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Liban - Liban-Sud

Le Hezbollah durcit sa position au sujet de la Finul

À la suite d'un nouvel incident survenu samedi entre des soldats français de la Finul et des habitants de deux villages du Liban-Sud, le Hezbollah a accusé les forces internationales d'avoir transgressé les règles définies par la résolution 1701 du Conseil de sécurité.

Des soldats libanais récupérant un véhicule appartenant au contingent français de la Finul. Karamallah Daher/Reuters

Un porte-parole de la Finul, le lieutenant-colonel Naresh Bhatt, a indiqué que les incidents de samedi se sont produits après le blocage par des civils d'un véhicule de transport de troupes et d'un blindé léger près du village de Kabrikha.
Les civils ont commencé à jeter des pierres sur les véhicules. La patrouille a continué d'avancer mais a été entourée d'une foule de personnes qui ont dégonflé les pneus du véhicule, brisé les vitres en jetant des pierres et tenté de s'emparer des armes montées sur le blindé. Les Casques bleus ont alors tiré en l'air, a dit le porte-parole.
« Le chef de la patrouille de la Finul, qui était sorti du véhicule pour tenter de parler aux civils, a été molesté par certains membres de la foule et son arme a été dérobée. Il a été légèrement blessé au front », a-t-il précisé.
L'armée libanaise est intervenue pour rétablir le calme et récupérer les armes de la Finul.
De son côté, un porte-parole de l'armée libanaise a indiqué que des habitants du village de Touline ainsi que quelques résidents du village proche de Kabrikha ont attaqué une patrouille française avec des bâtons, des jets de pierres et d'œufs.
« Les citoyens ont désarmé les soldats et ont pris contrôle brièvement de leur véhicule avant que l'armée n'intervienne et ne les éloigne de la patrouille », a-t-il ajouté. « Les armes ont été remises à la Finul et l'incident est clos. »
Selon le porte-parole, les soldats français ont arrêté à Kabrikha un jeune homme qui les avait interpellés leur demandant ce qu'ils faisaient dans le village. Alors que la patrouille entrait dans la localité voisine de Touline, les habitants l'ont attaquée et ont récupéré le jeune homme des mains des soldats.
Selon le correspondant de l'AFP sur place, un soldat français était légèrement blessé à l'œil et à la tête, tandis qu'un jeune homme avait le visage ensanglanté. Les deux véhicules de la Finul portaient les traces des jets de pierres et d'œufs.
L'Agence nationale d'information (ANI) a rapporté que la patrouille française avait « heurté un véhicule et une moto » à Kabrikha, ce qui a provoqué les protestations des habitants des deux villages voisins.
Cet incident survient quelques jours après les réactions hostiles d'habitants du Sud contre un exercice ordinaire de la Finul, poussant la France notamment à exprimer son « incompréhension » et sa « préoccupation ».
Le coordinateur spécial de l'ONU pour le Liban, Michael Williams, avait déclaré jeudi à des journalistes qu'il y avait eu la semaine dernière plusieurs incidents dans le sud du Liban.
« Certains d'entre eux ont peut-être été quelque chose de spontané dans la rue, mais certains étaient à l'évidence orchestrés », avait-il dit.

Les critiques de Raad
À la suite de l'incident de samedi, la Finul a rappelé, par la voix de son porte-parole, la nécessité pour les autorités libanaises de garantir la sécurité et la liberté de mouvement des Casques bleus, au moment où le Hezbollah durcissait sa position à l'égard de la Force de l'ONU et en particulier, mais de façon implicite, du contingent français.
« La raison des malentendus qui se produisent entre nos parents au Liban-Sud et la Finul réside dans le fait que certaines unités de cette force ont transgressé les règles définies par la résolution 1701 », a ainsi déclaré hier le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad.
« Que certaines unités soient décidées à mettre en œuvre les politiques de leurs États en utilisant le label des Nations unies est la cause des malentendus et des problèmes qui se produisent », a-t-il ajouté.
« La Finul est une force d'appoint pour l'armée libanaise. Ce n'est pas une force mandataire et elle n'a pas tous les pouvoirs. Elle ne peut pas s'infiltrer dans les petites ruelles et sous les fenêtres des habitations où dorment de petits enfants », a-t-il dit.
Et de renchérir : « La Finul n'a pas une liberté de mouvement absolue. Elle doit se conformer à ce qui est prévu par la résolution 1701 et coordonner de façon permanente avec l'armée libanaise. »
« Nous ne sommes pas satisfaits du comportement de certaines unités. Nous ne voulons pas nuire aux bonnes relations entre la Finul et les gens, mais ces bonnes relations ne peuvent se maintenir que s'il y a un respect des dispositions de la 1701 », a-t-il encore dit.
Se faisant un peu plus précis dans ses critiques, M. Raad a ajouté : « Si un ministre des Affaires étrangères d'un pays membre de la Finul désire offrir une carte aux Israéliens, qu'il le fasse de son propre compte, pas sur le dos de nos parents. »
Allant dans le même sens, le député Ali Fayad, également du Hezbollah, a souligné qu'il existe « deux interprétations de la résolution 1701, l'une libanaise et l'autre israélienne ». « Nous ne permettrons pas que l'interprétation israélienne soit imposée aux Libanais », a-t-il dit.
Quant à l'ancien ministre Wi'am Wahhab, il a carrément opéré un lien pour la deuxième fois en l'espace de quelques jours entre le sort de la Finul et les décisions du Tribunal spécial pour le Liban. « Si le TSL devait prononcer un jugement susceptible de provoquer la discorde au Liban, la Finul serait en danger », a-t-il dit hier.
Ces critiques prennent toute leur signification à l'ombre du constat avancé dans certains milieux politiques, selon lesquels les incidents au Liban-Sud ne seraient pas étrangers au vote des sanctions contre l'Iran au Conseil de sécurité.
Quoi qu'il en soit, des sources citées par notre chroniqueur diplomatique Khalil Fleyhane affirment que la France ne se laissera pas secouer par les heurts qui se produisent au Liban-Sud entre ses soldats et les habitants et ne se retirera pas de la Finul.

L'intervention de Sleiman
Prenant l'affaire en main, le chef de l'État, Michel Sleiman, a convoqué hier au palais présidentiel de Baabda le ministre de l'Intérieur, Élias Murr, le commandant en chef de l'armée, le général Jean Kahwagi, et le chef des SR militaires, le brigadier Edmond Fadel.
Au cours de la réunion, l'accent a été mis sur « la nécessité de la présence de la Finul au Liban-Sud » et sur « le rôle qu'elle joue », de même que sur « l'attachement du Liban à la résolution 1701 », selon un communiqué de la présidence.
Les responsables réunis ont aussi insisté sur la nécessité de « prendre les mesures adéquates afin de renforcer la coordination et la coopération sur le terrain entre l'armée et la Finul, de consolider les rapports de cette dernière avec les habitants et de lui permettre de mener sa mission, et cela conformément aux règles établies après la parution de la résolution 1701 ».
Le chef de l'État a en outre demandé au ministre de l'Intérieur de poursuivre ses contacts afin d'empêcher toute réédition des incidents qui sont survenus.
D'autre part, M. Sleiman s'est concerté avec le président de la Chambre, Nabih Berry, sur la situation au Liban-Sud. Il a aussi reçu à Baabda M. Raad pour discuter avec lui de cette question.
Un porte-parole de la Finul, le lieutenant-colonel Naresh Bhatt, a indiqué que les incidents de samedi se sont produits après le blocage par des civils d'un véhicule de transport de troupes et d'un blindé léger près du village de Kabrikha.Les civils ont commencé à jeter des pierres sur les véhicules. La patrouille a continué d'avancer mais a été entourée d'une foule de personnes qui ont dégonflé les pneus du véhicule, brisé les vitres en jetant des pierres et tenté de s'emparer des armes montées sur le blindé. Les Casques bleus ont alors tiré en l'air, a dit le porte-parole.« Le chef de la patrouille de la Finul, qui était sorti du véhicule pour tenter de parler aux...
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