Tout en indiquant qu'il existait au sein de l'Iran « un débat » interne actuellement sur la décision ou non de développer une bombe, M. Panetta a estimé que l'Iran « continuait de développer son savoir-faire, ainsi que sa capacité nucléaire ». « Ils continuent à travailler sur la conception des armes », a-t-il ajouté. « Cela soulève des inquiétudes quant à leurs intentions, jusqu'où ils veulent aller », a poursuivi le directeur de la CIA alors que jeudi le Congrès américain a adopté un projet de loi de sanctions contre l'Iran pour forcer Téhéran à abandonner ses ambitions nucléaires.
Interrogé sur les inquiétudes d'Israël, le chef de la CIA a indiqué que « du point de vue du renseignement », Israël et les États-Unis partageaient leurs informations sur l'évaluation de la capacité nucléaire iranienne. « Je pense qu'ils ont davantage le sentiment que la décision a été prise (par l'Iran) de fabriquer la bombe », a affirmé M. Panetta. « En même temps, ils savent que les sanctions vont avoir un impact », a-t-il assuré.
Les sanctions américaines que le président Barack Obama doit promulguer visent notamment à perturber l'approvisionnement en essence de Téhéran qui ne dispose pas de capacités de raffinage suffisantes. L'UE a également décidé à la mi-juin de sanctions visant le secteur sensible du raffinage du pétrole. Ces mesures européennes et américaines sont destinées à accompagner celles de la résolution adoptée début juin au Conseil de sécurité de l'ONU.
Évoquant les menaces terroristes, le patron de la CIA a cité la prolifération nucléaire : « J'ai des craintes quant à la prolifération nucléaire et qu'une de ces armes puisse tomber entre les mains d'un terroriste. » « Il y a beaucoup de ces matériaux en circulation et nous sommes préoccupés de savoir où ils atterrissent et entre les mains de qui. » M. Panetta a également évoqué la cybersécurité. « Nous sommes aujourd'hui dans un monde où la cyberguerre est une réalité. On peut menacer notre système électrique, on peut menacer notre système financier. Cela peut paralyser ce pays », a déclaré M. Panetta, ajoutant : « il faut qu'on y porte davantage attention. »
Concernant l'Afghanistan, M. Panetta a assuré que c'est « une rude bataille ». « Nous faisons des progrès. Mais (la guerre est) plus dure et plus lente qu'anticipé », a-t-il ajouté, quelques jours après la démission du chef des forces alliées sur place, le général Stanley McChrystal, et l'annonce de son remplacement par le général David Petraeus. Selon le journal britannique The Independent on Sunday, la démission du général McChrystal serait consécutive à un briefing lors duquel ce dernier a averti l'OTAN qu'il ne fallait attendre aucun progrès dans les six mois à venir, mettant ainsi en doute la possibilité d'entamer le retrait des troupes américaines dès juillet 2011.

