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Moyen Orient et Monde - Nucléaire

L’UE décide des sanctions plus sévères que celles de l’ONU contre l’Iran

Moscou « déçu » par les mesures unilatérales des Américains et des Européens.

Réunis en sommet à Bruxelles, les dirigeants européens ont détaillé une série de secteurs dans lesquels l’UE prendra de nouvelles mesures pour sanctionner Téhéran.Thierry Roge/Reuters

Les dirigeants de l'Union européenne ont décidé hier de prendre des sanctions contre l'Iran sur le nucléaire allant au-delà de celles décidées par l'ONU et visant notamment le secteur sensible du raffinage du pétrole. Réunis en sommet à Bruxelles, les dirigeants européens ont détaillé une série de secteurs dans lesquels l'UE prendra de nouvelles mesures pour sanctionner le manque de coopération de Téhéran sur son programme nucléaire civil, que les grandes puissances soupçonnent d'ambitions militaires. L'UE veut interdire de nouveaux investissements, transferts de technologies, équipements et services dans le secteur du pétrole et du gaz, en particulier liés aux techniques de raffinage et de liquéfaction du gaz. Il s'agit d'un point crucial pour l'Iran, riche en matières premières mais en manque de capacités de raffinage.
Dans le secteur du commerce, les mesures se focaliseront en particulier sur les produits sensibles susceptibles d'être détournés à des fins militaires et des restrictions supplémentaires en matière d'assurance du commerce. Les Européens proposent également, dans la ligne de ce que préconise l'ONU, de sanctionner la compagnie iranienne de fret maritime IRISL ou d'allonger la liste des personnes frappées de gel d'avoirs ou d'interdiction de visa aux membres des gardiens de la révolution. Le fret aérien et, dans le domaine financier, le gel d'avoirs de nouvelles banques iraniennes et des restrictions en matière de banque et d'assurance sont également cités. Le détail des mesures doit être défini en juillet par les ministres européens des Affaires étrangères.
Le gouvernement américain a annoncé mercredi qu'il mettait lui aussi en œuvre les nouvelles sanctions contre l'Iran décidées par l'ONU en allongeant sa liste noire des personnes physiques ou morales iraniennes dont les avoirs éventuels aux États-Unis sont gelés. Les mesures européennes et américaines sont destinées à accompagner celles de la résolution adoptée la semaine dernière au Conseil de sécurité de l'ONU.
Mais le choix des Européens et des Américains d'aller plus loin que l'ONU a été critiqué hier par Moscou. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, s'est dit « déçu » de ces mesures unilatérales, prévenant que cela pourrait affecter la coopération sur la crise du nucléaire.
Ce faisant, les États-Unis et l'UE ont cherché à se placer « au-dessus du Conseil de sécurité », a-t-il déploré, en prévenant que son pays pourrait en tirer des « conclusions » quant à sa future collaboration avec eux sur ce sujet.
Pour autant, les Européens ne ferment pas la porte aux négociations avec Téhéran. La chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, répète à l'envi qu'elle est prête à discuter directement avec l'Iran des questions nucléaires. Et hier à Bruxelles, le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos, dont le pays occupe la présidence tournante de l'UE, a une nouvelle fois répété que l'Union voulait « maintenir les options diplomatiques ».
Côté iranien, le ministre de la Défense, le général Ahmad Vahidi, cité par l'agence Fars, a affirmé que l'Iran ne sera pas affecté par les sanctions sur les ventes d'armes à Téhéran décidées par la résolution 1929.
« Les pays oppresseurs ont décidé d'imposer des sanctions sur les ventes d'armes à l'Iran : non seulement nous ne voulons pas acheter de telles armes, mais de plus nous pouvons les exporter », a déclaré le général Vahidi. La résolution 1929 adoptée le 9 juin interdit notamment la vente à l'Iran de huit nouveaux types d'armements lourds comme les chars de combat, les véhicules de combat, les artilleries lourdes, les avions de combat, les hélicoptères, les navires de guerre ainsi que les missiles et les systèmes de missile.
Les dirigeants de l'Union européenne ont décidé hier de prendre des sanctions contre l'Iran sur le nucléaire allant au-delà de celles décidées par l'ONU et visant notamment le secteur sensible du raffinage du pétrole. Réunis en sommet à Bruxelles, les dirigeants européens ont détaillé une série de secteurs dans lesquels l'UE prendra de nouvelles mesures pour sanctionner le manque de coopération de Téhéran sur son programme nucléaire civil, que les grandes puissances soupçonnent d'ambitions militaires. L'UE veut interdire de nouveaux investissements, transferts de technologies, équipements et services dans le secteur du pétrole et du gaz, en particulier liés aux techniques de raffinage...
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