De gauche à droite, le président de l’Espagne José Luis Rodriguez Zapatero, le président du Conseil européen Herman Van Rompuy et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, durant le sommet de l’UE hier à Bruxelles. Georges Gobet/AFP
Les chefs d'État et de gouvernement ont pris des engagements pour durcir le pacte de stabilité, qui encadre les politiques budgétaires de l'UE mais s'est révélé inopérant, la dette et les déficits européens ayant continué à grimper à des niveaux spectaculaires, a annoncé le président de l'UE. Concrètement, ils ont accepté de faire examiner au niveau européen à partir de 2011 leurs projets de budgets nationaux au printemps de chaque année, avant qu'ils ne soient adoptés par leurs Parlements. Une mesure qui reste controversée en Europe.
Ils ont aussi prévu la possibilité de créer de nouvelles sanctions « progressives » pour les mauvais élèves, ou a contrario « d'incitations » financières pour les bons élèves. Cela pourrait inclure la privation de certaines subventions européennes.
Les Européens restent en revanche divisés à l'égard d'une proposition germano-française visant à supprimer les droits de vote dans l'UE des pays budgétairement trop laxistes. Beaucoup estiment que cela nécessiterait une procédure trop lourde de changement de traité.
Pour rassurer sur la santé de leurs banques, les dirigeants sont par ailleurs tombés d'accord pour que les résultats des tests de solidité des établissements européens (« stress tests ») soient publiés d'ici à fin juillet afin de rassurer les marché inquiets. Actuellement, ils sont confidentiels.
Cette décision intervient surtout pour rassurer sur l'état du secteur bancaire espagnol, fragilisé par l'éclatement de la bulle immobilière dans le pays. Beaucoup redoutent que les comptes de nombreux établissements soient plombés par des prêts qui ne pourront jamais être remboursés.
Et les banques espagnoles éprouvent en outre des difficultés grandissantes à trouver de l'argent frais auprès des marchés.
Les dirigeants européens ont aussi cherché à rassurer sur la situation de l'Espagne. Le président français Nicolas Sarkozy a rejeté hier les inquiétudes, estimant qu'il n'y avait « pas de problème » avec ce pays.
M. Van Rompuy a indiqué de son côté que les dirigeants européens réunis à Bruxelles avaient « félicité » Madrid pour les mesures prises récemment pour réduire son déficit et réformer son économie. « Elles sont courageuses et devraient être efficaces », a-t-il dit.
La presse allemande et espagnole a pourtant fait état d'un plan en préparation pour apporter une aide financière à Madrid, dans le sillage de la Grèce.
Les dirigeants de l'UE sont par ailleurs tombés d'accord pour introduire des taxes sur les banques dans leurs pays, afin de leur faire payer une partie de la facture de la crise et d'alimenter des mécanismes d'assurance pour l'avenir.
Ils entendent aussi promouvoir l'idée d'une taxe mondiale sur les transactions financières, lors du sommet du G20 de Toronto la semaine prochaine, même si les chances d'accord sur ce point sont quasi nulles en raison de l'opposition de nombreux pays.


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