Le brise-glace chinois Xuelong. Photo AFP
Côté ressources, l'Arctique est riche de promesses, en eaux profondes, difficiles à exploiter, parfois près des côtes : jusqu'à 13 % du pétrole et 30 % du gaz naturel mondiaux non découverts, selon l'Institut de géophysique américain USGS.
« Les enjeux pour la Chine sont importants » dans le domaine logistique, pour l'accès à ses grands partenaires commerciaux que sont l'Amérique du Nord et l'Europe, et au plan des ressources car « on connaît l'appétit de la Chine pour de tels actifs à l'étranger », dit Mme Ren. « Devenue puissance mondiale, la Chine a davantage son mot à dire dans les affaires internationales et sera sans doute capable d'exercer cette influence pour dessiner le mécanisme de gouvernance mondial sur l'Arctique », ajoute-t-elle. Déjà observateur ad hoc du Conseil des États arctiques, elle a demandé à en être observateur permanent.
Pour l'heure, elle « ne veut pas être un challenger de l'ordre mondial et a une approche prudente et non agressive », dit Guo Peiqing, spécialiste de droit et politique polaires à l'Université de l'Océan de Chine, à Qingdao (Est). « Elle ne veut pas inquiéter et s'abstient d'avoir une politique arctique officielle », soulignait récemment Linda Jakobson, auteur de l'étude du Sipri. De plus, la Chine est assez respectueuse du principe de souveraineté nationale pour ne pas contester les droits territoriaux des États de l'Arctique, estime-t-elle. Cela ne l'empêche pas de prendre ses marques, notamment sur le terrain scientifique. Selon Guo, « la Chine a un vrai intérêt environnemental et scientifique pour cette région qui joue un grand rôle dans le climat chinois et le changement climatique ». De plus, « si l'on veut plus de privilèges, il faut davantage de recherche. Pour jouer un rôle plus important, (la Chine) doit montrer qu'elle est spécialisée dans la recherche arctique ». Depuis 1999, Pékin n'a installé dans l'Arctique qu'une station de recherche et y a mené trois expéditions, contre 26 en Antarctique (et trois stations) depuis 1984.
Cette nouvelle expédition est la quatrième du Xuelong, « Dragon des neiges », un ancien cargo ukrainien. Ainsi le gouvernement chinois a décidé de consacrer davantage de moyens aux pôles et dans les années à venir, Xuelong devrait être doté d'un petit frère, un brise-glace plus petit et hautement technologique.


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