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Liban - En Toute Liberté

Politique de défense et stratégie de défense

« Si vous voulez la paix, préparez la guerre. » L'adage romain s'est vérifié à toutes les époques. Il y a une logique intrinsèque de la guerre, qu'il est nécessaire d'accepter, dans un monde constamment soumis à des rapports de force.
Ainsi, une stratégie de défense bien conçue voudrait que l'armée libanaise soit équipée de fusées sol-air. Mais cette arme est sans doute celle qu'il lui sera le plus difficile d'obtenir, puisqu'elle permettrait au Liban de faire échec à la suprématie aérienne absolue d'Israël. Il existe donc une « ligne rouge » stratégique qu'il nous est interdit de franchir. Le marché des armes est soumis à des restrictions qui rendent les guerres d'autant plus absurdes, qu'il faut les mener à armes inégales. Ainsi, malgré la puissance balistique que l'on attribue aujourd'hui à la Résistance, un équilibre de la terreur restera toujours, lui aussi, bien inégal.
Cela dit, et puisque la conférence nationale de dialogue tient aujourd'hui l'une de ses assises, faisons la nécessaire distinction entre une stratégie de défense et une politique de défense. Une stratégie de défense est faite pour défendre un territoire. Une politique de défense est faite pour défendre une nation et des valeurs. Et tandis qu'une stratégie de défense est, en dernière analyse, l'affaire des militaires, une politique de défense, dans une démocratie, est l'affaire de tous.
Le véritable débat est là. Le véritable débat n'est pas celui qui porte sur une stratégie de défense. Il réside plutôt dans la définition d'une politique de défense, qui, en fin de compte, suppose une définition de la vocation du Liban et de l'identité nationale que nous voulons défendre. C'est à ce niveau que se pose, probablement, la question de l'intégration du commandement de la Résistance aux forces régulières libanaises.
Deux traits, parmi d'autres, caractérisent le Liban. Géographiquement, c'est l'un des plus petits pays du monde, pour peu que l'on considère que cette superficie comme « définitive ». Il est en outre, par sa mosaïque confessionnelle, l'un des plus complexes. De ce fait, les contours d'une stratégie de défense ressortent d'eux-mêmes. Le Liban ne peut se battre seul contre Israël, et son combat ne doit pas provoquer son éclatement.
Certes, nul ne conteste qu'Israël doit être inscrit en tête de la liste des ennemis du Liban. Mais comme ne cesse de le répéter Walid Joumblatt, le Liban ne peut se battre seul contre l'État hébreu et faute d'une stratégie arabe commune, son intérêt stratégique est d'être indéfectiblement attaché à l'accord d'armistice de 1949.
Mais l'alternative à cet accord d'armistice, nous le savons tous, est purement rhétorique. Dans la situation actuelle, une stratégie arabe contre Israël est une vue de l'esprit, puisque l'Égypte et la Jordanie, pour ne citer que ces deux pays limitrophes d'Israël, ont conclu avec l'État hébreu des traités de paix.
Par ailleurs, la situation de mosaïque confessionnelle fait de la convivialité, dont la traduction en termes de sécurité est « paix civile », l'une de bases fondamentales du Liban, sinon la plus fondamentale. Après Israël, le principal ennemi du Liban, c'est donc tout ce qui menace cette convivialité, et le chef de l'État l'a compris mieux que quiconque, qui associe toujours, à l'ennemi du dehors, l'ennemi du dedans, le terrorisme. Avec les combats de Nahr el-Bared, le Liban a payé très cher une leçon qu'il ne doit jamais oublier.
Il va donc de soi qu'au Liban, aucune guerre ne doit être conduite au prix de la convivialité, et donc de la paix civile. C'est l'un des facteurs fondamentaux de toute politique de défense. Défendre le Liban, c'est défendre la convivialité, la paix civile, contre tout ce qui les menace.
Et qui dit convivialité dit modération, acceptation mutuelle, les unes des autres, des communautés qui forment le Liban. Si le Liban doit être fort, c'est aussi pour protéger cette modération contre ses grands ennemis : l'extrémisme, le fanatisme, l'intolérance religieuse, les tentations séparatistes. Le Liban doit être fort, mais pour pouvoir être modéré.
C'est que la convivialité, ce n'est pas seulement l'art de la médiation, c'est la médiation comme vérité. Certes, le Liban est aussi une assourdissante caisse de résonance, et nous en avons un exemple récent avec l'affaire des sanctions contre l'Iran. Mais il ne faut pas que cette vocation, dont la liberté d'expression est l'une des conditions, remette en cause son existence.
Une politique de défense consiste donc à armer le Liban, militairement d'abord, mais politiquement et culturellement aussi, contre tout ce qui menace non pas seulement son existence physique, mais surtout son identité profonde. Certes, dans l'histoire des nations, il est des séquences historiques malheureuses où le militaire prédomine. Toutefois, ces séquences inévitables doivent être aussi courtes que possible. Après tout, même une Tzipi Livni, après l'opération inaboutie de 2006, s'est laissé aller à dire que « tout ne saurait être obtenu par la violence ».
« Si vous voulez la paix, préparez la guerre. » L'adage romain s'est vérifié à toutes les époques. Il y a une logique intrinsèque de la guerre, qu'il est nécessaire d'accepter, dans un monde constamment soumis à des rapports de force.Ainsi, une stratégie de défense bien conçue voudrait que l'armée libanaise soit équipée de fusées sol-air. Mais cette arme est sans doute celle qu'il lui sera le plus difficile d'obtenir, puisqu'elle permettrait au Liban de faire échec à la suprématie aérienne absolue d'Israël. Il existe donc une « ligne rouge » stratégique qu'il nous est interdit de franchir. Le marché des armes est soumis à des restrictions...
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