Venu à Shanghai visiter le site de l’Exposition universelle, Mahmoud Ahmadinejad n’a apparemment pas eu d’entretiens avec les dirigeants chinois. La Chine a voté, mercredi, un nouveau train de sanctions contre l’Iran. D’arcy Doran/AFP
Le président américain Barack Obama a « fait une grave erreur » et « va très bientôt comprendre qu'il n'a pas fait le bon choix et a bloqué la voie des relations amicales avec le peuple iranien », a-t-il déclaré. Les États-Unis se sont activés pendant des mois pour faire voter la résolution en obtenant finalement le soutien des deux pays les plus rétifs à des sanctions : la Chine et la Russie. Mais Israël « ne survivra pas, il est condamné », a-t-il lancé. « La période d'intimidation et de coercition est révolue », a ajouté Mahmoud Ahmadinejad lors d'une conférence de presse. « Nous avons toujours dit que le Conseil de sécurité de l'ONU est un instrument entre les mains des États-Unis. Ce n'est pas démocratique, c'est un instrument dictatorial », a-t-il poursuivi. Ces sanctions avaient déjà été jugées « bonnes pour la poubelle » par M. Ahmadinejad.
Le président iranien, à qui l'on demandait s'il en voulait à la Chine de s'être associée aux sanctions, a répondu que l'Iran « n'a pas de problème avec les (pays) autres » que les États-Unis et souligné que Pékin prônait encore « la diplomatie ». Lors de sa visite à Shanghai, M. Ahmadinejad n'a toutefois apparemment pas eu d'entretiens avec les dirigeants chinois. Jeudi, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique Ali Akbar Salehi avait critiqué Pékin sur un ton inhabituel à l'égard de cet allié qui est son premier partenaire commercial et économique. « Je suis surpris par la Chine » qui « accepte la domination » américaine, avait déclaré M. Salehi, avertissant que cette « attitude aura certainement des conséquences dans le monde musulman ». La Chine a immédiatement répondu, par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères Qin Gang, qu'elle « attache une grande importance à ses relations avec l'Iran ». « La Russie et la Chine ont évidemment défendu une approche basée sur la diplomatie, mais elles ont été mises sous pression par les États-Unis », a déclaré, plus conciliant, Javad Larijani.
Une bombe atomique d'ici un à trois ans
Dans un premier tournant majeur intervenu après les nouvelles sanctions de l'ONU, la Russie a néanmoins gelé la vente controversée de missiles sophistiqués S-300 à l'Iran. Une décision qui avait filtré en début de journée et a été confirmée par le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, en visite hier à Paris, a rapporté la présidence française hier soir. Nicolas Sarkozy a aussitôt « félicité » M. Poutine pour cette décision, soulignant que « dans le contexte actuel, livrer des missiles à l'Iran aurait été quelque chose de très difficile à justifier », a ajouté l'Élysée à l'issue d'une rencontre entre les deux dirigeants. Plus tôt dans la journée, une source au sein du Kremlin a indiqué que les S-300 tombaient « sous le coup des sanctions » de l'ONU et que, par conséquent, « ce type d'armement ne pouvait être livré à l'Iran ». Depuis l'adoption de la résolution de l'ONU interdisant notamment la vente à l'Iran de certains armements lourds, la Russie doit s'abstenir de fournir à l'Iran ce système de missiles sol-air qui permettrait à Téhéran de défendre efficacement ses installations nucléaires, a renchéri le chef du comité des Affaires étrangères de la Chambre basse du Parlement russe (Douma), Konstantin Kossatchev. En raison de la « complexité » des mesures contenues dans cette résolution, le président russe, Dmitri Medvedev, a ordonné aux autorités russes d'établir une liste de toutes les armes interdites de vente à l'Iran, a encore indiqué hier le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. Par ailleurs, les sanctions de l'ONU empêchent l'Iran de rejoindre l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui regroupe la Russie, la Chine et des pays d'Asie centrale, a ajouté M. Lavrov à Tachkent, capitale de l'Ouzbékistan, à l'issue d'un sommet de l'OCS, considérée par certains analystes comme un contre-poids à l'OTAN en Asie centrale.
Côté américain, le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a indiqué, hier, que l'Iran pourrait être en mesure d'avoir assez d'uranium enrichi pour se doter d'une bombe atomique d'ici un à trois ans, selon des estimations des services de renseignements.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef