Raymond Domenech part sur ce terrible constat : les vice-champions du monde 2006 ont perdu tout crédit sur le terrain et en dehors. Lui-même a laissé une désastreuse dernière image en refusant de serrer la main de son homologue de l'Afrique du Sud, Carlos Alberto Parreira, à la fin du match. Puis en refusant avec dédain d'expliquer son geste juste après, malgré les questions pressantes des journalistes.
Parreira a ensuite expliqué que Domenech lui reprochait d'avoir dit du mal de l'équipe de France après sa qualification contre l'Éire, en novembre 2009. « Mais je ne m'en souviens pas du tout », a souri le Brésilien.
Comme en 2008, les Bleus quittent le Mondial au premier tour sans une victoire (comme au Mondial en 2002 également). À l'Euro 2008, le bilan était de 6 buts encaissés et 1 seul marqué, au Mondial il est de 4 encaissés et 1 seul marqué.
Quel est le trait d'union entre ces deux naufrages? Raymond Domenech, reconduit à son poste après la débâcle de l'Euro 2008. Ces deux échecs sont les siens. Il part sur un champ de ruines.
La fédération française est également au premier rang du banc des accusés et devra maintenant affronter un pays écœuré par son équipe nationale. Le gouvernement a promis du changement dans la gouvernance de cette institution. Une page va se tourner, sans doute avec fracas.
La risée du monde entier
Les joueurs vont goûter à l'opprobre. Après la « génération dorée » de 1998 et 2000, ils resteront comme la « génération pourrie », celle d'individualistes forcenés, de ceux qui insultent leur entraîneur ou souillent leur image durablement en faisant grève à l'entraînement, sans se rendre compte qu'ils sont la risée du monde entier.
Franck Ribéry, ex-enfant chéri d'un pays, se relèvera-t-il? Éclaboussé par l'affaire Zahia, il est apparu comme un des cadres de cette pauvre équipe de France en 2010, et son salaire mirobolant de 10 millions d'euros annuels que va lui verser la saison prochaine le Bayern risque de choquer.
Pour en revenir au dernier match des Bleus version Domenech, il rappelle étrangement la dernière rencontre de poule de l'Euro 2008 : les Français avaient rapidement perdu Ribéry sur blessure avant de concéder un penalty par Abidal, exclu sur l'action.
Cette fois, les Bleus ont perdu Gourcuff, exclu sévèrement dès la 26e minute. Avant cet évènement, ils étaient déjà menés 1 à 0 depuis la 20e minute, après une grosse erreur de LLoris. La messe semblait dite dès cet instant, avec extrême-onction pour les Bleus.
Que retenir d'autre de ce dernier match? Que Evra, capitaine et un des leaders des « grévistes milliardaires », avait été écarté au coup d'envoi, tout comme Malouda. Clichy et Alou Diarra - porteur du brassard - en avaient, eux, profité. Tout comme Gourcuff, le premier de la classe mal aimée des cadres, réhabilité.
Mais les six changements procédés par Domenech par rapport au match précédent ne pouvaient finalement rien changer. La fin de l'histoire était écrite. La lassitude d'un Mondial déjà perdu dans certaines têtes s'est sentie dès les premières foulées.
Le film du match fut triste. Lloris manqua sa sortie sur un corner et Khumalo ouvrit le score (1-0, 20e). Gourcuff fut exclu sévèrement pour un coup de coude involontaire (26e). Et les Bafana Bafana en profitèrent pour doubler le score par Mphela (2-0, 37e). Henry entra à la place de Cissé à la 55e. C'était sa 123e sélection, sa quatrième et dernière Coupe du monde. Malouda sauva l'honneur (2-1, 70e). Rideau sur une mauvaise pièce de boulevard.


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