Une enquête que nous avons menée récemment auprès d'une vingtaine de firmes multinationales françaises confirme la persistance des difficultés sur des marchés européens. Pour compenser l'absence de reprise économique en Europe, elles comptent désormais sur le développement rapide de leurs ventes en Asie. Pour certaines d'entre elles, ces marchés sont devenus les sources de croissance les plus importantes dans leur portefeuille d'activités. Mais comment développer les ventes sur des marchés lointains, alors qu'en temps de crise, ces mêmes entreprises doivent réduire leurs coûts ?
Le salut vient de cette même crise économique, qui continue à peser lourdement sur l'emploi en Europe. Les jeunes diplômés ont du mal à trouver un emploi intéressant à la hauteur de leurs compétences. De plus, leurs cursus d'études se sont internationalisés, traitent davantage de sujets comme le commerce international, la finance internationale... et incluent l'enseignement des langues vivantes. Aussi, la plupart des étudiants effectuent désormais une partie de leurs études dans des programmes d'échange à l'étranger. C'est bien connu : une fois qu'on a goûté aux délices du voyage et de la rencontre d'autres cultures, il n'y a plus de retour en arrière. Ainsi, en espérant trouver un emploi un peu plus stimulant que ce qui est proposé en Europe, nombre de jeunes partent vers des endroits comme Shanghai, Hong Kong, Bombay ou Singapour. Arrivés sur place, ils posent directement leur candidature auprès des filiales de ces multinationales qui se trouvent dans l'obligation de se développer rapidement sur les marchés asiatiques. Les firmes que nous avons interrogées confirment recevoir plusieurs candidatures de ce type par semaine. Alors, que font-elles de ces candidats jeunes, diplômés et mobiles ?
Les chefs d'entreprise en poste en Asie fournissent plusieurs bonnes raisons de donner une chance à ces jeunes pigeons voyageurs. D'abord, pour développer les affaires en Asie, il faut aller sur le terrain, en Chine, en Inde ou ailleurs, à la rencontre des clients potentiels. Il s'agit de quitter son confort quotidien. Et pour cela, les jeunes baroudeurs qui n'ont pas froid aux yeux sont les bienvenus. Puis, ils sont marqués par leur culture d'origine, française ou autre, ce qui est nécessaire sur des marchés asiatiques où les pratiques d'affaires sont parfois très éloignées du standard des firmes européennes. Car il y a aujourd'hui une vraie tendance à la responsabilité sociale d'entreprise (RSE) ; or, les chefs d'entreprise déclarent tous qu'avec des jeunes Européens, ils courent moins le risque que les limites acceptables soient franchies qu'avec des jeunes issus des cultures locales. Enfin, ces jeunes, qui sont arrivés par leurs propres moyens, sont généralement employés sur des contrats de travail aux conditions locales, plus quelques avantages supplémentaires, qui n'ont rien à voir avec les contrats confortables dont bénéficient les expatriés. La multinationale qui doit réduire ses coûts y trouve donc son compte.
Jeunes diplômés libanais, vous avez envie de voyage et d'expérience à l'étranger ? Ne vous trompez pas de direction. Partez à l'Est.
En coopération avec : l'ESA


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