L'initiative a été rendue officiellement publique en novembre dernier. Un bureau, dirigé par May Abadie, a été mis en place à Beyrouth, un site Web (www.livelebanon.net) a été mis à la disposition des internautes et un ambassadeur de bonne volonté bien introduit dans les milieux de la diaspora libanaise a été nommé. Il s'agit de Ghaleb Farha, important entrepreneur dans les pays du Golfe. Sa mission est de présenter le projet aux Libanais de la diaspora à la recherche d'éventuels donateurs.
En l'espace de six mois, un financement a été trouvé pour une vingtaine de projets. Treize d'entre eux ont été achevés. Le reste est en cours d'achèvement.
Depuis lundi et pour trois jours consécutifs, LiveLebanon effectue des tournées dans diverses régions libanaises pour inaugurer et inspecter les projets entamés. Lundi, au Liban-Sud, à Marjeyoun exactement, l'école publique de la localité a été équipée du matériel essentiel pour les cours d'art et de sciences, l'hôpital gouvernemental de la ville a également reçu des équipements pour son service gastro. Et toujours dans la bande frontalière, à Rmeich, un terrain de foot a été construit.
Hier, dans le Akkar, des canaux d'irrigation à Aïn Yaacoub et à Tel Abbas el-Gharbi ont été inaugurés.
Aujourd'hui mercredi, l'équipe de LiveLebanon inaugurera deux projets dans la banlieue sud. Dans une école de Bourj Brajneh, les élèves sont divisés en deux groupes pour suivre les cours. Un groupe se rend à l'école l'avant-midi et un autre suit des cours en fin de matinée, et cela à cause des places limitées dans l'établissement. Comme l'école ne dispose pas de générateur, les élèves partaient tôt, surtout en hiver. Grâce à un don de LiveLebanon, un générateur a été acheté et des cours peuvent désormais être normalement dispensés. Un autre projet sera également inauguré aujourd'hui dans la banlieue sud de Beyrouth. Il s'agit d'une maternelle qui a été équipée et rénovée à l'école de Mreijé.
Ghaleb Farha : « Aller de l'avant »
« En six mois, nous avons achevé treize projets. Mais il faut prendre en compte que nous avions ralenti un peu nos activités durant les élections municipales et qu'il nous a fallu deux mois pour entamer vraiment le travail. Nous continuons à aller de l'avant », affirme Ghaleb Farha, ambassadeur de bonne volonté de LiveLebanon dans les pays du Golfe.
Ghaleb Farha, la soixantaine, est originaire de Marjeyoun. Armé d'un diplôme de gestion d'entreprises, il est parti il y a quarante ans aux Émirats arabes unis. Aujourd'hui, il est à la tête d'une entreprise spécialisée, notamment dans les finitions de projets de construction dans tous les pays du Golfe.
Profil parfait de l'émigré qui a réussi, Ghaleb Farha, qui menait une vie tranquille entre son travail, ses voyages et ses hobbies, se consacre depuis six mois à une seule mission : rassembler des fonds pour le Liban.
« Pour moi, c'est un honneur de servir le Liban de cette manière », dit-il d'emblée. « Quand j'ai été nommé par le PNUD ambassadeur de bonne volonté, j'ai vu comment procéder pour rassembler des fonds pour le Liban. Je n'ai pas organisé de dîners de gala, mais présenté plutôt le projet, au cours de réunions privées, aux membres de la diaspora, à des amis arabes du Liban et à des chefs d'entreprises multinationales », ajoute-t-il.
Ghaleb Farha ne veut pas avancer de chiffres sur les fonds collectés, mais il souligne qu'en l'espace de quelques mois la somme nécessaire à une vingtaine de projets a été rassemblée. Ces projets ont un coût maximal de 50 000 dollars chacun.
« Les Libanais de la diaspora ont très bien accueilli l'initiative. Il y a ceux qui ont contribué avec mille dollars et d'autres avec 50 000 dollars. Les émigrés tiennent à aider leur pays, mais ils veulent une structure fiable et transparente comme celle assurée par le PNUD pour les encourager. Ils veulent aussi des projets solides et concrets, comme ceux que l'organisme onusien leur a jusqu'à présent proposés », dit-il.
En fait, le PNUD a une panoplie de projets dans les régions. Et ces projets ne trouvent pas parfois de financement par le biais des donateurs traditionnels. Actuellement, au Liban, ce sont les émigrés qui ont commencé à financer ces projets. « Si l'émigré veut financer un projet que nous ne proposons pas, il peut soumettre une proposition et verser un don », explique M. Farha, en réponse à une question.
M. Farha continuera à travailler pour rassembler davantage de fonds, il œuvre également à trouver des partenariats avec des banques, des compagnies d'aviation et d'importantes institutions arabes. « Nous avons collecté des fonds, réalisé des projets en un temps record. Il faut garder le même rythme. Ces projets sont importants, ils influent sur le quotidien de toute une localité, voire une région. Le matériel remis à l'hôpital de Marjeyoun sera utile à 300 000 personnes et le terrain de foot de Rmeich sera utilisé par neuf villages », ajoute-t-il.
Appel à propositions
Hier, deux projets ont donc été inaugurés dans le Akkar. À Aïn Yaacoub, des canaux d'irrigation ont été construits en l'espace d'un mois et demi. Longs de 500 mètres, ces canaux sont utilisés par une soixantaine d'agriculteurs. Avant cette mise en place, l'eau de l'irrigation était conduite par des canaux en terre battue. La moitié se perdait dans le sol et les agriculteurs passaient plus de temps à irriguer leurs champs constitués principalement de plaqueminiers, les arbres qui donnent le kaki.
À Tal Abbas el-Gharbi, des canaux d'irrigation d'environ 200 mètres ont été restaurés. L'eau est distribuée à partir de ces canaux à plusieurs villages de la zone.
May Abadie, directrice du projet LiveLebanon, a mis l'accent, de son côté, sur un appel à propositions consistant à inviter les localités libanaises, et ce à travers les ONG, les municipalités et la société civile à soumettre leurs projets au PNUD afin qu'un financement leur soit trouvé. Les propositions devraient être soumises avant le 13 août prochain.
Elle a aussi évoqué un projet relatif aux volontaires. Cet été, de jeunes volontaires, chacun dans son village, s'adresseront aux émigrés libanais venus passer les vacances au pays pour leur présenter le projet LiveLebanon et les encourager à verser des fonds.
LiveLebanon a nommé deux nouveaux ambassadeurs de bonne volonté. Il s'agit de Nasser Hakim pour l'Amérique centrale et Bouran Bouery pour l'Europe occidentale. D'autres ambassadeurs, pour d'autres régions du monde, seront nommés ultérieurement.

