Rechercher
Rechercher

Liban - L’Éclairage

Les développements régionaux au centre des tiraillements internes

Les événements se précipitent dans la région, avec impact immédiat sur la scène libanaise. La tension a haussé de plusieurs crans avec l'histoire de la flottille de la liberté. Israël, placé dans une situation pour le moins dérangeante, pourrait se réfugier dans une dangereuse fuite en avant.
D'autant que ses relations avec la Turquie, dont l'influence croît de jour en jour, sont désormais des plus tendues. Au point que les relations diplomatiques viennent d'être rompues, à cause de l'affaire de la flottille. Or dans les phases précédentes, la Turquie était pour Israël un partenaire aussi bien militaire, avec manœuvres communes, que diplomatique, Ankara servant de trait d'union avec la Syrie, de go-between, au sujet du Golan.
Mais le dossier qui pèse le plus sur la scène interne libanaise reste évidemment celui des nouvelles sanctions que le Conseil de sécurité de l'ONU va adopter contre l'Iran, à cause du nucléaire. On sait, en effet, que l'Iran c'est, en raccourci, le Hezbollah. Tous deux ennemis jurés d'Israël qui les a donc dans son collimateur. Et qui pourrait les attaquer à tout moment, s'il juge pouvoir ainsi se dépatouiller de la crise de l'aide humanitaire par bateaux à Gaza.
Par chance, la présidence libanaise du Conseil de sécurité vient de se terminer. Ce ne sera donc pas Nawaf Salam qui devra rendre publique la prochaine volée de sanctions contre l'Iran. Et le Liban s'évite les foudres de Téhéran. En principe, le Liban estime, comme la Syrie et la Turquie, que la charge contre l'Iran, d'autant plus marquée que cette fois elle recueille le soutien de la Russie, est inappropriée. Qu'il vaut mieux continuer à négocier. Mais, d'autre part, le Liban représente toujours au Conseil de sécurité l'ensemble des membres de la Ligue arabe qui, dans leur écrasante majorité, souhaitent les sanctions.
Que faire ? Pour le moment, les officiels libanais multiplient les concertations avec les Arabes. Pour leur confirmer que le Liban ne prendrait pas unilatéralement, en votant contre les sanctions, une position qu'ils n'agréeraient pas. En même temps, en tant qu'État souverain, le Liban ne voterait sans doute pas les sanctions. L'abstention apparaît donc, au stade actuel, comme le choix le plus vraisemblable.
Répétons-le : pour le moment, le Liban profite du temps mort diplomatique. Interrogé sur les sanctions lors de sa visite en Amérique, Saad Hariri a répondu que personne n'avait encore saisi Beyrouth de la question, et qu'une décision ne serait prise que lorsque cela serait fait. Au bout des concertations interarabes qui se poursuivent toujours.
Un problème que des sources ministérielles soulignent : concernant les sanctions, le Hezbollah et le 8 Mars vont, presque à coup sûr, exercer une pression maximale sur le gouvernement pour que le Liban vote contre et ne se réfugie pas dans l'abstention. Sa voix pourrait, en effet, être importante, voire décisive, puisque toute décision doit être prise, au Conseil de sécurité, par une majorité d'au moins 9 suffrages sur 15. Or les prises de position des membres appartenant au tiers-monde ne sont pas encore claires et, à ce jour, les Occidentaux ne sont pas assurés de l'emporter.
Les petits ruisseaux font les grandes rivières : selon ces sources ministérielles, les pneus brûlés par des sud-banlieusards pour couper l'accès à l'aéroport, sous prétexte de protestation contre la pénurie d'électricité, étaient en fait un message adressé à Hariri. Pour lui signifier, à son retour à Beyrouth, qu'il ne devrait pas s'opposer à une décision libanaise de voter contre les sanctions. Un avertissement de violence bien dosée, pour rappeler un certain 7 mai au chef du Courant du futur. Soumis à une pression supplémentaire du fait de la décision de la CGTL d'organiser le 17 juin une journée de grève générale. Avec manifestations à l'appui.
Du côté de la majorité, on répète qu'il est du devoir du pouvoir de tenir le Liban à l'écart des conflits régionaux et internationaux où son intérêt propre n'entre pas en jeu. Les loyalistes estiment donc que le Liban doit s'abstenir lors du vote sur les sanctions. Ils soulignent que l'État, foyer commun, n'a pas le droit de prendre parti pour une fraction contre l'autre. Il ne peut, donc, voter ni pour les sanctions, comme une frange des Libanais le souhaite, ni contre. D'autant que le principe de solidarité ne joue pas, puisque aucun pays arabe n'est en cause. Sans compter que la cible, l'Iran, est pour le moins critiquée pour ses immixtions sur la scène libanaise, via le Hezbollah, et pour ses fournitures d'armes à ce parti.
En pratique, la vraie question reste de savoir ce que la Syrie va demander au Liban. Le sujet des sanctions, indiquent des sources informées, a été discuté hier entre Assad et Hariri. Damas pourrait convenir qu'il vaut mieux laisser le Liban s'abstenir, pour qu'il ne plonge pas dans une crise grave.
Les événements se précipitent dans la région, avec impact immédiat sur la scène libanaise. La tension a haussé de plusieurs crans avec l'histoire de la flottille de la liberté. Israël, placé dans une situation pour le moins dérangeante, pourrait se réfugier dans une dangereuse fuite en avant.D'autant que ses relations avec la Turquie, dont l'influence croît de jour en jour, sont désormais des plus tendues. Au point que les relations diplomatiques viennent d'être rompues, à cause de l'affaire de la flottille. Or dans les phases précédentes, la Turquie était pour Israël un partenaire aussi bien militaire, avec manœuvres communes, que diplomatique, Ankara servant de trait d'union avec la Syrie, de...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut