À l'issue d'une audience avec le grand ayatollah Ali Sistani dans la ville sainte chiite de Najaf, le Premier ministre sortant a souligné que son alliance, baptisée État de droit, arrivée en seconde position aux législatives, maintenait sa candidature. L'État de droit cherche à conclure une coalition avec l'Alliance nationale irakienne (ANI), l'autre grand mouvement chiite, arrivée troisième, afin d'écarter du pouvoir le groupe laïc Irakia de l'ancien Premier ministre Iyad Allaoui, arrivé en tête avec deux sièges d'avance, notamment grâce à l'électorat sunnite. Les espoirs de M. Maliki de marginaliser M. Allaoui, lui-même chiite, et ses alliés sunnites se heurtent à l'hostilité à son égard d'une des composantes majeures de l'ANI, le courant du jeune imam radical Moqtada Sadr, dont le Premier ministre avait brutalement mis au pas en 2008 les miliciens armés.
Après son entrevue avec M. Sistani, chef spirituel de la communauté chiite irakienne, M. Maliki a exclu un compromis de l'État de droit sur sa candidature pour diriger une coalition chiite à laquelle il manquerait encore quatre sièges pour réunir une majorité absolue. « L'État de droit insiste sur son candidat », a-t-il martelé en assurant que les deux principaux blocs chiites étaient proches d'un accord sur l'appellation de leur future alliance, qui deviendrait le premier bloc parlementaire, lui permettant ainsi de dénier à M. Allaoui le droit de former le gouvernement en tant que leader du parti en tête. M. Allaoui a mis en garde contre les risques de réactivation des affrontements intercommunautaires que le pays avait connus dans les années 2006-2007, au cas où la coalition laïque et multiconfessionnelle qu'il conduit serait tenue à l'écart du pouvoir par un front chiite.
Le Parlement doit tenir sa session inaugurale dans les 15 jours de la proclamation par la Cour suprême des résultats définitifs et officiels du scrutin du 7 mars, mais celle-ci se fait toujours attendre.

