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Moyen Orient et Monde - Développement

La Chine met le cap sur l’Arctique

Le pôle Nord est une région riche en ressources naturelles et un passage donnant accès aux grands partenaires commerciaux de Pékin.

Le brise-glace chinois Xuelong. Photo AFP

Le brise-glace et navire scientifique chinois Xuelong devait mettre le cap sur l'Arctique, une région lointaine que la Chine lorgne discrètement mais avec un grand intérêt alors que ses glaces fondent. Le retrait de la banquise, dû au réchauffement climatique, devrait en effet libérer l'été des voies de navigation et donner accès à des ressources naturelles. La région pourrait être dépourvue de glace l'été en 2050-2060, voire plus tôt, selon les études. Pour ces raisons, l'Arctique fait l'objet de convoitises, et désaccords, chez les pays riverains : Russie, Norvège, États-Unis, Canada et Danemark. La Chine, elle, n'y possède pas le plus petit droit territorial. « Elle est dans une position très désavantagée dans cette compétition larvée autour du passage arctique et de ses ressources », souligne Ren Xianfang, de IHS Global Insight. Ce passage raccourcirait de 6 400 kilomètres la route Shanghai-Hambourg, par rapport au trajet via le détroit de Malacca et le canal de Suez, et éviterait les pirates du golfe d'Aden qui font exploser les coûts d'assurance, selon le Stockholm International Peace Research Institute (Sipri). Avec néanmoins de possibles écueils : la navigation entre les icebergs et les prétentions en matière de droits de passage des riverains.
Côté ressources, l'Arctique est riche de promesses, en eaux profondes, difficiles à exploiter, parfois près des côtes : jusqu'à 13 % du pétrole et 30 % du gaz naturel mondiaux non découverts, selon l'Institut de géophysique américain USGS.
« Les enjeux pour la Chine sont importants » dans le domaine logistique, pour l'accès à ses grands partenaires commerciaux que sont l'Amérique du Nord et l'Europe, et au plan des ressources car « on connaît l'appétit de la Chine pour de tels actifs à l'étranger », dit Mme Ren. « Devenue puissance mondiale, la Chine a davantage son mot à dire dans les affaires internationales et sera sans doute capable d'exercer cette influence pour dessiner le mécanisme de gouvernance mondial sur l'Arctique », ajoute-t-elle. Déjà observateur ad hoc du Conseil des États arctiques, elle a demandé à en être observateur permanent.
Pour l'heure, elle « ne veut pas être un challenger de l'ordre mondial et a une approche prudente et non agressive », dit Guo Peiqing, spécialiste de droit et politique polaires à l'Université de l'Océan de Chine, à Qingdao (Est). « Elle ne veut pas inquiéter et s'abstient d'avoir une politique arctique officielle », soulignait récemment Linda Jakobson, auteur de l'étude du Sipri. De plus, la Chine est assez respectueuse du principe de souveraineté nationale pour ne pas contester les droits territoriaux des États de l'Arctique, estime-t-elle. Cela ne l'empêche pas de prendre ses marques, notamment sur le terrain scientifique. Selon Guo, « la Chine a un vrai intérêt environnemental et scientifique pour cette région qui joue un grand rôle dans le climat chinois et le changement climatique ». De plus, « si l'on veut plus de privilèges, il faut davantage de recherche. Pour jouer un rôle plus important, (la Chine) doit montrer qu'elle est spécialisée dans la recherche arctique ». Depuis 1999, Pékin n'a installé dans l'Arctique qu'une station de recherche et y a mené trois expéditions, contre 26 en Antarctique (et trois stations) depuis 1984.
Cette nouvelle expédition est la quatrième du Xuelong, « Dragon des neiges », un ancien cargo ukrainien. Ainsi le gouvernement chinois a décidé de consacrer davantage de moyens aux pôles et dans les années à venir, Xuelong devrait être doté d'un petit frère, un brise-glace plus petit et hautement technologique.
Le brise-glace et navire scientifique chinois Xuelong devait mettre le cap sur l'Arctique, une région lointaine que la Chine lorgne discrètement mais avec un grand intérêt alors que ses glaces fondent. Le retrait de la banquise, dû au réchauffement climatique, devrait en effet libérer l'été des voies de navigation et donner accès à des ressources naturelles. La région pourrait être dépourvue de glace l'été en 2050-2060, voire plus tôt, selon les études. Pour ces raisons, l'Arctique fait l'objet de convoitises, et désaccords, chez les pays riverains : Russie, Norvège, États-Unis, Canada et Danemark. La Chine, elle, n'y possède pas le plus petit droit territorial. « Elle est...
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