Dans un document interne remis en mai au Congrès américain, BP estime que dans le cas d’un scénario catastrophe, jusqu’à 100 000 barils de pétrole par jour pourraient se déverser dans le golfe du Mexique. Sean Gardner/Reuters
La BBC cite dans ce reportage un expert en pétrole, le professeur Tad Patzek, qui estime qu'une telle situation est « inacceptable ». « Si vous avez la moindre preuve que ce bloc d'obturation ne fonctionne pas correctement, il faut le réparer par tous les moyens possibles », assure-t-il. Par ailleurs, des compagnies pétrolières ont contesté hier devant la justice la décision de l'administration américaine d'imposer un moratoire sur les forages en mer. Le groupe Hornbeck Offshore Services a été le premier à se plaindre de la décision des autorités américaines d'imposer un moratoire de six mois sur les forages en eaux profondes, arguant que des milliers d'employés allaient perdre leur gagne-pain. L'entreprise, qui a déposé une plainte au début du mois et a été rejointe depuis par plusieurs autres groupes du secteur, estime que la décision est « arbitraire, capricieuse » et qu'elle constitue « un abus de pouvoir ». Selon les avocats du gouvernement, la décision se « base sur la nécessité de garantir qu'aucun accident de forage ne puisse se produire à l'avenir ». À l'issue d'une rencontre entre le président Barack Obama et les dirigeants de BP la semaine dernière, BP a accepté de mettre 20 milliards de dollars de côté pour indemniser les victimes de la pollution. BP a aussi accepté de mettre en place un fonds de 100 millions de dollars pour les ouvriers du secteur du pétrole licenciés à la suite de la catastrophe. Mais malgré ces concessions, le groupe a rejeté deux demandes de l'administration américaine, a révélé le Wall Street Journal. BP a refusé de signer un chèque en blanc pour le nettoyage des côtes touchées par la pollution et « limité » sa responsabilité face aux ouvriers du secteur pétrolier.
Par ailleurs, dans un document interne remis en mai au Congrès américain, BP estime que dans le cas d'un scénario catastrophe, jusqu'à 100 000 barils de pétrole par jour pourraient se déverser dans le golfe du Mexique. Au moment où le document a été remis aux élus, BP estimait la fuite à 5 000 barils de pétrole par jour. « Soit ils mentent, soit ils sont extrêmement incompétents », s'est emporté le président démocrate de la sous-commission de l'Environnement à la Chambre des représentants, Edward Markey, en révélant deux pages du document. Selon les autorités américaines, le puits situé à 1 500 m de profondeur crache actuellement entre 35 000 et 60 000 barils par jour.


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