semblerait que Beyrouth soit en train de récupérer sa place de plate-forme artistique de la région. Outre l'ouverture de deux grandes galeries au centre-ville ces derniers mois et l'inauguration du Beirut Exhibition Center - par la flamboyante rétrospective du Libano-Américain Nabil Nahas - et à quelques jours du lancement de la foire Menasart, voilà la capitale libanaise qui accueille une belle sélection d'œuvres de maîtres de l'art contemporain. Des sculptures de Dali, d'Yves Klein, de Niki de Saint Phalle, des dessins et aquarelles de Botero, des accumulations d'Arman, des mixed-medias de Damien Hirst (l'artiste vivant le plus cher au monde !) ou encore des huiles d'Alfonso Borghi, l'un des représentants majeurs de l'expressionnisme abstrait européen....
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