Le ministre irakien de l'Intérieur, Jawad Bolani, a imposé vendredi, quelques jours après des émeutes contre la pénurie d'électricité, de sévères restrictions à la liberté de manifestation, dans un contexte de blocage politique à Bagdad.
Le ministère a indiqué dans un communiqué que toute manifestation devait faire l'objet d'une demande 72 heures à l'avance, alors que quelques mesures ont été annoncées pour tenter d'apaiser la colère de la population.
"Les organisateurs de manifestations doivent demander une autorisation au ministère de l'Intérieur et au gouverneur de la province 72 heures avant le rassemblement et les manifestations doivent rester pacifiques et non-violentes", a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.
"L'entité qui demande la permission d'organiser une manifestation doit être connue" et préciser l'heure, l'itinéraire et le nombre de participants au rassemblement, a-t-il indiqué.
"Aucune arme à feu, même si leur propriétaire a un permis de port d'arme, ne sera autorisée", a-t-il poursuivi. "Si la manifestation devient violente, alors nous emploierons les méthodes connues pour disperser les manifestants".
Plusieurs villes, notamment dans le sud, où la température dépasse les 50 degrés, ont été ces derniers jours le théâtre de manifestations, parfois violentes, pour protester contre les coupures de courant et exiger la démission du ministre de l'Electricité Karim Wahid.
Samedi dernier, la police a tiré en l'air pour disperser des protestataires qui jetaient des pierres sur le siège du conseil provincial de Bassora (sud). Deux manifestants ont été tués.
Lundi, 17 policiers ont été blessés lors d'une manifestation à Nassiriya (sud).
Dans un sermon prononcé vendredi dans la ville sainte de Najaf (sud) lors de la principale prière de la semaine, une figure du clergé chiite, Sadr al-Din al-Qoubbanchi, a condamné la réponse policière aux manifestations.
De nombreux Irakiens ne sont alimentés en électricité qu'une heure sur cinq voire moins si bien que la climatisation ou la réfrigération sont un luxe réservé à ceux qui ont accès à leurs propres générateurs et au fuel.
Pour tenter de calmer la colère de la rue, le Premier ministre Nouri al-Maliki s'est résolu mercredi à accepter la démission de son ministre de l'Electricité, Karim Wahid, un indépendant considéré comme un proche du chef du gouvernement.
Il a également ajouté que le problème de l'électricité ne pourrait être réglé avant l'entrée en service de nouvelles centrales dans deux ans.
Vendredi, son ministre du Pétrole, Hussein Chahristani, qui a récupéré le portefeuille de M. Wahid, a annoncé une diminution de l'approvisionnement en électricité de certains responsables irakiens afin d'augmenter la part disponible pour les populations les moins aisées.
Il a aussi annoncé une hausse de la production de 250 mégawatts. L'Irak produisait jusqu'alors quotidiennement environ 8.000 mégawatts, alors que la demande avoisine actuellement les 14.000 mégawatts.
L'annonce des restrictions de la liberté de manifestation intervient dans un contexte politique tendu en Irak, où, près de quatre mois après les élections, les partis politiques ne se sont toujours pas mis d'accord sur la composition du prochain gouvernement.
Dans les années qui avaient suivi l'invasion de l'Irak en 2003, les responsables de la coalition dirigée par Washington avaient mis en avant le nouveau droit de manifester comme une des conquêtes majeures des Irakiens, après la chute de l'ex-président Saddam Hussein.
Le ministère a indiqué dans un communiqué que toute manifestation devait faire l'objet d'une demande 72 heures à l'avance, alors que quelques mesures ont été annoncées pour tenter d'apaiser la colère de la population.
"Les organisateurs de manifestations doivent demander une autorisation au ministère de l'Intérieur et au gouverneur de la province 72 heures avant le rassemblement et les manifestations doivent rester pacifiques et ...

