D’après une enquête réalisée en 2005 par l’OMS, 60 % des Libanais de 13 à 15 ans fument des cigarettes, le narguilé ou des cigares, le taux le plus élevé de la région.Patrick Baz/AFP
L'Égypte, le plus peuplé des pays arabes où la chicha (nom local de la pipe à eau) est aussi ancrée dans les habitudes que dans le reste de la région, a annoncé jeudi son intention de faire d'Alexandrie sa « première ville sans tabac », dans l'espoir de donner l'exemple au reste du pays. Selon une enquête publiée en janvier par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autorités égyptiennes, près de 40 % des hommes adultes égyptiens fument - dont 95 % tous les jours - et pas moins de 70 % des Égyptiens interrogés sont exposés au tabagisme passif, chez eux ou sur leur lieu de travail. Il existe pourtant une loi interdisant notamment de fumer dans les bâtiments publics et les hôpitaux, mais elle est allègrement et quotidiennement violée. Dans ce pays, où 40 % de la population vit autour du seuil de pauvreté, les fumeurs dépensent 6 % de leurs revenus en cigarettes, chicha ou, phénomène récent, en tabac à mâcher.
Ces derniers mois, la Jordanie, la Syrie et les Émirats arabes unis ont adopté des législations similaires. En janvier, le président émirati cheikh Khalifa ben Zayed al-Nahyane a promulgué une loi interdisant « de fumer dans les transports en commun et les lieux publics fermés ». L'interdiction n'est pas encore entièrement appliquée, selon l'agence officielle WAM, mais « les bâtiments appartenant à l'État tels que les écoles, les universités, les hôpitaux, les théâtres et les centres sportifs devront se conformer à l'interdiction totale de fumer dans un avenir très proche ». Dubaï avait déjà commencé en 2007 à interdire la cigarette dans les lieux publics.
En Syrie, où près de 60 % des hommes et 23 % des femmes fument, une loi antitabac est entrée en vigueur en avril. Les contrevenants risquent une amende allant de 45 à 870 dollars et jusqu'à deux ans de prison. Les autorités ont d'autant plus conscience du problème qu'un fumeur syrien dépense 8 % de son revenu annuel en tabac selon la Société générale pour le tabac, une société publique chargée des différentes activités du secteur.
La Jordanie a elle aussi interdit la cigarette dans les lieux publics le 25 mai. Le ministère jordanien de la Santé a assuré qu'il serait strict : des inspecteurs effectueront ainsi des visites surprises dans les ministères et les lieux publics.
Certains pays restent toutefois à la traîne. Au Liban, où le prix des cigarettes est très bas (le paquet d'américaines coûte 1,45 dollar), un projet de loi antitabac est toujours à l'étude et si le pays a signé la convention-cadre de l'OMS pour la lutte contre le tabagisme en 2005, il n'a toujours pas ratifié le document. D'après une enquête réalisée en 2005 par l'OMS, 60 % des Libanais de 13 à 15 ans fument des cigarettes, le narguilé ou des cigares, le taux le plus élevé de la région. Certains bars ont tenté l'expérience de soirées « non fumeurs », mais ce genre d'initiative reste timide.
Quant à l'Irak, il n'y existe aucune législation antitabac. L'écrasante majorité des endroits sont fumeurs : restaurants, hôtels, ascenseurs et hôpitaux. Exception notable, à l'hôpital de cardiologie Ibn Bittar de Bagdad, les gardes confisquent les paquets de cigarettes à l'entrée, sur ordre du ministère de la Santé.


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve