Responsables universitaires, parents, professionnels et amis entourant la nouvelle « promotion » de médiateurs scolaires.
Dans un mot d'ouverture, le Pr René Chamussy s.j. a avoué avoir douté d'abord de la pertinence de l'initiative. « Ce n'est que peu à peu, lentement, que j'ai compris l'intérêt d'un tel engagement. Après tout, la violence est partout et il est bon de savoir comment se situer, comment parler, comment intervenir entre des jeunes qui se déchaînent et se déchirent », a-t-il dit.
Et d'ajouter : « C'est donc dans cette perspective que je me réjouis d'être ici et de pouvoir vous remettre ces attestations qui symbolisent votre capacité à construire la paix dans votre école, dans vos familles, au cœur de vos groupes d'amis. Et tout cela est important. Ce que vous avez appris en tant qu'enfants, je suis sûr que vous saurez le faire fructifier plus tard quand vous serez étudiants, professionnels, pères ou mères de famille. »
« Si nos politiciens savaient ce que vous avez appris, peut-être d'ailleurs le Liban pourrait-il mieux se porter, a conclu le recteur de l'USJ. Vous êtes maintenant des constructeurs de paix et je vous en félicite. Puissent beaucoup d'autres s'engager sur la voie que vous avez choisie. »
Affronter ses émotions
De son côté, Mme Johanna Hawari-Bourgély, directrice du Centre de médiation, a précisé que le projet est le fruit d'une rencontre. « Le chemin qui vous a amenés jusqu'ici n'était pas facile. Il était semé d'embûches. Vous avez dû, en premier lieu, affronter vos émotions, apprendre à les reconnaître, à les accepter et à les exprimer avec beaucoup de courage et de sincérité. Vous avez ensuite appris à regarder les autres, vos camarades, avec un autre regard, bienveillant et dénué de tout jugement. Vous avez passé avec succès l'étape de l'examen écrit et de l'entretien individuel qui vous ont valu d'être sélectionnés. Vous êtes dès à présent des élèves médiateurs, au service de vos camarades. De votre âge ou moins âgés. »
Mme Hawari-Bourgély a ensuite expliqué ce qu'est un médiateur en rappelant un extrait du Petit Prince de Saint-Exupéry : « Le petit prince, cherchant des amis, demande au renard : qu'est-ce que signifie " apprivoiser " ? C'est une chose trop oubliée, dit le renard, ça signifie créer des liens. »
Et la directrice du Centre de préciser : « Être médiateur, c'est créer des liens entre vous, les entretenir et les enrichir tous les jours. C'est aider les autres à prendre conscience qu'ils sont uniques. Être médiateur, c'est agir avec son cœur car l'essentiel est invisible pour les yeux. »
Du jugement à la compréhension
Pour sa part, Sr Hélène Richa, directrice du Collège des Saint-Cœurs, a souligné : « Dans notre société, les désaccords, les conflits, sont de plus en plus courants, et les solutions d'autorité proposées sont de moins en moins tolérées, d'où le recours à la médiation. Adopter la médiation scolaire à Sioufi est une pratique en rapport étroit avec l'esprit de notre projet éducatif qui consiste à "former l'homme, tout homme et tout l'homme". » Former nos jeunes à la médiation leur permet de devenir acteurs dans la gestion des conflits, de passer du jugement à la compréhension, de l'indifférence à l'écoute, et de la dispute à la discussion. C'est les former à renoncer à l'usage de la force et de la violence et à appréhender les raisons de l'autre. Ce nouveau mode de résolution des conflits fait appel à la responsabilisation des différents acteurs : élèves, enseignants, direction mais aussi parents. À travers ce processus, nous visons tous la réalisation de deux objectifs : la réussite scolaire des élèves et leur socialisation par une éducation à la citoyenneté et à la culture de la paix. »


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve
À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir