Rafael Nadal a dû batailler pendant trois sets serrés contre son compatriote Nicolas Almagro, battu 7-6 (7/2), 7-6 (7/3), 6-4, pour se qualifier pour le dernier carré de Roland-Garros.Le Majorquin, tout en jouant un tennis solide, n’a pas outrageusement dominé les débats du fond du court. C’est surtout grâce à l’ascendant mental qu’il possède sur tous ses compatriotes qu’il a fait la décision dans les deux tie-breaks.Thierry Roge/Reuters
Sérieux à défaut d'être brillant, le Majorquin se faisait pourtant peur d'entrée en laissant s'échapper son compatriote dès son premier jeu de service, avant de totalement déjouer sur ses attaques de coups droits (3/0). Dominé, Nadal revenait malgré tout dans la rencontre assez facilement et retrouvait des couleurs en coup droit pour égaliser (3/3). Un bras de fer s'engageait alors jusqu'au jeu décisif où Almagro finissait par plier sur un énorme revers croisé du numéro 2 mondial (7/6).
Victoire au finish
Dominateur mais pas récompensé, le natif de Murcie ne baissait pas de rythme au deuxième set. Les jeux de service se succédaient sur un rythme étrange, avant qu'Almagro ne se procure la première balle de break du set, sa deuxième de la partie, à 4/4. Nadal en profitait pour se réveiller et placer son premier service volée de la rencontre. Le bras de fer pouvait alors reprendre, et le 21e joueur mondial allait une nouvelle fois craquer dans le jeu décisif du deuxième set (7/6).
Terriblement accrocheur, il obligeait « Rafa » a sortir une défense incroyable pour pouvoir s'en sortir.
Le duel recommençait de plus belle dans la troisième manche jusqu'à 4/4 et un énorme passage à vide d'Almagro. Victime de son mental, il encaissait un jeu blanc et offrait à Nadal la possibilité de servir pour s'offrir ce quart de finale. Toujours accrocheur, il sauvait la première balle de match d'un magnifique revers long de ligne, avant de s'incliner sur la seconde, sans avoir grand chose à se reprocher... Dominateur non récompensé, Nicolas Almagro laissait filer son compatriote en demi-finale où il retrouvera le surprenant Jürgen Melzer.
Un jeu en place...
L'Autrichien était un peu l'invité surprise de ces quarts de finale, mais au vu de ses prestations face à Ferrer et Gabashvili, il avait de quoi nourrir de belles ambitions et il a réalisé l'exploit. À l'image des tours précédents, Novak Djokovic a de nouveau rendu une copie très laborieuse.
Pourtant, le début de match était quasiment à sens unique tellement le Serbe survolait les débats. Le premier set donnait lieu à un combat en fond de court qui tournait souvent à l'avantage du n° 3 mondial. S'il ne parvenait pas à faire la différence d'entrée, il restait patient et s'emparait du service adverse au meilleur moment (5/3).
Il concluait sur un ace et prenait les devants dans le match (6/3). Le 2e acte était un remake du 1er à une variante près. Le Belgradois breakait en début de set (2/1) et multipliait les amorties qui faisaient très mal à Melzer. Le Serbe pouvait dérouler tranquillement avant de conclure sur un smash parfait et se diriger vers les demi-finales en à peine 1h10 de jeu (6/3 6/2). Sur sa lancée et en confiance, le Serbe breakait d'entrée de 3e set et le court Susan Lenglen pensait qu'il allait conclure en fanfare. Oui mais voilà.
...Jusqu'à ce que la machine s'enraye
Comme souvent lors de ses dernières sorties, Novak Djokovic se laissait déconcentrer et remettait son adversaire sur les rails. Bien aidé par les 19 fautes directes et le service du Serbe qui fonctionnait par intermittence, la tête de série n°22 débreakait (2/2) avant d'engranger encore 4 jeux d'affilée et s'adjuger la manche (6/2). Alors que Melzer serrait le point sur chaque échange, le « Djoker » multipliait les gestes d'humeur.
Lancé dans un quatrième set alors que le match lui semblait promis à 2 sets 0 et break dans le 3e, il s'accrochait malgré un regain de forme de l'autre côté du filet. Au 8e jeu, Djokovic devait s'employer pour sauver pas moins de 7 balles de break (!) et batailler 20 minutes (!) pour rester au contact d'un Melzer insolent de réussite. À l'image de ce tie-break incroyable où l'Autrichien écœurait littéralement un Djokovic en perdition. Il se procurait 6 balles de set et concluait sur la quatrième (7/6).
La dernière manche était pour le moins indécise entre deux joueurs qui tenaient parfaitement leurs mises en jeu jusqu'à ce fameux 9e jeu à 4-4. Moment choisi par l'Autrichien pour serrer le jeu et profiter des fautes de son adversaire.
Melzer obtenait un break salvateur qu'il confirmait sur sa 3e balle de match. C'est la première fois que le numéro 22 mondial atteint les demi-finale d'un grand chelem.

