Cent mille Nord-Coréens ont manifesté, hier, place Kim Il-sung contre Séoul. Photo Reuters
Des mots d'ordre inscrits à la peinture sur les lieux du rassemblement ont qualifié de traître le président sud-coréen Lee Myung-bak. Choe Yong-rim, secrétaire du comité du Parti des travailleurs coréens (parti unique) de la capitale, a demandé aux participants de se préparer à une attaque de la Corée du Sud et de son allié, les États-Unis, en disant que la péninsule était au bord de la guerre, selon la même source. Le responsable a répété que la Corée du Nord n'avait pas torpillé la corvette sud-coréenne Cheonan et causé la mort de 46 marins. La Corée du Nord a balayé les arguments de l'enquête internationale concluant au torpillage.
La veille, le général Pak Rim-su, chef du département politique de la Commission nationale de défense (CND), avait assuré que la Corée du Nord ne possédait pas de sous-marin de poche de 130 tonnes, de la classe « Salmon », dont les enquêteurs de Séoul sous-entendent qu'il aurait tiré la torpille. Le général nord-coréen a également rejeté les allégations sud-coréennes selon lesquelles les fragments retrouvés de la torpille incriminée correspondaient aux spécifications apparues dans des brochures nord-coréennes.
Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, a déclaré de son côté qu'il était « urgent » d'éviter des « affrontements » et d'apaiser les tensions entre les deux Corées. Mais le chef du gouvernement chinois, qui s'exprimait après un sommet en Corée du Sud avec son homologue japonais Yukio Hatoyama et le président sud-coréen Lee Myung-bak, n'a fait aucune allusion à un éventuel ralliement chinois à la condamnation de la Corée du Nord, alliée de Pékin.

