Le technicien français, dont le mandat à la tête de Bleus a pris fin en Afrique du Sud et qui interviendra en même temps que M. Escalettes (09h00 GMT), devra sans doute être plus explicite face aux députés, lui qui est passé maître dans l'art d'user de formules elliptiques devant la presse.
Au soir de l'élimination et de la défaite contre l'Afrique du Sud (2-1), Domenech s'était refusé à dresser un bilan de ses six années passées au poste de sélectionneur et surtout de la déroute historique de l'équipe de France durant la Coupe du monde 2010.
« C'est impossible de résumer comme ça, à chaud. Tout ce que je dis, je le répète, c'est une grande tristesse, un désarroi pour le public, le foot français. On est passé à côté. On est même surpris, on est dans la déception, pas dans l'explication. Les bilans, je vais les faire avec les dirigeants, le staff, les joueurs », avait-il indiqué.
À défaut de détailler les coulisses et les dessous de l'échec français, Domenech avait au contraire réussi à se faire une nouvelle fois remarquer en refusant de serrer la main du sélectionneur brésilien des Bafana Bafana Carlos Alberto Parreira.
Un geste qui n'avait pas rehaussé son image ni auprès de l'opinion ni auprès d'une classe politique déjà indignée par le comportement des joueurs français en dehors des terrains.
« Quand vous voyez hier à la fin du match que l'entraîneur de l'équipe de France ne serre pas la main de l'entraîneur adverse, moi je pense aux centaines de milliers d'éducateurs qui, tous les dimanches, expliquent aux joueurs du plus petit club amateur benjamin qu'on serre la main de son adversaire. Et ça, ce n'est pas possible ! » avait affirmé le ministre de l'Éducation et porte-parole du gouvernement Luc Chatel.
Mais au-delà de ces provocations dont lui seul a le secret, les députés voudront sans doute savoir comment Domenech a pu perdre tout contrôle et toute autorité sur ses joueurs à la suite de l'affaire Anelka. Rendait-il des comptes à la Fédération française de football ou bien l'équipe de France était vraiment un État dans l'État au sein de la FFF ?
Domenech avait déjà accablé les joueurs juste avant la rencontre contre l'Afrique du Sud en parlant de « stupidité sans nom » au sujet de la grève de l'entraînement décidée après l'exclusion de Nicolas Anelka. Poursuivra-t-il dans cette voie ou esquissera-t-il une sorte de mea culpa en reconnaissant sa part de responsabilité dans le fiasco et les errements de l'équipe de France depuis 2006 ?
Son audition, au lendemain de celle de la ministre des Sports Roselyne Bachelot, sera en tout cas le dernier acte de son action, six ans après son arrivée au poste de sélectionneur en juillet 2004.


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