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Moyen Orient et Monde - Éclairage

Les Thaïlandais face à leur société : violente et quasi irréconciliable

D'un côté, les nantis conservateurs de Bangkok, de l'autre, les masses rurales et les classes urbaines populeuses.
Sidérés par les violences des dernières semaines, qui ne sont pourtant pas les premières dans leur royaume, les Thaïlandais réalisent à quel point leur société est divisée et loin de la réconciliation.
« La plupart d'entre nous sont choqués par la façon dont le gouvernement a utilisé la force contre les manifestants et dont les chemises rouges ont incendié des bâtiments de Bangkok. On arrive à peine à y croire. Il y a quelque chose de cassé dans la société. » Apiradee, 31 ans, salariée d'une société de communication, résume le sentiment de nombreuses personnes interrogées après les violences ayant fait 88 morts et 1 900 blessés depuis mars.
Pourtant le sang a déjà coulé en Thaïlande lors de manifestations dans les années 1970 et en 1992. Mais l'image du « pays du sourire » bouddhiste et pacifique semble chaque fois prendre le pas sur les traces du passé. Les derniers événements sonnent comme un mauvais réveil. Les intellectuels multiplient les tribunes pour dire qu'il est temps d'admettre l'état d'une société éloignée de Bouddha et dotée d'une longue tradition de violences politiques et criminelles. « Les Thaïlandais sont familiers de la violence. Le choc cette fois, c'est le niveau qu'elle a atteint et le fait que la société n'a jamais été aussi divisée », explique à l'AFP Pavin Chachavalpongpun de l'Institut d'études pour l'Asie du Sud-Est de Singapour.
La crise politique a autant révélé l'ampleur du fossé social qu'elle l'a creusé. D'un côté, les nantis conservateurs de Bangkok - proches du roi, gradés et hauts fonctionnaires, vieille bourgeoisie et patrons de groupes - qui, aux côtés de l'armée, font la pluie et le beau temps avec les gouvernements. De l'autre, les « chemises rouges », masses rurales et classes urbaines populeuses, qui se sentent méprisées, privées des fruits de la croissance.
Après les scènes de guérilla, les rues de Bangkok ont été nettoyées et les Thaïlandais ont prié pour tourner la page. Mais avec un mandat d'arrêt pour terrorisme contre l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, une motion de censure à venir contre le Premier ministre Abhisit Vejjajiva et surtout aucune élection en vue, la réconciliation semble bien loin.
Sidérés par les violences des dernières semaines, qui ne sont pourtant pas les premières dans leur royaume, les Thaïlandais réalisent à quel point leur société est divisée et loin de la réconciliation.« La plupart d'entre nous sont choqués par la façon dont le gouvernement a utilisé la force contre les manifestants et dont les chemises rouges ont incendié des bâtiments de Bangkok. On arrive à peine à y croire. Il y a quelque chose de cassé dans la société. » Apiradee, 31 ans, salariée d'une société de communication, résume le sentiment de nombreuses personnes interrogées après les violences ayant fait 88 morts et 1 900...
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