La main à la pâte, Freddy Khoury est heureux.
Freddy Khoury gère depuis 1995 sa société d'informatique Imaging Concept, spécialisée dans le développement de sites Internet, création de logos et autres identités visuelles. Pas besoin de changer de profession, le jeune homme aime beaucoup ce qu'il fait et l'affaire tourne bien. Pourtant, il y a quelques mois, il décide de se lancer dans une nouvelle aventure, parallèlement à son métier. Il a baptisé son projet Néo. Trois petites lettres pour un label lancé en catimini. Trois petites lettres pour quelque 70 recettes insolites qu'il aime bien qualifier de créations pâtissières. Néo pour nouveau, et pour Nelson, Edwin et Oliver, ses trois enfants...
La main à la... pâtisserie
« J'ai commencé à inventer des desserts après mon mariage, confie le pâtissier en herbe. Dans ma cuisine, j'adaptais des recettes et des essais. » Et surtout, il essayait de convertir sa femme qui n'était pas du tout « sucré » ! Avec, d'abord, un faible pour les muffins et autres desserts made in USA qui se faisaient alors rares sur notre marché, il s'amuse à les composer lui-même, à les revoir et à les personnaliser. Petit à petit, l'appétit venant en cuisinant puis en dégustant, la liste se fait plus longue, le travail plus recherché, les amis satisfaits. Freddy creuse discrètement sa niche parmi les grands pâtissiers de la ville, les professionnels du dessert, qui ont une réputation solide et leurs propres spécialités. « On parle toujours de la tarte à la mangue de X, du mille-feuille de Y. J'ai voulu proposer des desserts faits à base de produits naturels, qui soient de ma composition propre, adaptés au goût de la clientèle libanaise. » Moins de sucre, peut-être, plus de chocolat et de gingembre, parfois, on peut aimer le carrot cake, le cheese cake au citron. Préférer la version classique ou adorer le gâteau aux 24 étages, la barre de céréales, le mille-feuille vertical ou la tarte avec la menthe naturelle, tous les trois au chocolat, ou ne pas adhérer du tout, Freddy Khoury prend le risque de proposer sa gamme de desserts adaptés au goût de ces dames et de démarrer sans point de vente.
« Je tiens à garder ce côté artisanal dans l'attention portée à chaque pièce. J'ai encore, précise-t-il, les moyens de vérifier chaque pièce. Les commandes se font par téléphone ou sur Internet. La première fois, la cliente m'appelle M. Khoury. Je découvre ses goûts. La seconde fois, c'est M. Freddy et la troisième merci Freddy ! »
Dans son atelier de la rue Badaro d'où se dégagent les parfums de la production du jour, Freddy Khoury continue à expérimenter. « J'ai compris, dit-il, l'aspect chimique d'un dessert et de ses ingrédients, ses textures et l'importance de la précision. »
Aucune concession sur la qualité des produits utilisés, affirme-t-il, ni sur les prix. Le label veut déjà se placer parmi les grands ! Néo se construit un nom. Trois petites lettres et puis s'en vont... retrouver les cuisines.

